Diego el Cigala: la voix qui danse

On n'aurait su dire si le formidable ténor... (Le Soleil, Erick Labbé)

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On n'aurait su dire si le formidable ténor chantait des chansons ou s'il racontait des histoires en prenant à témoin les membres de sa formation et l'auditoire.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Qu'il se soit exprimé exclusivement dans sa langue natale tout au long de la soirée n'a pas empêché Diego El Cigala de bien se faire comprendre du public massé dans la salle Raoul-Jobin, mardi. Ce spectacle qui aurait aussi bien pu se donner quelque part en Espagne n'en semblait que plus exceptionnel et, surtout, plus exotique.

«Au Québec, au Canada comme on disait avant, c'est notre première fois. Mes partenaires et moi ne savions pas que nous avions autant d'admirateurs et qu'il y avait autant d'amoureux de musique. Très grand merci d'être ici», a lancé le chanteur de flamenco, en guise de mot de bienvenue.

Nous étions alors à la fin de sa deuxième chanson, Naranjo en flor, et le problème que l'artiste éprouvait depuis le début avec ses moniteurs intra-auriculaires venait enfin d'être réglé. 

C'est à peu près à ce moment du spectacle que El Cigala et de ses comparses ont vraiment réussi à emporter leur public, à le faire participant d'une sorte de théâtre surréel. On n'aurait su dire si ce formidable ténor chantait des chansons ou s'il racontait des histoires en prenant à témoin les membres de sa formation et l'auditoire. Il aurait aussi bien pu se payer notre gueule, on n'y aurait vu que du feu.

On se serait cru parfois dans un film de Buñuel. Littéralement insaisissable, El Cigala entrait et sortait de scène comme bon lui semblait, ou alors faisait signe qu'on lui apporte un autre verre de limonade. On devine que ce petit cirque faisait partie de la mise en scène. 

Le chanteur manifestait la même fausse imprévisibilité avec ses musiciens. En réalité, c'est comme un maître de piste exigeant qu'il commandait les solos, les étirait à sa guise, selon son bon vouloir. Le plus beau, c'est que chacun répondait toujours avec un aplomb parfait à ses exigences.

Il faut dire que Diego El Cigala s'était entouré d'une section rythmique du tonnerre, possédant des réflexes aiguisés comme des couteaux, et opérant la fusion continuelle et absolument réussie des rythmes de danse et des styles. 

Si on sentait le flamenco, le plus souvent, ça se limitait aux claquements de doigts et de mains ou aux ornements du chanteur. Tout le reste était une affaire de conga, de tango, de salsa, voire de chacha, rythmes sortis des mains expertes du percussionniste Isidro Suarez, ou alors d'improvisations jazz nées sous les doigts magiques d'un pianiste à la mine un peu bourrue, Jaime Calabuch, et d'un guitariste totalement extraverti, Dan Ben Lior. Le contrebassiste Yelsy Heridia, lui, y allait d'une touche encore plus afro que cubaine. 

À la fin, il flottait dans l'air un parfum de liberté. C'était comme un désir d'émancipation qui explosait dans toutes les directions. Diego El Cigala a pris son temps et sa voix a semblé se laisser porter par la grâce et la poésie du moment. C'était comme si elle dansait.

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