CRITIQUE

Violons du Roy: dans la musique jusqu'au bout

Les spectateurs ont pu redécouvrir la soprano Dorothea Röschmann... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Les spectateurs ont pu redécouvrir la soprano Dorothea Röschmann dans sa légèreté et son agilité retrouvées.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) L'affiche annonçait Didon et Énée de Purcell en version concert. Sous la direction du chef Richard Egarr, les Violons du Roy et la Chapelle de Québec ont finalement offert un spectacle plus vivant et plus musical que bien des opéras qu'on monte à grands coûts avec décors, costumes, projections et tout le tralala.

La direction a certainement fait toute la différence. Richard Egarr, assis au clavecin, ou alors debout devant son instrument, a tenu en son pouvoir l'orchestre et le choeur. Jamais son attention n'a faibli. La musique tombait si bien en place qu'elle n'aurait pu sembler plus authentique ni plus vraie.

On a pu constater dès les premiers extraits de The Fairy Queen combien la direction du chef britannique est souple, nerveuse et extrêmement rigoureuse. Ses mouvements traduisent la détermination qui l'habite. On sent qu'il est prêt à défendre la musique jusqu'au bout. Et le résultat est fabuleux. Prenez cette chaconne, la Dance du Chinois et de la Chinoise, qui a couronné la première partie. Le temps d'un crescendo, l'orchestre s'est métamorphosé. On aurait dit la scène inondée de lumière, de rire et de vie.

La scène du «poète ivre» ne manquait pas non plus de couleur. Stephen Hegedus s'est donné à fond. Ici, même les violons, avec des coups d'archets tout disparates, entrent dans le jeu. 

Dans les extraits de King Arthur, Egarr s'est révélé d'une redoutable efficacité. Il est extrêmement rare de voir un chef exiger et, surtout, obtenir autant de souplesse d'un orchestre et d'un choeur. Élan et resserrement, puis détente et élargissement, le mouvement se renouvelait constamment.  

Richard Egarr, remarquez, n'est pas le genre de chef à penser à montrer aux choristes le moment où ils doivent ouvrir leur cahier, ou à se rendre en coulisse pour aller chercher la soliste. Jouer au maître de cérémonies, très peu pour lui. On comprend qu'il a autre chose à faire.

Dorothea Röschmann s'est présentée sur scène pour chanter O Let Me Weep, un air porté par des harmonies inoïes et au cours duquel s'ouvre un univers de couleurs. La soprano a autant de voix que de métier. La violoniste Pascale Giguère, pleine d'attentions, s'est signalée par son accompagnement empathique.

La magie s'est prolongée en deuxième partie, alors qu'on a pu découvrir la profondeur troublante du baryton Henk Neven ainsi que l'immense talent dramatique de la mezzo Vicki St.Pierre, et redécouvrir la soprano Hélène Guilmette dans sa légèreté et son agilité retrouvées. Dorothea Röschmann est apparue comme un monument de vertu, un modèle d'engagement, de toute évidence inspirée par la grandeur royale du personnage de Didon, complètement donnée alors que ses Remember Me retentissaient dans la salle Raoul-Jobin.

À la toute fin, il fallait entendre les voix du choeur se déposer comme des pétales sur la tombe de la pauvre Didon, toutes différentes et uniques dans leur beauté.

***

LES VIOLONS DU ROY. Directio: Richard Egarr, chef d'orchestre et claveciniste. H. Purcell : Dido and AeneasKing Arthur (extraits); The Fairy Queen (extraits). Avec Dorothea Röschmann, soprano, Henk Neven, baryton, Hélène Guilmette, soprano, et La Chapelle de Québec. Hier soir à la salle Raoul-Jobin.

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