Critique

Mystery de Kodo: tambours et paillettes

Les sons qui font vibrer les tympans des... (Photo Takashi Okamoto)

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Les sons qui font vibrer les tympans des spectateurs entrent et résonnent dans tout le corps, créant une sorte d'engourdissement bienheureux.

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(Québec) Au ton retentissant des tambours, dragons et créatures à lanterne apparaissent et dansent dans Mystery, une création de la troupe japonaise Kodo. Nous sommes en zone inconnue, quelque part entre le cirque, le rituel chamanique et le spectacle à grand déploiement.

Le tout a résolument un côté populaire et festif, enfantin même parfois, comme lors des saynètes de pantomime où les démons à crinière se font berner par trois femmes malignes et où un dragon menaçant est tenu à distance par le jeu de blocs d'une bande de commères.

Ça joue, ça cabotine, ça cabriole, question de mettre une touche de légèreté entre les numéros beaucoup plus intenses, où les percussionnistes sont mis à l'avant-plan.

Sur des tambours japonais de toutes les formes et de toutes les tailles, la troupe d'élite livre une spectaculaire performance. Les gestes vont de l'effleurement le plus doux aux coups les plus violents, en passant par toute une gamme de nuances et de rythmes qui finissent par nous faire déconnecter de la réalité. Les sons qui font vibrer nos tympans entrent et résonnent dans tout notre corps, créant une sorte d'engourdissement bienheureux.

Toutefois, on n'éprouve pas vraiment, comme l'aurait souhaité le directeur artistique de la troupe (Tamasaburo Bando, un acteur de Kabuki), le sentiment de toucher au sacré et de sortir de la salle «purifiés» et transcendés...

On est tout de même impressionné par la vigueur et l'agilité de la quinzaine d'interprètes. Depuis ses débuts à Berlin en 1981, Kodo a donné plus de 3700 représentations sur les cinq continents. Mouvements et battements s'entremêlent en toute fluidité pour créer une envoûtante chorégraphie. Du chant, des clochettes, des gongs et toutes une panoplie d'instruments qui nous semblent chargés de magie à cause de leur exotisme contribuent à nous donner l'impression de traverser une forêt enchantée. On se serait toutefois passé des paillettes et des costumes scintillants. Les segments plus tribaux, soutenus par une tension physique extrême, avaient suffisamment d'éclat.

Les tambours deviennent des extensions des corps et, par moments, la fanfare rencontre la danse contemporaine pour une étrange étreinte. Le vrai mystère demeure le but réel du spectacle, qui hésite entre le divertissement pailleté et une performance de percussion de haut calibre, ancrée dans la tradition japonaise.

Mystery était présenté un soir seulement au Grand Théâtre de Québec et sera présenté samedi à la Place des Arts, à Montréal.

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