Counting Crows: l'éclectique Monsieur Duritz

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«Il existe tellement de bonne musique que ce serait une tragédie de jouer les chansons d'un seul gars dans ma vie, même si le gars, c'est moi!» illustre Adam Duritz.

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(Québec) Plus de 20 ans après le lancement de leur premier album, les Counting Crows et leur chanteur Adam Duritz sont toujours reconnus comme l'une des meilleures formations à voir en spectacle. C'est probablement pour ça que le groupe californien, qui sera au Capitole le 18 mai, ne se formalise pas du tout que ses fans enregistrent ses spectacles, même qu'il encourage la pratique.

«Tu sais, les enregistrements bootlegs, quand tu es bon en spectacle, c'est simplement une publicité pour le groupe. Les gens qui enregistrent tes concerts, ce sont les mêmes qui achèteront tes disques. C'est une chance pour les fans d'en avoir un peu plus de toi, particulièrement avec nous, qui jouons un programme différent chaque soir», explique Duritz au bout du fil.

C'est pour cette raison que les Counting Crows n'avaient aucune crainte l'été dernier de partir en tournée en offrant au public beaucoup de matériel qui allait paraître quelques mois plus tard sur leur nouvel album, Somewhere Under Wonderland.

«J'avoue cependant qu'il se passe quelque chose de spécial depuis novembre, alors qu'on a présenté des spectacles en Europe. On jouait les nouvelles pièces alors que les spectateurs possédaient l'album et ils étaient en délire dès qu'ils entendaient les premières notes de Scarecrow, par exemple. On vit la même chose en Amérique présentement puisque c'est la première fois que notre public d'ici entend ces pièces en spectacle après avoir écouté l'album», indique Duritz.

Non pas que le public des Counting Crows entende en spectacle la même chose que sur les CD du groupe, réputé pour modifier régulièrement les paroles et la musique de ses chansons, même de certains classiques.

«Pour tout dire, on a commencé ça à notre tout premier spectacle, en première partie des Cranberries à Vancouver. J'avais décidé de changer quelques trucs dans Rain King à partir du solo du milieu. Cependant, je n'en avais pas parlé à tous les membres du groupe, alors ça a été une catastrophe! Malgré tout, on a tous aimé l'idée et on a décidé de recommencer, histoire de conserver une certaine fraîcheur», explique le chanteur.

Pièces surprenantes

Le groupe a aussi pris l'habitude d'inclure plusieurs pièces d'autres artistes, certaines surprenantes comme Borderline de Madonna ou I Wanna Be Sedated des Ramones, sur ses albums et en spectacle.

«Il existe tellement de bonne musique que ce serait une tragédie de jouer les chansons d'un seul gars dans ma vie, même si le gars, c'est moi! illustre Duritz. Dans les années 40 et 50, il y avait beaucoup de musiciens qui ne faisaient que de l'interprétation et, au fond, ça me permet de faire ce que les autres membres du groupe font chaque jour, c'est-à-dire interpréter les chansons de quelqu'un d'autre.»

En tournée l'été dernier, Duritz et ses acolytes ont calculé qu'ils avaient environ 80 pièces différentes en rotation. «C'est beaucoup, et nous jouons durant deux heures chaque soir», fait-il remarquer.

Par contre, ce désir de ne pas se répéter fait que même leur plus grand succès, Mr. Jones, qui a atteint la cinquième place du Billboard Hot 100 en 1994, peut parfois être laissé de côté.

«Je crois que si je chantais Mr. Joneschaque soir, je pourrais m'en lasser. En tant que groupe, nous avons l'obligation de donner un bon spectacle, pas celle de présenter un certain alignement de pièces, indique Duritz. Il y a des journées où on n'a pas le goût de faire Mr. Jones, alors on ne la fait pas. En fait, je crois qu'il n'y a que A Long December, Holiday in Spain et Rain King qu'on pourrait peut-être jouer à chacun des spectacles car aucun des musiciens ne se lasse de celles-là.»

Survivre à la maladie mentale

Le chanteur Adam Duritz ne fait pas de cachette, il en a même déjà parlé sur la page Web des Counting Crows : il est atteint d'une maladie mentale, plus précisément de troubles dissociatifs. Ce problème psychiatrique amène celui qui en souffre à percevoir le monde comme s'il était irréel, comme si tout semblait se dérouler dans son imagination.

«Au départ, je croyais qu'on allait me guérir, mais maintenant, je comprends que je devrai vivre avec ça toute ma vie. C'est un peu comme un aveugle ou un type qui a perdu une jambe. Il faut que j'apprenne à y survivre, que je trouve des moyens de rendre la vie vivable car je ne serai probablement jamais comme le reste du monde», confie-t-il en entrevue au Soleil.

Au surplus, Duritz a dû se débattre au fil des années avec diverses formes de médications qui lui avaient été prescrites pour traiter ses troubles dissociatifs. «Malheureusement, traiter la maladie mentale n'est pas une science exacte. Les médecins font de leur mieux, mais la réalité, c'est que plusieurs médicaments qui sont utilisés avaient d'abord été créés pour traiter autre chose. C'est ce qui fait qu'il y a tant d'effets secondaires.»

Dur sevrage

Duritz ajoute que la médication prescrite est souvent très puissante, ce qui rend la transition très difficile quand il faut la remplacer par une autre mieux appropriée. «L'effet des traitements étant plutôt variable, il faut parfois modifier la médication», explique-t-il, ajoutant que le sevrage est souvent un véritable cauchemar.

«Cesser de prendre des Valium ou les médicaments de cette famille, c'est ce qui est le plus dur au monde. Plus difficile que n'importe quelle drogue dont tu pourrais essayer de te sevrer. Le problème, c'est que tu ne peux pas arrêter d'un coup sec car ça va te tuer. Il faut y aller graduellement et ça peut prendre jusqu'à cinq mois», conclut l'artiste de 50 ans.

Vous voulez y aller?

Qui : Counting Crows (invités : Twin Forks)

Où : Capitole de Québec

Quand : lundi 18 mai, 20h

Billets : 47,40 $,  64,80 $, 73,49 $ (taxes en sus)

Info : www.lecapitole.com

Téléphone : 418 694-4444 

1 800 261-9903

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