Jacques Michel: folie de jeunesse

Les choses ont un peu mal commencé pour Jacques Michel lorsqu'il a renoué avec... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les choses ont un peu mal commencé pour Jacques Michel lorsqu'il a renoué avec les planches, l'année dernière, au Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue : un faux départ créé par un problème technique a rendu inaudible son tout premier accord. «Ça faisait 10 ans que je n'avais pas mis les pieds sur scène, ça m'a déstabilisé, raconte-t-il. Mais après deux mesures, c'était reparti.» Et ce n'était pas près de s'arrêter.

Au contact des frères Yves et Marco Savard, Jacques Michel a été happé par une vague. Un an plus tard, il est revenu à l'avant-scène avec un nouvel album - le premier en trois décennies - et une tournée qui l'amènera notamment au Festival de la chanson de Tadoussac jeudi et au Grand Théâtre le 4 décembre.

À peu près personne ne s'attendait à ce retour à la musique... Pas même le principal intéressé. «Il semblerait qu'en prenant de l'âge, on retourne vers l'enfance. Alors je m'amuse à dire que c'est une folie de jeunesse», blague l'auteur-compositeur-interprète.

Jacques Michel a lancé le 19 mai l'album Un nouveau jour, où il actualise à la sauce folk une douzaine de titres de son répertoire. Un choix artistique qui s'est imposé alors que le désir de la scène se faisait sentir... mais que la plume n'était pas parée à reprendre du service. «Jamais je n'ai songé que j'allais rechanter, explique-t-il. J'ai été un peu pris au dépourvu quand on a décidé de revenir sur scène. On m'a dit qu'il fallait un disque comme carte de visite pour la tournée. Je n'étais pas prêt à écrire. Pourquoi ne pas poser un autre regard sur mes chansons? J'ai toujours aimé le folk et je n'avais jamais réussi à en faire.»

Reprises à succès

À part quelques apparitions ponctuelles sur scène ou à l'écran, Jacques Michel s'était fait discret depuis 30 ans, jouant plus souvent les navigateurs que les musiciens. «Je suis un passionné et quand je fais quelque chose, ce n'est pas à moitié. J'ai navigué, j'ai fait de la croisière sur mon voilier pendant des années. Je me suis donné à fond là-dedans comme je le fais sur scène», résume-t-il.

Pendant que Jacques Michel voguait, ses chansons, elles, continuaient de faire du chemin... et des sous. Grâce à Sylvain Cossette, notamment, qui a donné une deuxième vie à Pas besoin de frapper. «J'ai été chanceux, reconnaît-il. Sylvain Cossette a fait la première place du palmarès à l'époque où la chanson était devenue une industrie. J'en avais peut-être vendu 20 000, lui en a vendu encore plus. J'ai eu des redevances comme auteur, compositeur et éditeur.»

La machine Star Académie a aussi ramené des pièces de Jacques Michel à l'avant-plan : le gagnant de la première année, Wilfred LeBouthillier, a fait d'Amène-toi chez nous un énorme succès, puis Un nouveau jour va se lever a été choisie pour thème de la seconde saison.

«Et il y a des gens qu'on oublie de remercier, ajoute Jacques Michel. La chanson Salut Léon est restée vivante grâce à tous les chansonniers qui l'ont promenée d'un bar à l'autre. C'est aussi important que des Wilfred ou des Sylvain Cossette. Je leur dois beaucoup à ces gars-là. On ne doit pas oublier qu'il y a plusieurs personnes qui sont responsables du succès qu'on a.»

Sa première carrière musicale, Jacques Michel dit l'avoir pilotée comme un entrepreneur, en étant le seul maître à bord. «Je portais tous les chapeaux, confirme-t-il. J'étais producteur de mes enregistrements et de mes spectacles. J'achetais mes annonces dans les journaux, je négociais les cachets de mes musiciens. J'étais auteur, compositeur et éditeur. J'avais toutes les préoccupations qui allaient avec ça.»

Pour ses retrouvailles avec le studio, il s'est associé à la compagnie de disques Audiogram. Et c'est avec un plaisir évident qu'il a retrouvé la routine artistique, dans une industrie qui a bien changé. «Aujourd'hui, j'ai toute une équipe avec moi, avance-t-il. C'est comme entrer dans une famille. La seule préoccupation que j'ai est musicale. Ça me plaît.»

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Jacques Michel
  • Quand : jeudi à 20h
  • Où : église de Tadoussac
  • Billets : 39 $ ou 44 $
  • Info. : 418 235-2002 ou 1 866 861-4108

  • Quand : 4 décembre à 20h
  • Où : Grand Théâtre
  • Billets : 47 $
  • Info. : 418 643-8131

***

Direction Tadoussac

S'il s'y est arrêté en voilier une ou deux fois, Jacques Michel dit n'avoir jamais chanté à Tadoussac. Il remédiera à la situation dès jeudi, alors qu'il présentera son nouveau spectacle en ouverture du Festival de la chanson.

Comme c'est la tradition depuis maintenant 32 ans, la musique règnera en reine dans le pittoresque village de la Côte-Nord du 11 au 14 juin. Juliette Gréco, Pierre Flynn, Louis-Jean Cormier, le collectif Légendes d'un peuple, Salomé Leclerc, Dany Placard, Daran, Alexandre Désilets et Pascale Picard figurent parmi la quarantaine d'artistes ou groupes qui sont attendus.

Le Soleil sera sur place dès jeudi pour tâter le pouls de l'événement, autoproclamé «le plus grand des petits festivals».

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