Socalled, le rappeur rapailleur

«Il y a différentes techniques pour différentes personnes.... (Le Soleil, Yan Doublet)

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«Il y a différentes techniques pour différentes personnes. Je veux leur personnalité, leur identité, leur unicité, leur voix. Comment tu le fais sortir d'eux? C'est ça mon truc», affirme le rappeur Socalled.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Sur son dernier album, le rappeur et expert métisseur Socalled avait réuni une quarantaine de collaborateurs. Bien déterminé à en faire plus lui-même sur le nouveau, Peoplewatching, le Montréalais a finalement réussi à réduire sa liste de crédits... à une trentaine de noms. Chassez le naturel et il revient au galop!

«Je me disais que pour cet album, j'aurais juste le minimum, reconnaît-il. Que j'allais rapper plus et chanter plus et que l'équipe avec qui je ferais des spectacles allait jouer plus aussi. Comme il faut jouer en public, c'est plus difficile quand j'ai enregistré beaucoup de gens. J'ai voulu moins d'invités, mais après avoir fait cet album, j'ai compris que c'est ce que je fais, c'est mon boulot et j'adore ça. Alors, je vais moins y résister.»

Assis au grand vent sur un banc de parc à l'entrée du Jardin Saint-Roch, un peu comme celui où il s'est lui-même dessiné sur la pochette de son nouveau disque, Josh «Socalled» Dolgin regarde passer les gens de Québec et évoque la création de ses nouvelles chansons dans une sorte de tourbillon. Des idées emmagasinées depuis 10 ans dans une cinquantaine de calepins Moleskine, des vinyles accumulés, des échantillonnages empilés, des collaborateurs de tous horizons rapaillés.

«Ça prend du temps, collectionner les idées, précise-t-il. Ça ne vient pas tout seul. Ça, c'est la chose qui me fait le plus peur : mon travail est basé sur quelque chose qui n'existe pas encore. Il faut que ça me tombe dessus. Donc j'attends que ça tombe, mais si ça ne tombe pas, c'est fini!»

Pour Peoplewatching - un titre inspiré d'une conversation avec l'invité Fred Wesley, qui a aussi prêté son trombone à James Brown-, Socalled a encore ratissé large. En plus de sa garde rapprochée à laquelle appartient l'amie Katie Moore, il a notamment convié le pianiste jazz Oliver Jones («un rêve réalisé», nous dit-il), le vétéran de la soul québécoise Pierre Perpall, la chanteuse pendjabi Kamal Chamkila, la figure marquante du dancehall Josey Wales et le pilier du trad Yves Lambert. Ces deux derniers sont d'ailleurs réunis dans la délirante et juste assez décalée Bootycaller, où le reggae rencontre la chanson à répondre le temps d'une «partie de fesses» impromptue.  

«J'ai vu Yves Lambert en concert il y a trois ans à la Saint-Jean. J'ai eu un flash : la chanson à répondre, ça serait cool sur un beat de dance. J'ai mis ça dans le calepin. Les bonnes idées reviennent toujours», résume Socalled, visiblement fier de son effet.

Convaincre et assembler

Beaucoup collectionneur, un peu chef d'orchestre ou faiseur de casse-tête... Au fil de l'entrevue, Josh Dolgin laisse tomber qu'il ne sait pas trop comment se définir. C'est sans doute pour ça que les traits d'union se multiplient chaque fois que quelqu'un essaie de le décrire: compositeur-interprète-rappeur-producteur-musicien-dessinateur-marionnettiste-photographe-cinéaste et on en passe...

«Je ne sais pas ce que je suis! Mais j'aime ça, ce processus d'assemblage», indique-t-il à propos de sa musique. «Mon travail est de convaincre, ajoute-t-il. Et ensuite, c'est de manipuler les performances en studio. Je n'en dis pas trop, je ne veux pas faire peur aux gens! Il y a différentes techniques pour différentes personnes. Je veux leur personnalité, leur identité, leur unicité, leur voix. Comment tu le fais sortir d'eux? C'est ça mon truc.»

Une fois le résultat gravé sur disque, reste maintenant à faire vivre cette bouillonnante créature musicale sur scène, avec une équipe restreinte. À quelques jours de sa première au Cercle, attendue vendredi, Socalled décrivait comme un «défi» ce passage du labo aux planches.

«Là, il faut apprendre à jouer les chansons live, a-t-il lancé, mi-nerveux, mi-excité. Ce n'est pas évident. On ne les sait pas encore, ça va être la première fois au Cercle. Le groupe n'est pas habitué de répéter. Je travaille avec des musiciens excellents. Sur scène, je joue au chef d'orchestre. Je pense que ça va être intéressant de nous voir essayer de trouver la musique...»

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Socalled (Mehdi Cayenne Club en première partie)
  • Quand : vendredi à 20h (ouverture des portes à 19h)
  • : Le Cercle
  • Billets : 19,29 $
  • Info. : www.le-cercle.ca ou lepointdevente.com 

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