Charlie Musselwhite, le roi de l'harmonica

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(Québec) Pardonnez le cliché usé à la corde, mais Charlie Musselwhite se bonifie avec les années. Depuis son introduction au Temple de la renommée du blues, en 2010, il a obtenu un Grammy, fait deux tournées mondiales avec Cindy Lauper et Ben Harper (il a d'ailleurs enregistré un autre album avec ce dernier) et joué pour Barack Obama. Et vous croyez qu'à 71 ans, l'harmoniciste va s'asseoir sur ses lauriers? Pas du tout, il repart en tournée avec James Cotton et John Hammond. Le Soleil a joint cette légende vivante à son domicile californien en vue de leur passage au Palais Montcalm, samedi.

Charlie Musselwhite... (Photo Michael Weintrob) - image 1.0

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Charlie Musselwhite

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James Cotton... (Photothèque Le Soleil) - image 1.1

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James Cotton

Photothèque Le Soleil

Q Ça vous dit quoi de partager la scène avec ces deux gars?

R Ce sont de vieux amis. Je me souviens avoir vu la première prestation de Cotton, après qu'il eut quitté Muddy [Waters] avec son propre groupe, à Chicago. Mais je l'ai rencontré pour la première fois quand j'habitais encore Memphis, après un spectacle de Muddy. Je suis allé à l'arrière-scène et j'ai fraternisé avec James et Buddy [Guy], en 1960, 1961. Ça fait quelques semaines (rires). C'est bien de pouvoir jouer ensemble. Surtout que, comme on tourne beaucoup, on ne se voit pratiquement jamais. Les spectateurs voient qu'on a beaucoup de plaisir sur scène et ils en ont eux aussi.

Q Parlant de vieille amitié, vous étiez très proche de John Lee Hooker [décédé en 2001]. Occupe-t-il encore vos pensées?

R Oui. J'écoute sa musique, je pense à ce qu'il dirait, aux blagues qu'il raconterait. Il aimait rire. Nous nous sommes liés à Chicago, lui aussi. Quand j'ai déménagé en Californie, je l'ai appelé pour lui dire de venir me rejoindre. Il l'a fait. J'ai toujours aimé son jeu à la guitare. On a fait un grand bout ensemble.

Q Ce qui vous a valu d'être intronisé au Blues Hall of Fame?

R Quand j'ai reçu le trophée, à Memphis, ce qui était intéressant, c'est que c'était exactement le même coin de rue où, quand j'étais enfant, j'allais écouter un gars jouer du blues. C'est ce qui m'a aspiré dans la musique. J'étais fasciné par ces chanteurs de la rue. Quelle ironie que, quelque 60 ans plus tard, c'est le même endroit. Mais la boucle n'est pas encore totalement bouclée (rires).

Q Justement, on se moque beaucoup des vieux rockeurs sur le déclin, mais personne ne ferait jamais ça avec un bluesman. Pourquoi?

R Très bonne question. J'y ai beaucoup réfléchi. C'est comme si, après toutes ces années à s'accrocher et à jouer, vous devenez plus distingué. Vous n'entendez jamais personne parler d'une vedette rock comme étant «distinguée» (rires). On dirait que les bluesmen croissent en stature. On pourrait écrire un livre là-dessus (rires). Mais le blues a toujours été chanté à tout âge. Le rock se concentre sur la jeunesse, l'énergie et les rythmes pesants. C'est une tout autre perception de la vie. Le spectre du blues englobe toute la vie.

Q Vous avez joué avec quelques rockeurs (Tom Waits, Eddie Vedder), mais c'est surtout votre collaboration avec Ben Harper qui a retenu l'attention. Comment ça s'est passé?

R Il y a bien longtemps, Ben faisait la première partie de John Lee [Hooker], qui m'avait invité à l'accompagner. Il ne me payait pas, mais dès que je pouvais, j'y allais (rires). Après, nous nous sommes retrouvés pour enregistrer une chanson pour John Lee et nous avons vraiment cliqué. Deux musiciens qui jouent ensemble, ça se produit ou pas. Nous avons évoqué la possibilité d'enregistrer, mais les années ont passé. Nous étions tellement occupés. Mais quand nous y sommes arrivés, la musique a jailli comme des chevaux sauvages s'enfuyant d'un corral. Nous sommes partis en tournée pendant un an et demi. C'était tellement bien qu'on en a enregistré un autre qui sortira d'ici un an ou deux.

Get Up! est le meilleur album de Ben Harper depuis plusieurs années. Comment s'est opérée cette fusion?

R Il a grandi dans un magasin de disques, folk et musiques du monde. Avec toute cette connaissance de la musique et la mienne du blues, on venait de deux univers différents et c'est ce qui a créé cette magie.

Q Ce qui vous a valu le Grammy du meilleur album blues en 2014?

R C'était tellement agréable, surtout que c'était Cindy [Lauper] qui nous l'a remis. Quelques jours plus tard, nous avons joué tous les trois à la Maison-Blanche. J'ai donné un harmonica à Barack Obama et je lui ai dit que je pouvais lui donner quelques leçons. Il m'a répondu : «C'est fantastique Charlie, mais je suis un peu occupé en ce moment.» (rires)

Q C'est tout un parcours depuis 50 ans. Croyez-vous que votre jeu a beaucoup changé?

R J'aime croire qu'il s'est un peu amélioré (rires). J'adore la musique et j'apprends encore. Et je crois que mon jeu devient plus intéressant. C'est difficile à évaluer de mon point de vue. Je joue pour moi et espère pour le mieux.

Q Alors, comment ça fonctionne ce spectacle? Jouez-vous avec James Cotton et John Hammond?

R On ne se présente pas, c'est une arnaque (rires). C'est un bon mélange de performances collectives, en solo, acoustiques, électriques... Le portrait du blues complet.

=> Vous voulez y aller ?

  • Qui : Blues Hall of Fame
  • Quand : 18 avril, à 20h
  • : Palais Montcalm
  • Billets :  71 $
  • Tél. : 418 641-6040

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