CRITIQUE

Raphaël McNabney: la contrebasse prend la parole

Raphaël McNabney a pris le temps de présenter... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Raphaël McNabney a pris le temps de présenter son instrument à l'auditoire, une contrebasse fabriquée en Angleterre autour de 1834.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Intéressant d'observer le parti que certains compositeurs ont réussi à tirer de la contrebasse. En général, c'est tout de même assez subtil, comme l'a démontré le contrebassiste Raphaël McNabney, jeudi, à l'occasion du dernier concert de la série Apéro des Violons du Roy.

Antonin Dvorak utilise l'instrument le plus grave de l'orchestre pour ajouter de la profondeur, du moelleux et de la souplesse au quatuor à cordes, comme on peut le constater à l'écoute des deux extraits de son Quintette en sol majeur. On se rend bien compte que cinq voix, c'est plus intéressant et plus riche et, surtout, que ça permet d'atteindre une plénitude inaccessible à quatre voix. On ne peut manquer de remarquer au passage le violon de Véronique Vychytil dans le Poco Andante. Son jeu est non seulement bien en place, mais également si senti et si assumé qu'il inspire ses partenaires. 

La Serenata in vano (la Sérénade en vain) de Carl Nielsen présente un assemblage instrumental pour le moins inusité. Le compositeur danois rassemble ici la clarinette, le basson, le cor, le violoncelle et, bien sûr, la contrebasse pour leur faire raconter l'histoire d'un prétendant qui, croyant toucher le coeur de sa belle en chantant ses propres louanges, essuie plutôt un échec lamentable. Le pauvre finit par se faire une raison, comme l'indique Raphaël McNabney lorsque sa contrebasse attaque les premières notes d'une marche aux accents décidément stoïques.

Hasenörl, dans son arrangement de Till l'Espiègle de Richard Strauss, utilise un groupe d'instruments presque semblable à celui de Nielsen. En fait, il obtient un résultat plus intéressant en troquant le violoncelle pour le violon. Outre les changements d'ambiance nets, rapides et précis que réussissent à fabriquer les musiciens, il faut souligner l'adresse et la décontraction avec lesquelles le corniste Vincent Marsolais dessine le thème du malicieux personnage.

On ne peut remettre en question la qualité de l'Octuor en fa majeur de Franz Schubert. Reste qu'à l'heure de l'apéro, après la journée de travail, le calme du grand Adagio possède un effet presque trop calmant.

En fin de programme, Raphaël McNabney s'est lancé dans une audacieuse transcription de la Romance no 2 pour violon de Beethoven. Considérant la précision que l'oeuvre exige de l'interprète, l'exercice paraissait périlleux. Au début, on ne pouvait s'empêcher de sourire. Le courage du contrebassiste, sa volonté et sa ténacité ont fini toutefois par avoir raison des difficultés comme des préjugés. À la fin, on ne pouvait s'empêcher de trouver sa démonstration exemplaire. C'est comme s'il nous invitait à dépasser les limites auxquelles, consciemment ou non, nous avons trop souvent tendance à réduire notre propre existence. Mine de rien, le concert a ainsi connu une conclusion non seulement inattendue, mais symbolique. 

***

LES VIOLONS DU ROY. Série Apéro. Autour de la contrebasse. Jeudi à la salle D'Youville du Palais Montcalm.

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