John Mellencamp: le gentil dictateur

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John Mellencamp

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(Québec) Avec des succès comme Hurts so Good ou Jack & Diane, l'album American Fool a propulsé John Mellencamp (alors John Cougar) au rang de vedette en 1982. Pourtant, à l'époque, sa compagnie de disques ne donnait pas cher de ses chances de réussir dans l'industrie.

«On venait de faire quatre albums que personne n'avait aimés, raconte le guitariste Mike Wanchic, complice musical de Mellencamp depuis ses débuts. «On ne savait pas grand-chose de la business, on faisait ce qu'on pouvait, ajoute-t-il. On a continué à le faire malgré les suggestions de notre compagnie de disques en se disant que c'était probablement notre dernier album et qu'on était aussi bien de faire ce qu'on aimait.»

Mellencamp et ses musiciens n'ont pas été les seuls à aimer American Fool, qui se hissera au sommet des palmarès. «Ce n'est pas qu'on était si bons que ça, estime M. Wanchic. Mais la culture a croisé ce qu'on faisait à ce moment et ça nous a permis d'avoir du succès. On comprend qu'il y a une part de chance là-dedans et on en est reconnaissant. Ça nous a donné une liberté artistique complète à partir de ce moment.»

Mike Wanchic partage la vie musicale de John Mellencamp depuis plus de 40 ans. C'est ce qu'on peut appeler un vieux couple... Ou plutôt une «anomalie absolue», selon l'analyse du guitariste qui, en l'absence de son célèbre complice non disponible pour accorder une entrevue, s'est entretenu avec Le Soleil en prévision du concert que le chanteur et sa bande offriront au Grand Théâtre mardi soir. 

Les deux musiciens ont fait connaissance dans les années 70, au studio d'enregistrement où Wanchic était stagiaire... Leurs chemins artistiques ne se sont plus séparés depuis, faisant du guitariste le plus ancien membre du groupe de John Mellencamp. 

«Très peu de musiciens sont ensemble depuis aussi longtemps, à part peut-être Keith Richards et Mick Jagger, observe Mike Wanchic. La plupart des autres musiciens du groupe sont là depuis plus de 20 ans. Dans cette équipe, tu ne termines pas ton audition avant d'avoir atteint 10 ans de service!»

«Une expérience unique»

John Mellencamp et son groupe ont pris la route en début d'année avec les titres tout neufs de l'album Plain Spoken, paru l'automne dernier. Ils s'arrêtent mardi soir à la salle Louis-Fréchette avec un concert aux allures de rétrospective... Avec la nostalgie en moins, promet Mike Wanchic.

«Quand tu fais ce métier depuis aussi longtemps que nous, c'est facile de s'asseoir sur ses lauriers et de se dire : "Je sais comment ça marche", évoque-t-il. Dès que tu fais ça, le décompte vers la fin commence. On s'est toujours efforcé de se pousser musicalement et de ne pas regarder en arrière. Ça serait facile de faire un show de nostalgie qui fait revivre une certaine époque... Mais on ne veut pas de ça. On vient de faire notre 22e album studio, on n'en a pas fini avec ce métier. On est actif et en mouvement.»

Sans bouder ses succès, John Mellencamp a apparemment eu envie avec ce tour de chant de sortir de ses tiroirs des titres peu ou pas interprétés sur scène au fil du temps. «La tournée atteint vraiment un beau succès d'un point de vue artistique, décrit Mike Wanchic. Je pense que ce concert nous amène à un autre niveau musicalement. Ce n'est pas juste une enfilade de succès, même s'il y en a beaucoup. Il y a plusieurs chansons qui sont très belles et qu'on n'a jamais eu la chance de faire sur scène. Et comme les fans ne les ont jamais entendues live, ça donne une expérience unique.»

De l'humilité

Mike Wanchic place l'humilité parmi les qualités les plus précieuses que doit posséder un musicien : savoir se mettre au service de la chanson en général et dans son cas particulier, consacrer depuis 40 ans son art au projet musical qui porte le nom d'un autre. 

«Il y a de la place pour un seul ego dans un groupe et chez nous, c'est John! reconnaît-il en riant. Je ne dis pas ça négativement. Je pense qu'en bout de piste, pour faire un bon album au focus clair, il faut un gentil dictateur. Je ne crois pas que la démocratie fonctionne quand on fait un disque.»

Une conception qui n'empêche pas ledit dictateur de consulter ses collaborateurs et de leur laisser insuffler leur couleur à la musique. Si Mellencamp a le dernier mot, l'ami Wanchic a plus souvent qu'à son tour été appelé à se «mettre les mains» dans des chansons en chantier. «Parfois, je ne les lave même pas avant!» lance-t-il en rigolant.

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : John Mellencamp (Carlene Carter en première partie)
  • Quand : mardi à 19h30 
  • : Grand Théâtre
  • Billets : entre 55 $ et 108,50 $ ou 259 $ pour un forfait VIP
  • Info : 418 643-8131

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