Magma: ni jazz ni prog

La musique de Magma a été étiquetée «rock... (Photo Jean-Baptiste Millot)

Agrandir

La musique de Magma a été étiquetée «rock progressif» ou «jazz fusion». Christian Vander (au centre) préfère la qualifier de musique zeuhl, un mot... kobaïen, un langage censé être parlé par les extraterrestres et qui peuple l'imaginaire du groupe français.

Photo Jean-Baptiste Millot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Qualifié de rock progressif par certains, de jazz fusion par d'autres, le groupe français Magma, qui se produira au Théâtre Petit Champlain le 15 mai, est difficile à classer. Peu friand des étiquettes, Christian Vander, batteur, chanteur et maître à penser de la formation qui en sera à son premier arrêt à Québec 46 ans après sa naissance, a même inventé un terme pour qualifier le style particulier qu'il préconise.

«Quand j'ai débuté, on nous mettait une étiquette de rock progressif ou de jazz fusion, alors que je vois plutôt notre musique comme étant une musique classique contemporaine, une musique vibratoire. Moi, j'ai choisi de nommer cette musique zeuhl», explique Vander en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Zeuhl est un mot... kobaïen, un langage inventé par Vander et qu'il utilise, en plus du français, dans les pièces de son groupe. La langue est censée être parlée par les extraterrestres peuplant la planète Kobaïa, qui fait partie de l'imaginaire de Magma.

«Créer un langage, ce n'était pas prémédité, c'est venu naturellement. J'ai toujours composé piano-chant et les sons venaient parallèlement aux compositions. Le premier mot qui m'est venu est kobaïa et c'est pour ça que j'ai appelé ça le kobaïen. Chaque nouveau morceau amène de nouveaux mots, ça évolue sans cesse», explique le musicien.

«J'aime le fait que chanter dans une langue qui n'existe pas ouvre l'imaginaire des gens à échafauder des histoires. Par contre, je ne suis pas allé jusqu'à en faire un dictionnaire. Il y a des fans qui l'ont fait et l'ont publié sur Internet. Moi, je trouve ça marrant! Les gars ont regroupé tous les thèmes et, à force d'écouter certains mots, en sont venus à en comprendre le sens», poursuit-il.

Inspiré par Coltrane

Improviser avec les mots et la voix était intuitif pour celui qui a grandi en écoutant et en jouant du jazz. «Quand un saxophoniste joue, il a quelque chose à dire et on peut comprendre ce qu'il a à dire même s'il n'utilise pas des mots», illustre Vander.

Et ce n'est pas un hasard si Vander parle d'un saxophoniste puisqu'il avoue avoir été grandement influencé par John Coltrane, pionnier du free jazz. «En juillet 67, j'étais complètement perdu quand Coltrane est parti. Je me sentais orphelin et, je ne le cache pas, j'avais envie d'aller le rejoindre», affirme-t-il à propos du saxophoniste décédé d'un cancer du foie.

«J'ai passé deux ans en Italie pour disparaître et c'est là que j'ai décidé de revenir à Paris. Je me suis dit que John n'avait pas tout fait ça pour que je me laisse mourir», poursuit Vander, qui a rencontré au printemps de 1969 les musiciens qui allaient former la première des nombreuses moutures de Magma.

«Nous avions tous envie d'autre chose. Même si j'aimais beaucoup son oeuvre, je ne voulais pas non plus partir sur la base de Coltrane. Je voulais lui laisser sa musique», poursuit celui qui a toutefois gardé de «Trane» le désir de toujours se réinventer.

«À chaque nouveau disque que Coltrane lançait, c'était comme s'il était 30 ans en avance. Moi, c'est un peu égoïste, mais je compose d'abord pour moi et je ne veux pas non plus me figer dans le temps. Je ne veux jamais faire des redites, je veux proposer une musique qui apporte quelque chose par rapport à ce que j'ai fait précédemment.»

À la centaine

La variété et le changement s'expriment également à travers l'alignement du groupe, qui a vu passer plus d'une centaine de musiciens différents à travers les années et dont, outre Christian Vander, le membre le plus ancien est la chanteuse Stella Vander. 

Née Stella Zelcer, la femme de 64 ans est... l'ex-épouse du leader de Magma, groupe dont elle fait partie depuis 1972. «Non, il n'y a aucun problème à jouer encore avec elle. Même qu'elle s'est remariée avec Francis Linon, qui est l'ingénieur du son qui travaille avec nous», indique Christian Vander à propos de celle qui est demeurée une grande amie.

En fait, le seul véritable «souci» du batteur et chanteur qui dirige l'ensemble de neuf musiciens, c'est l'absence du claviériste Jérémie Ternoy, qui ne pourra faire le voyage et sera donc absent du spectacle de Québec et de celui que Magma présentera au Festival international de musique actuelle de Victoriaville le 17 mai à 22h.

«Tous les autres membres qui jouent sur le dernier album, Slag Tanz, lancé cette année, seront présents. Quant à Jérémie, il sera remplacé par Bruno Ruder, qui a déjà joué avec nous par le passé. Pour le reste, être neuf sur scène, ce n'est pas plus compliqué qu'un trio ou un quintette. À partir du moment où les musiciens sont très proches, il n'y a pas de problème», conclut Vander.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer