CRITIQUE

Joshua Bell et Sam Haywood: un tout organique

On remarque qu'entre les deux instruments, le dialogue... (Le Soleil, Erick Labbé)

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On remarque qu'entre les deux instruments, le dialogue se développe dans une gamme de couleurs toujours plus recherchée, dans une limpidité qui transcende la partition.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le récital du violoniste Joshua Bell et du pianiste Sam Haywood, dimanche à la salle Louis-Fréchette, dépassait en qualité et par la densité de son contenu ce qu'on a l'habitude d'appeler une exécution. Pour décrire leur exceptionnelle prestation, il faudrait plutôt parler de symbiose, de fusion.

Les invités du Club musical ne se contentent pas de partager la même vision de la musique. Non, pour attaquer la sonate de Beethoven de façon aussi fulgurante et dans un caractère aussi net et franc, il faut qu'ils soient habités par le même esprit. D'ailleurs, on remarque qu'entre les deux instruments, le dialogue se développe dans une gamme de couleurs toujours plus recherchée, dans une limpidité qui transcende la partition. Bientôt, il ne s'agit plus d'un enchaînement de mesures, mais d'un chemin continu et ouvert où chaque instant naît du précédent.

La musique qui vit pour elle-même, sans contrainte ni affectation, voilà de quoi il est question ici. On peut difficilement imaginer simplicité plus gracieuse que la fin du Presto, alors que l'Andante baigne dans l'élégance et le bon goût.

Joshua Bell et Sam Haywood transforment le duo en un tout organique. Avec eux, même la Sonate no 1 de Grieg, une oeuvre à peu près inconnue - mais ô combien inspirée! -, parvient à toucher le coeur de l'auditeur dès la première audition. À noter, la clarté, l'intelligence et surtout la grande distinction de l'interprétation.

En deuxième partie, Brahms prend son envol. Le premier thème remplit l'espace de ses lignes idéales. Pas une note n'est laissée au hasard, chacune trouve son sens dans le tracé musical. À dire vrai, l'interprétation devient presque trop aérienne. Comme si, par un excès de légèreté, elle en perdait son mouvement et sa chair.

Parlant de lignes, la posture de Joshua Bell rappelle parfois celle du David de Michel-Ange. C'est dire l'harmonie que le corps du violoniste parvient tout naturellement à exprimer.

Un Bartok brillant mais jamais trivial vient conclure proprement le programme. L'intensité du Nocturne de Chopin entendu en rappel justifie cette transcription pour violon et piano.

LE CLUB MUSICAL DE QUÉBEC. Joshua Bell, violoniste; Sam Haywood, pianiste. L.V. Beethoven : Sonate no 4 en la mineur, op.23. E. Grieg : Sonate no 1 en fa majeur, op.8. J. Brahms : Sonate no 1 en sol majeur, op. 78. B. Bartok : Rhapsodie pour violon et piano no 1. Dimanche à la salle Louis-Fréchette.

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