Erik West Millette: de musique et de rails

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«Comme toute notre histoire familiale est liée par le train, j'ai eu l'idée de faire des interludes là-dessus», explique Erik West Millette.

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(Québec) Erik West Millette ne fait pas les choses à moitié. D'une passion pour les trains née dans la petite enfance, le musicien a échafaudé un projet artistique multidisciplinaire ambitieux et de longue haleine. Après une vingtaine d'années de recherche d'ambiances, de collections sonores et d'inspiration musicale sur rails, il propose West Trainz : un livre-disque et une double proposition scénique. Et ce n'est semble-t-il qu'un début.

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Erik West Millette a vu son travail sur la bande sonore du film Camion récompensé d'un Jutra. 

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Au bout du fil, West Millette est intarissable... Et notre conversation ne fait pas exception à ses habitudes. Dans la préface du bouquin, l'ami Thomas Hellman raconte aussi en avoir eu plein les oreilles, justement pendant qu'il partageait un wagon avec le compositeur : «Erik m'a parlé de trains pendant tout le trajet du retour. Je le trouvais fascinant. Un peu fou aussi», écrit-il.

Un peu fou, certes, mais on peut le comprendre : la musique et l'univers ferroviaire font pratiquement partie de ses gènes. Et si son projet se développe depuis plus de 20 ans, ses racines remontent à beaucoup plus loin, ancrées dans une histoire familiale pratiquement digne d'un film hollywoodien : un arrière-grand-père, jazzman noir louisianais, qui débarque à Québec pour faire de la musique. «Ça s'est passé au Château Frontenac, qui était un lieu important pour le jazz à cette époque, raconte Erik West Millette. Il est tombé en amour avec une femme de Québec, blanche et francophone.»

L'aïeul West n'est jamais reparti pour les États-Unis. Installé au Québec avec sa femme, il a transmis sa passion pour les trains à son fils Léo, qui a à son tour initié son petit-fils Erik, alors qu'il avait environ quatre ans. «C'est mon plus vieux souvenir», relate le musicien, qui a notamment partagé la scène avec Bïa, Marie-Jo Thério, Lhasa de Sela et Richard Séguin, et qui a vu son travail sur la bande sonore du film Camion récompensé d'un Jutra.

Aux quatre coins du monde

Ce qui allait devenir West Trainz a d'abord commencé comme un projet musical plus près de la quête identitaire, note Erik West Millette. «J'ai dans ma famille de très grands musiciens de jazz, de blues, de soul, explique-t-il. Je suis parti de Montréal pour aller à New York et à Chicago, jusqu'en Louisiane, puis vers Los Angeles et San Francisco. Je voulais retracer tous ces gens-là. J'avais le projet dans les années 90 de faire un disque avec tous les gens de ma famille. Mais je ne savais pas trop comment lier tout ça. Et comme toute notre histoire familiale est liée par le train, j'ai eu l'idée de faire des interludes là-dessus.»

Des études en Russie - et plusieurs autres voyages sur les rails - ont lancé une véritable collection : des sons de trains et de gares, des photos, des rencontres qui inspirent de la musique. Une collection nourrie dans une traversée du Canada, de l'Europe, des États-Unis, du Sahara ou de l'Australie, dans un séjour à Cuba et au Brésil, à bord du Transsibérien ou de l'Orient-Express.

Périples en solitaire

De ces périples en solitaire, Erik West Millette a tiré de quoi remplir deux albums, immortalisés avec une bonne soixantaine de collaborateurs, où les genres musicaux se métissent au fil des destinations qui ont inspiré le compositeur. Pour mettre le tout en contexte, la musique s'accompagne ici d'un livre au graphisme soigné, truffé de photos de voyage. Et elle se décline devant public sous deux formes : un spectacle multimédia qui peut être présenté en salle, un autre déambulatoire avec des musiciens installés sur des chariots, qui sera offert cet été au Festival de jazz de Montréal.

«J'ai mis là-dedans un peu toutes mes passions : pour la musique de films, pour la photographie, même si je suis juste un photographe du dimanche! résume Erik West Millette. J'avais aussi l'idée de mélanger de la musique un peu abstraite avec du groove... Mon but, c'était que ce ne soit jamais élitiste. C'était que ceux qui ont envie de partir dans leur tête puissent le faire... Et je voulais que ce soit à l'image de tous ces voyages-là, de tous ces trains qui sont tellement différents les uns des autres.»

Et comme il en a long à dire lorsqu'il s'agit de ses passions, le musicien planche déjà sur un nouveau chapitre à l'aventure West Trainz. Un album de chansons devrait être prêt vers la fin de l'année. «Celui-ci était un hommage aux trains de passagers, le prochain sera consacré aux vagabonds et aux travailleurs du rail, précise-t-il. C'est plus américain, entre le country, le soul, un peu de musique contemporaine aussi. Mais avec de super invités!»

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