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Festival de la chanson: Juliette Gréco freinée par un coup de chaleur

Juliette Gréco a entrepris vendredi sa tournée d'adieu au Québec sur une note... (Photo collaboration spéciale, Michel Pinault)

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Photo collaboration spéciale, Michel Pinault

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(Tadoussac) Juliette Gréco a entrepris vendredi sa tournée d'adieu au Québec sur une note douce amère. La grande dame de la chanson française a été accueillie avec émotion dans l'église de Tadoussac bondée, mais a dû interrompre son tour de chant après une heure, incommodée par un coup de chaleur.

Après avoir livré une version toute en douceur de La Javanaise de Serge Gainsbourg, la chanteuse de 88 ans a disparu derrière le piano de son mari Gérard Jouannest pour prendre une pause. «J'ai chaud!» a-t-elle lancé d'un ton vif, provocant quelques éclats de rire dans le public. On a vite compris que ça n'allait pas quand la parenthèse s'est prolongée et que pianiste et accordéoniste ont improvisé un intermède musical le temps que la tête d'affiche se sente mieux. Elle est revenue au micro pour quelques titres avant de finalement s'excuser et déclarer forfait. «Mme Gréco a très chaud et ne se sent pas bien», a-t-on expliqué au public.

Pour éviter les irritants sonores, la chanteuse et son équipe avaient semble-t-il préféré garder les portes de l'église fermées et le système de ventilation - effectivement assez bruyant - éteint. Selon ce que son entourage a indiqué en soirée, l'interruption du concert de vendredi ne compromet pas la suite de la tournée, qui doit passer par Montréal demain et par Sherbrooke mardi.

Soutenue par ses fans

Au final, les spectateurs auront eu droit aux trois quarts des pièces inscrites au programme. Plusieurs fans ont d'ailleurs tenu à exprimer leur soutien à la chanteuse en entonnant «Ma chère Juliette, c'est à ton tour...» avant qu'elle ne quitte la scène. D'autres ont attendu à la sortie du théâtre pour l'applaudir avant qu'elle ne monte en voiture.

S'il a dû faire son deuil de quelques grosses pointures - J'arrive et Ne me quitte pas, prévues pour la fin du concert -, le public de Tadoussac a pu compter sur une artiste d'un grand professionnalisme qui n'a pas ménagé ses efforts, ni ses nuances. Et ce malgré une sonorisation déficiente qui nous a fait perdre plusieurs présentations.

Grave le temps d'entonner Les vieux de Brel, intense pour Les amants d'un jour, rigolote pendant Le tango funèbre ou Un petit poisson, un petit oiseau et encore davantage pendant une Désabillez-moi un brin insolente. Même sans être au sommet de sa forme, Juliette Gréco aurait encore des leçons d'interprétation à donner à bien des artistes. Elle peut quitter Tadoussac la tête haute.

Gérard Jouannest... (Photo collaboration spéciale, Michel Pinault) - image 2.0

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Gérard Jouannest

Photo collaboration spéciale, Michel Pinault

Les fabuleux hasards de Gérard Jouannest

La vie de Gérard Jouannest a été ponctuée de fabuleux coups du sort. Pour arrondir ses fins de mois, ce pianiste classique a un jour choisi de se tourner vers les variétés. Un compromis qui l'a placé sur la trajectoire d'un dénommé Jacques Brel, avec qui il a signé plusieurs chansons immortelles. Et s'il partage la route de Juliette Gréco depuis 47 ans, c'est parce qu'une autre chanteuse a momentanément été incommodée et a dû annuler une tournée. 

«Ce sont les hasards de la vie», a noté M. Jouannest en entrevue, quelques heures avant de monter sur scène à Tadoussac avec Juliette Gréco, son épouse et complice en musique. 

Poussons donc les coïncidences un peu plus loin : alors que le pianiste et la chanteuse prennent ces jours-ci part à une tournée d'adieu en sol québécois, M. Jouannest rappelle que ce sont des spectacles au Canada qui les ont d'abord réunis, en 1968. 

«La première fois que je l'ai accompagnée, c'était à Montréal, confirme-t-il. C'est là que j'ai découvert ce qu'elle faisait, je ne connaissais pas du tout son programme. C'est le hasard complet. La veille, je devais partir avec Barbara, mais sa secrétaire m'a appelé pour me dire que la tournée était annulée parce qu'elle ne se sentait pas bien.»

Le pianiste de Juliette Gréco étant lui aussi malade, Gérard Jouannest a accepté le contrat à quelques heures d'avis. Près de cinq décennies plus tard, l'alliance se poursuit. 

Fructueuse collaboration

Homme plutôt discret, Gérard Jouannest est loin de souffrir d'avoir vécu dans l'ombre de vedettes de la chanson française. «J'ai vu avec Brel et Juliette qu'il y a des gens qui sont tellement casse-pieds! Tant qu'on ne me reconnaît pas, je suis bien tranquille!» rigole le musicien, qui a eu la piqûre pour la composition en façonnant l'un des plus grands classiques de Brel. 

«La première fois que j'ai participé à une chanson, c'était Ne me quitte pas, raconte-t-il. Je l'entendais la jouer comme une valse mexicaine, à toute vitesse. Il m'a demandé de la jouer au piano. Je l'ai fait lentement. Au milieu, j'ai fait un truc qu'il a aimé... J'ai fait le pont, comme on dit.»

Officiellement, la pièce est signée par Brel seul puisque Gérard Jouannest n'était à l'époque pas encore inscrit à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Ni l'un ni l'autre ne croyaient par ailleurs avoir un succès entre les mains. «Au départ, les gens qui l'écoutaient n'étaient pas du tout emballés, relate le pianiste. On croyait que ça allait partir dans les oubliettes. S'il avait su que ça continuerait 50 ans après, peut-être qu'il l'aurait déposée avec moi.»

L'année suivante, Brel et Jouannest cosignent On n'oublie rien et scellent une collaboration qui se concrétisera sur quelques dizaines de pièces. Pourtant, n'eût été de soucis financiers et, avouons-le, du charisme de Brel, Gérard Jouannest n'aurait peut-être jamais touché à la chanson. 

«Ce qu'il faisait me plaisait, évoque-t-il. Ça changeait des autres. Moi, j'étais dans le classique. La chanson ne m'était d'aucun intérêt. J'étais plus dans Ravel et Debussy, j'avais fait mes études au conservatoire. Mais mon père est mort et il a fallu que je le remplace pour gagner de l'argent. Et pour ça, mieux valait accompagner des artistes de variété...»

Pascale Picard... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 3.0

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Pascale Picard

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

PascalePicard : en français, svp!

Pascale Picard se décrit toujours comme un peu rebelle. Alors qu'on lui a souvent demandé pourquoi elle n'écrivait pas en français, elle a persisté à signer des chansons anglophones sur trois albums. Maintenant que la question ne lui est plus si souvent posée, voilà qu'elle se laisse enfin séduire par la création dans sa langue maternelle.

L'auteure-compositrice-interprète de Québec a participé cette année à la résidence d'écriture du Festival de la chanson de Tadoussac. Pendant quatre jours, elle a vécu une immersion totale. Et elle a pris goût à l'expérience.

«C'est l'une des semaines les plus pertinentes de ma vie dans les dernières années. J'ai vraiment débloqué quelque chose. Pour la première fois de ma vie, je suis capable de m'imaginer écrire en français», a-t-elle confié vendredi, après une courte prestation en plein air où elle a fait la part belle à quelques succès, eux aussi traduits en français, mais avec la collaboration de Gaële. Un avant-goût du spectacle qu'elle présentera mardi aux FrancoFolies de Montréal.

Quant à ses nouvelles créations, il faudra attendre avant de les entendre. Avec son dernier album qui sera lancé en France à la fin de l'été, Pascale Picard a choisi de s'offrir le luxe de réfléchir aux voies qui s'offrent à elle et de ne pas précipiter la création de son prochain projet. «Je peux laisser tout ça mijoter, évoque-t-elle. Je vais peut-être faire un album bilingue. Peut-être qu'il sera en anglais ou en français. On ne sait pas!»

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