Critique

Violons du Roy: un Gossec qui valait le détour

La harpiste Valérie Milot et les Violons du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

La harpiste Valérie Milot et les Violons du Roy interprétaient jeudi, pour la première en concert, le Concerto pour harpe de Boieldieu qu'ils ont enregistré ensemble il y a deux ans.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) François-Joseph Gossec a fait son entrée au répertoire des Violons du Roy, jeudi. Il était temps. Sa Symphonie en do mineur, op. 6, no 3, une oeuvre pleine de vitalité, méritait de sortir de l'oubli. On peut dire aussi que l'exécution bouillonnante dirigée par le chef Mathieu Lussier valait à elle seule le détour.

Ardent défenseur des compositeurs français de la période classique, Mathieu Lussier a su donner un élan irrésistible à l'exécution de cette symphonie injustement méconnue. Le captivant premier mouvement démarre pianissimo, comme dans un souffle, ou sur la pointe des pieds, avant de rapidement grandir et de prendre pour de bon son envol. Le mouvement central, avec ses cors en sourdine et son caractère doux, feutré et pastoral, rappelle étrangement un passage de L'enfance du Christ de Berlioz. Le Fugato final, débordant de créativité, porte la signature d'un habile contrapuntiste. En d'autres mots, ça se laissait vraiment écouter.

Changement de registre dans le Concerto de Boieldieu, une oeuvre beaucoup plus en retenue quoique d'une réelle finesse. Même si le chef réussit à maintenir un bon équilibre entre l'orchestre et la soliste, on constate aussi que la harpe, même entre les mains expertes de Valérie Milot, demeure un instrument qui projette peu. Des notes semblent se fondre dans le halo sonore que génère la harpe à l'occasion. Les pleurs d'un bébé, un phénomène assez extraordinaire qu'on a néanmoins bel et bien pu observer lors de la représentation de l'après-midi, sont venus ajouter à la tristesse de l'Andante.

Dans la Sinfonia concertante de Mozart, la discipline démontrée par l'orchestre a permis au chef d'offrir une interprétation nuancée, ponctuée de plusieurs magnifiques crescendos. C'est peut-être dans la cadence de l'Andante que les solistes, la violoniste Pascale Giguère et l'altiste Isaac Chalk, ont fait preuve de la plus profonde musicalité et de la plus belle cohésion.

LES VIOLONS DU ROY. Direction : Mathieu Lussier, chef d'orchestre. Solistes : Valérie Milot, harpe, Pascale Giguère, violon, Isaac Chalk, alto. Gossec : Symphonie en do mineur, op. 6, no 3. Boieldieu : Concerto pour harpe en do majeur (reconstitution et orchestration de Jean-Philippe Navarre). Mozart : Sinfonia concertante pour violon et alto en mi bémol majeur, K. 364. Jeudi à la salle Raoul-Jobin.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer