Joshua Bell, le violoniste qui veut «tout faire»

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L'agenda de Joshua Bell est une suite presque ininterrompue de concerts et de récitals. On se demande bien où le musicien trouve l'énergie pour mener autant de projets de front. Dans la musique elle-même?

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(Québec) Joshua Bell a horreur du surplace. Il est peut-être le violoniste américain le plus populaire sur la planète, il a une quarantaine de CD à son actif, et il trouve encore le temps d'ajouter à ses activités musicales la direction d'orchestre. «Je veux tout faire», déclare sans détour l'invité du Club musical de Québec.

Heureusement, Joshua Bell est un homme organisé. Pour alimenter les médias qui s'intéressent à la tournée de récitals qu'il effectue ce mois-ci aux États-Unis et qu'il conclut à Québec et à Ottawa dans quelques jours, son équipe de relationnistes se montre rudement efficace. Il y a un peu plus d'un mois, les journalistes du Sun de Gainesville, de la Gazette de Colorado Springs, du Record du New Jersey, du Journal Star du Nebraska et du Soleil ont été invités à poser leurs questions dans le cadre d'une téléconférence d'une trentaine de minutes.

Joshua Bell a été nommé directeur musical de l'Academy of St. Martin in the Fields en 2011, à l'âge de 43 ans. Il a déjà enregistré la 7e et la 4e de Beethoven avec cet orchestre. Il se prépare à endisquer la 5e. Dans cet environnement, quelles nouvelles perspectives artistiques s'offrent à lui? Dirige-t-il avec une baguette où alors du violon?

«Dans la 5e, que j'ai justement jouée en tournée cette année avec l'Academy, je dirige du violon, ce qui est tout un défi, parce que c'est une oeuvre reconnue difficile du point de vue du jeu d'ensemble. D'une certaine manière, c'est plus facile que d'avoir un chef parce que l'exécution devient alors organique. Ça vous force à jouer de façon très musicale. Cela dit, il m'arrive de cesser de jouer et de me mettre à diriger avec l'archet ou la main. J'ai développé un code qui me permet d'y arriver. Avec les années, j'ai aussi développé une connaissance intime de ces oeuvres et de la manière dont j'aimerais qu'elles sonnent. C'est formidable de pouvoir transformer cette vision en réalité.»

L'agenda de Joshua Bell est une suite presque ininterrompue de concerts et de récitals. On se demande bien où le musicien trouve l'énergie pour mener autant de projets de front. Dans la musique elle-même?

«Je crois que l'énergie me vient d'une conscience de plus en plus aiguë du temps limité dont on dispose sur cette terre. Ça peut paraître un peu sombre, mais je crois que c'est ce qui nous pousse tous. J'ai passé le cap des 40 ans et j'ai l'impression que la liste des choses que je veux faire s'allonge sans cesse alors que le temps diminue. Mais j'ai l'intention de tout faire et je m'en donne les moyens. C'est lorsque je travaille fort que je me sens le plus heureux. Bien sûr, la musique est une inspiration incomparable. Se glisser plusieurs heures tous les jours dans la tête de certains des plus grands génies qui aient existé, Beethoven, Brahms, Bartok, c'est plutôt inspirant. Par-dessus tout, jouer sur un Stradivarius est en soi inspirant.»

Dans le métro

Difficile de parler à Joshua Bell sans aborder son désormais célèbre passage dans le métro de Washington. Rappelons qu'en 2007, à l'invitation du Washington Post, le violoniste était descendu dans une station en pleine heure de pointe et avait joué des sonates de Bach pendant 45 minutes sur un Stradivarius valant des millions de dollars. Plus de 1000 personnes étaient passées devant lui sans lui prêter la moindre attention. Seulement 27 s'étaient arrêtées pour l'écouter et une seule l'avait reconnu. L'article du journaliste Gene Weingartner avait remporté un Pulitzer. Il y a un an, Bell a répété l'expérience en prévenant le public. Cette fois, il a eu droit à une ovation.

«J'ai beaucoup hésité avant de refaire quoi que ce soit ayant un lien avec le métro. Je n'en pouvais plus d'entendre parler de cette histoire. Au bout du compte, ça a été plutôt plaisant d'y retourner. À la fin, il devait bien y avoir 3000 personnes. Ça a surtout mis en lumière le fait que l'auditoire peut vivre une merveilleuse expérience du moment où il se montre réceptif. J'espère surtout que ça mettra un point final à tout cela.»

On a enfin voulu savoir où Jo­shua Bell avait puisé l'inspiration pour bâtir le programme qu'il est venu présenter dans une quinzaine de villes avec le pianiste Sam Haywood.

«Composer un programme, c'est comme rédiger le menu d'un bon repas. C'est toujours un défi de trouver des pièces au caractère contrastant qui se répondent l'une l'autre. La Sonate no 1 de Brahms est l'oeuvre la plus magnifique jamais écrite pour violon et piano. La Sonate no 4 de Beethoven n'est pas aussi souvent jouée, mais c'est une pièce incroyable et qui saisit dès le départ. Beethoven et Brahms sont merveilleusement liés et tellement différents en même temps. La Sonate no 1 de Grieg est une oeuvre très rarement jouée que j'aime faire découvrir. Elle est parfaitement construite. J'ose croire que les gens vont venir après le concert - vous savez, j'aime beaucoup saluer les gens - et que certains me diront que c'était leur pièce préférée. Du moins, je le souhaite. La Rhapsodie no 1 de Bartok quant à elle s'inspire du folklore, comme les autres pièces au programme d'ailleurs. Je crois que cela couvre un large spectre et que les gens ne s'ennuieront pas.»

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi : le Club musical de Québec
  • Qui : Joshua Bell, violoniste, et Sam Haywood, pianiste
  •  : salle Louis-Fréchette
  • Quand : le dimanche 29 mars à 16h
  • Billets : 20 $ à 90 $
  • Tél. : 418 643-8131

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