Alan Parsons: retour d'un monstre du rock

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Le Alan Parsons Project sera au Grand Théâtre jeudi.

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(Québec) Le gars n'avait pas encore 20 ans et il travaillait sur les albums Let It Be et Abbey Road des Beatles. Cinq ans plus tard, il était l'ingénieur du son sur The Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Quant aux 10 albums de son groupe, The Alan Parsons Project, ils se sont tous classés dans les 60 premières positions du palmarès Billboard 200. Le musicien et producteur Alan Parsons, qui s'arrêtera au Grand Théâtre le 12 mars, a gravé son nom à plusieurs reprises dans l'histoire du rock.

«Soyons honnêtes : pour Abbey Road et Let It Be, j'étais ingénieur du son adjoint, c'est-à-dire que j'opérais le ruban! J'apprenais le métier, mais j'apprenais le métier avec les meilleurs», explique-t-il à propos de ses débuts dans le monde de la musique.

Lorsqu'il a commencé son boulot sur The Dark Side of the Moon, le musicien considérait déjà l'album comme le meilleur que Pink Floyd ait jamais fait. «Quand je l'ai entendu, je savais que ça allait être bon, mais jamais que ce serait aussi gros, que ça deviendrait le deuxième album le plus vendu de tous les temps. Personne n'aurait pu prévoir ça», explique Parsons en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«On avait fait appel à moi, car je faisais partie de la nouvelle vague d'ingénieurs du son plus créatifs qui amenaient de nouvelles idées. Entre autres, c'est moi qui ai eu l'idée de mettre le son d'horloges au début de Time et c'est aussi moi qui ai présenté la chanteuse Clare Torry aux gars de Pink Floyd. C'est elle dont vous entendez la voix sur The Great Gig in the Sky

Le Project

C'est plus de deux ans après qu'Alan Parsons lançait son désormais célèbre Project avec son complice, le claviériste, compositeur et chanteur Eric Woolfson (décédé en 2009). Une multitude de musiciens et de chanteurs, notamment des membres des groupes Pilot et Ambrosia, se greffaient au duo pour former un alignement qui variait d'un album à l'autre.

Fait particulier, le groupe n'a présenté qu'un seul spectacle durant son existence, de 1975 à 1990, soit en Europe à quelques mois de sa séparation. «Eric et moi avions décidé d'être un groupe de studio. On aurait pu faire des spectacles, mais nous n'étions pas nécessairement connus comme musiciens. J'étais un ingénieur du son et producteur, et Eric était un compositeur. Je crois que je n'avais pas assez confiance en moi-même comme musicien», résume-t-il.

«Et à l'époque, c'était possible de vivre de sa musique sans présenter de spectacles. Il y avait des albums platine et même double platine, ce qui n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Mais aujourd'hui, je fais partie des artistes qui font beaucoup plus d'argent avec leurs spectacles qu'avec leurs disques», poursuit-il.

C'est en 1995 que Parsons a commencé à amener la musique du Alan Parsons Project en tournée, d'abord simplement sous son nom, puis, à partir de 1999 et avec la bénédiction de Woolfson, sous le nom de Alan Parsons Live Project.

S'il était à l'époque à géométrie variable, le groupe s'est maintenant stabilisé autour de Parsons, du chanteur P.J. Olsson, du guitariste Alastair Greene, du batteur Danny Thompson, du bassiste Guy Erez, des claviéristes Manny Fornacazzo et Tom Brooks et du saxophoniste Todd Cooper. Le guitariste Dan Tracey s'est ajouté à la smala il y a cinq mois.

«La plupart d'entre eux sont avec moi depuis cinq ans. On a commencé à six et on a ajouté des musiciens. En m'incluant, il y a maintenant cinq chanteurs parmi nous, ce qui poursuit la tradition d'avoir des voix variées», indique-t-il.

L'auteur de Eye in the Sky et de Games People Play ajoute qu'il sera très fier de présenter pour la première fois ce groupe au public de la capitale puisque c'était avec une équipe totalement différente qu'il s'était produit à Québec, en juin 1998, en première partie du spectacle gratuit de Yes à l'Hippodrome. «Mes nouveaux musiciens sont très talentueux et je veux vraiment les faire entendre», indique celui qui est tout de même demeuré en bons termes avec plusieurs musiciens qui ont joué sur les albums du Alan Parsons Project. «La plupart sont encore au Royaume-Uni, alors pour les spectacles que je présente là-bas, il arrive parfois que certains d'entre eux apparaissent comme invités-surprises.»

