Ravages, d'Alan Lake: sous haute tension

Ravages a été influencé par un séjour à... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Ravages a été influencé par un séjour à Saint-Raymond l'été dernier, où le chorégraphe Alan Lake et ses danseurs ont été confrontés à des extrêmes climatiques : pluie, tornade, inondation.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La matière est ce qui fascine depuis toujours Alan Lake. Sculpteur de formation, Lake a aussi trouvé plaisir à modeler le corps humain en tant que chorégraphe. Il présente son oeuvre Ravages à partir de mercredi à la salle Multi de Méduse.

Lake est l'un des chorégraphes émergents de l'heure. La preuve : les diffuseurs La Rotonde à Québec et Danse Danse à Montréal lui ont donné carte blanche pour son oeuvre.

Alan Lake est venu à la danse par instinct. Étudiant en arts visuels, il se perfectionne en peinture et en sculpture. Puis, il commence à faire des films de danse, ayant toujours été attiré par cette discipline. «Pour moi, la danse regroupait la temporalité et la capacité physique de dire les choses.»

À 26 ans, il décide de pousser son exploration de la danse plus loin en s'inscrivant au programme professionnel de l'École de danse de Québec. Sportif depuis son enfance, il a les capacités physiques pour danser, mais doit ramer pour apprendre la technique. Il travaille fort et sort de l'EDQ quatre ans plus tard, diplôme en poche.

Il travaille comme interprète pour Harold Rhéaume de la compagnie Le fils d'Adrien danse et pour Danièle Desnoyers, qui dirige Le carré des lombes, à Montréal. En 2011, il danse pour Dana Gingras dans le videoclip Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) d'Arcade Fire.

En parallèle, il poursuit son travail de chorégraphe, d'artiste visuel et de vidéaste en fondant sa propre compagnie, Alan Lake Factori(e) Land. Il présente Chaudières, déplacements et paysages en 2009 et Là-bas, le lointain trois ans plus tard. Ses créations combinent ses trois domaines de prédilection. «J'ai été obligé d'aller de façon instinctive vers la danse, mais en combinant tous les autres médiums qui me sont chers. Ils sont au service du mouvement», explique-t-il.

Antagonismes

Dans Là-bas, le lointain, l'oeuvre était divisée en trois chapitres : la vidéo, l'installation et l'oeuvre scénique. Pour Ravages, Lake a amalgamé les éléments, utilisant l'installation comme décor et projetant les images sur des éléments scéniques plutôt qu'indépendamment sur un écran. Ravages est une pièce d'antagonismes dans laquelle se côtoient le magique et le tragique, l'éclosion et la sédimentation, l'ordre et le désordre. Le tout dans un contexte de catastrophe. «Il y a une tension imminente, décrit Lake. Mais il y a une note d'espoir parce que j'aime traiter du sublime. La catastrophe, on pense que c'est négatif, mais ça provoque souvent un renouveau social.»

Le point de départ de Ravages est un film que Lake a tourné à Saint-Raymond à la fin de l'été dernier. Lake et ses danseurs ont dû s'adapter aux différentes conditions climatiques : pluie, tornade, inondation. Des éléments qui ont influencé la pièce en mettant en lumière que les choses peuvent changer rapidement et de quelle façon l'humain se relève après des moments difficiles.

Dans des extraits de la vidéo de Ravages, on voit les danseurs enduits de glaise, de miel. Dans Là-bas, le lointain, la scène était tapissée de terre. De toute évidence, les danseurs s'abandonnent totalement au chorégraphe. «J'ai beaucoup d'admiration pour eux, dit Lake. Ils ont leur personnalité propre et collaborent à l'oeuvre parce que les mouvements passent par leur corps, par leur historique. Ça reste leur personnalité propre resculptée pour amener la singularité de l'écriture de la Factori(e).»

Le respect du corps et la sécurité des danseurs sont les seules barrières à l'imagination de Lake. Pour Ravages, Dominic Caron, David Rancourt, Esther Rousseau-Morin et Arielle Warnke St-Pierre ont prêté leurs corps au chorégraphe.

Même si son propos est abstrait, Alan Lake croit que son oeuvre demeure accessible. «Je vise tout le monde, dit Lake, dont le spectacle a reçu des critiques élogieuses lors de son passage à Montréal. Je crois beaucoup en la danse et en son pouvoir de changer le monde. [Dans cette pièce], il y a une possibilité d'éveil qui ne laisse pas le spectateur indifférent.»

Vous voulez y aller?

Quoi : Ravages

Qui : Alan Lake Factori(e) Land

Quand : du 6 au 8 mai, à 20h

Où : salle Multi de Méduse

Billets : 17,50 $ à 31 $

Info : www.larotonde.qc.ca

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