CRITIQUE

Alondra de la Parra à l'OSQ: de la pure dynamite

Alondra de la Parra est habitée par un... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Alondra de la Parra est habitée par un souffle, une vitalité et une jeunesse hors du commun.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La chef mexicaine Alondra de la Parra a littéralement mené le bal, mercredi soir, au Grand Théâtre. Son dynamisme contagieux s'est d'abord transmis aux membres de l'Orchestre symphonique de Québec, puis à la salle tout entière, si bien que le concert s'est terminé dans une ambiance de fête, sinon de fiesta. Au rappel, tout le monde était debout pour taper des mains et danser. Des hurlements de joie ont enterré l'accord final.

Alondra de la Parra n'a pas seulement le rythme dans le sang. Elle est habitée par un souffle, une vitalité et une jeunesse hors du commun. On n'a pas souvent l'occasion de voir à la tête de l'OSQ quelqu'un qui semble aussi à l'aise dans son corps et dans ses mouvements, qui semble aussi motivé, déterminé, sûr de soi, et qui, surtout, parvienne à un résultat aussi convaincant et, disons-le, excitant. 

À la limite, cette chef donne l'impression de danser avec l'orchestre. Dans la Danza no 2 d'Arturo Márquez, elle laisse tomber la baguette, comme pour mieux enlacer son partenaire. D'ailleurs, si l'exécution est si spectaculaire, c'est parce qu'elle sait exactement où elle veut entraîner son monde. Pas de doute, c'est bien elle qui conduit.

Nulle part elle semble plus sûre de son coup que dans les quatre danses du ballet Estancia de Ginastera, qu'elle dirige de mémoire et à la perfection, anticipant chacun des passages comme si c'est elle qui avait écrit la partition. Il fallait entendre ces cors, dans le dernier mouvement, partir allègrement à la conquête du registre aigu, appuyés par de solides percussions!

Tout autre était l'ambiance en première partie, alors que, toujours sous la direction de la chef invitée, l'OSQ et le pianiste Éric Le Sage ont offert une belle et consciencieuse exécution du Concerto de Schumann. 

Il n'y a peut-être pas musicien plus droit qu'Éric Le Sage. On le sent tout de suite, il est incapable de tricher. Il joue en pleine lumière, les yeux tournés vers la chef, en donnant l'impression d'être constamment en parfait contrôle de la situation, et même légèrement au-dessus de ses affaires à l'occasion, probablement à cause de cette belle économie d'énergie qu'on observe dans son jeu et de ses mains si détendues. 

En ouverture de programme, Alondra de la Parra a dirigé l'Ouverture tragique de Brahms. Sa proposition ne manquait ni de tonus ni de punch. Il y avait aussi quelque chose d'aérien dans sa manière de dessiner le legato, quelque chose qui venait donner un caractère original et personnel à son interprétation. C'était bien Brahms, mais approché ainsi, avec un peu de retenue et sans lourdeur, il paraissait tout à coup plus grand et plus du tout grandiloquent.

***

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction : Alondra de la Parra, chef d'orchestre. Éric Le Sage, piano. Brahms : Ouverture tragique, op. 81. Schumann : Concerto pour piano en la mineur, op. 54. R. Castro : Atzimba, intermezzo. A. Ginastera : Estancia, quatre danses. A. Márquez : Danzón n° 2. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette. Présenté en reprise jeudi à 10h30.

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