CRITIQUE

OSQ: splendide alchimie

Le rapprochement de l'art pictural et de la... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le rapprochement de l'art pictural et de la musique donnait quelque chose de bouleversant.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La musique et l'art pictural s'étaient donné rendez-vous mercredi soir au concert de l'Orchestre symphonique de Québec. Cette rencontre inattendue arrangée par Fabien Gabel avec la complicité du Musée national des beaux-arts du Québec s'est révélée encore plus étonnante que ce qu'on aurait pu imaginer. À coup sûr, les spectateurs seront sortis transformés de la salle Louis-Fréchette.

Le chef a chauffé son orchestre dans Pacific 231 d'Honegger. L'OSQ a filé dans une exécution bien huilée. Pendant ce temps, on pouvait admirer Le rapide de Jean Paul Lemieux sur écran géant. Pas évident de faire vivre un tableau contenant aussi peu d'éléments. Mario Villeneuve, l'artiste chargé de la réalisation vidéo, a donc choisi de faire dérouler d'autres toiles du maître, dont la très belle et très caractéristique Ville enneigée.

On a de la difficulté à croire que le jumelage du Jardin bleu d'Alfred Pellan avec les Gymnopédies d'Érik Satie procure un tel enivrement. L'interprétation patiente et douce, la lenteur savoureuse que le chef a réussi à obtenir de l'OSQ y est sûrement pour quelque chose. Pendant ce temps, de délicats mouvements de caméra parcouraient l'oeuvre, découvrant en gros plan ses plus sensuels replis.

Le rapprochement de l'art pictural et de la musique donne quelque chose de bouleversant, de particulièrement fort en tout cas, dans le cas des Portes rouges de Fernand Leduc et de La question sans réponse de Charles Ives. Quand on découvre la similarité des tensions qui font vibrer à la fois le tableau de Leduc et la musique de Ives, c'est comme si on avait soudainement accès à l'oeuvre à travers une nouvelle dimension. 

On ne pourrait probablement pas trouver un meilleur titre que Gravité pour rendre hommage à Jean-Paul Riopelle. En tout cas, la musique du compositeur Simon Bertrand, avec ses ruissellements cuivrés, collait tout à fait à la dimension cosmique de Poussière de soleil. Le geste créateur explosait littéralement à l'écran pour donner naissance à un magma d'une blancheur puissante. 

Fabien Gabel a mis du nerf et de l'énergie dans son exécution des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, présenté en deuxième partie de programme. Chacun des morceaux était jumelé à une scène pittoresque réalisée par l'artiste Natasha Turovsky. L'enchaînement rapide des morceaux par le chef a permis de conserver tout son élan à la suite. À la fin du circuit, la Grande porte de Kiev est apparue comme un grand vaisseau, ample, choral et spectaculaire, avec cloches, tam-tam et cymbales, sans pompe ni lourdeur, seulement mais assurément grandiose. 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC.

Direction : Fabien Gabel, chef d'orchestre. A. Honegger : Pacific 231. É. Satie : Gymnopédies I et III (orchestration de C. Debussy). C. Ives : The Unanswered Question. Simon Bertrand : Gravité. M. Moussorgski : Tableaux d'une exposition (orchestration de M.Ravel). Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette.

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