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Alan Parsons Live Project
  • : Grand Théâtre de Québec
  • Quand : Jeudi à 20h
  • Billets : de 70,25 $ à 104,75 $
  • Infos : 418 643-8131, 1 877 643-8131 (sans frais) ou www.grandtheatre.qc.ca

La musique plutôt que la politique

Si certains musiciens sentent le besoin de s'engager politiquement, ce n'est pas le cas d'Alan Parsons, qui préfère laisser parler sa musique. Ça n'a pas empêché l'ex-Pink Floyd Roger Waters de tenter de l'amener sur ce terrain, récemment, à l'approche du spectacle qu'a donné Parsons à l'aréna Nokia de Tel-Aviv, en Israël, le 10 février.

Waters, qui appuie la campagne «Boycott, Désinvestissement et Sanctions» contre Israël pour mettre fin à l'occupation et à la colonisation des terres arabes et à la discrimination antipalestinienne, avait écrit à Parsons à deux reprises afin de lui demander d'annuler son spectacle.

Cet appel avait aussi été publié sur le compte Facebook de Waters, mais Parsons a choisi de présenter le spectacle quand même. «C'était un spectacle fantastique, il y a eu 7000 spectateurs», raconte Parsons, avouant qu'il était surpris que l'ex-chanteur et bassiste de Pink Floyd le contacte à ce sujet.

«J'ai aussi trouvé dommage qu'il rende public ce qu'il m'a écrit, car j'avais été clair avec lui que je n'avais pas envie de faire de tout ça un débat public. Mais Roger croit passionnément à cette cause, alors que moi, je n'ai vraiment aucun intérêt pour la politique.»

Parsons ajoute qu'il n'aurait aucun problème à présenter un spectacle dans n'importe quel pays du monde, à condition qu'il y soit le bienvenu. «Ça a été le cas en Israël, j'y ai été très bien accueilli. Il n'y a eu aucun problème là-bas, à part Roger qui s'est plaint», indique-t-il en soulignant toutefois qu'il considère comme clos ce petit échange avec Waters sur les réseaux sociaux.

Avec Steven Wilson

En Israël, Parsons a aussi renoué avec l'ex-guitariste de Porcupine Tree Steven Wilson, avec qui il a enregistré deux nouvelles pièces. En 2012, Wilson avait demandé à Parsons d'être l'ingénieur du son sur The Raven That Refused to Sing (And Other Stories).

«J'avais été honoré que Steven me contacte. Il voulait faire un album à la manière old school et j'ai été capable d'apporter cela. Nous avons été tous les deux très satisfaits du résultat», indique-t-il.

Pour ce qui est du nouveau matériel, Parsons ajoute qu'un nouveau simple intitulé De-Elevator paraîtra bientôt sur format 45 tours. «Je suis heureux de voir cette renaissance du vinyle, car c'est un retour à la haute-fidélité, ce qui est une bonne chose. La musique doit s'écouter sur une bonne chaîne stéréo et non pas dans des écouteurs sur un téléphone intelligent. Ça, c'est vraiment la pire façon de consommer de la musique», conclut Alan Parsons.

L'album caché dévoilé

Il y a un an, The Sicilian Defence, un album obscur du Alan Parsons Project gardé sur les tablettes depuis 33 ans, voyait enfin le jour par l'intermédiaire du coffret The Complete Albums Collection. Alan Parsons avoue que Sony Music a eu raison de sa réticence à publier l'album, qui aurait dû paraître entre The Turn of a Friendly Card et Eye in the Sky.

«Ce n'est pas que j'étais complètement contre l'idée de faire paraître cet album, mais j'avais cru par le passé que ce matériel ne serait jamais publié. C'est que l'étiquette de disques tenait vraiment à ce qu'il fasse partie du coffret...», indique Parsons en parlant de Sony Music, la compagnie qui a absorbé l'ancienne étiquette de disques du Alan Parsons Project, Arista Records.

Parsons et le regretté Eric Woolfson avaient concocté cet album de 10 pièces, dont les titres étaient tous des mouvements d'échecs notés selon la méthode de la notation descriptive, pour conclure rapidement les obligations de leur contrat avec Arista alors que les négociations en vue d'un renouvellement n'allaient nulle part. L'album avait été mis de côté quand les parties en étaient arrivées à une entente.

«L'as-tu entendu? Trouves-tu que c'est un bon album?» a d'ailleurs demandé Parsons durant notre entrevue. «Ne t'en fais pas, je ne crois pas que quiconque l'ait entendu et se soit écrié : "Wow! Quel grand album!"» a-t-il ajouté après la réponse hésitante de l'auteur de ces lignes.

«C'est un album instrumental... Disons que si j'avais eu plus de temps, il aurait été meilleur. Cependant, c'est bien pour les gens qui voulaient compléter leur collection.» Ce n'est donc pas une grande surprise qu'aucun titre de la plus «récente» parution du Alan Parsons Project ne figure au programme des spectacles que donne le musicien à travers le monde.

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