Critique

Légendes d'un peuple: faire vibrer l'histoire

Depuis 2012, Alexandre Belliard a choisi de prêter... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Depuis 2012, Alexandre Belliard a choisi de prêter sa plume aux héros qui ont jalonné l'histoire de l'Amérique francophone.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Une douzaine d'interprètes qui mettent leurs talents en commun pour donner vie en musique à une vingtaine de tableaux historiques. Le programme promettait d'être chargé et le contrat était pour le moins costaud. Faisant montre d'une indéniable cohésion, le collectif réuni par Alexandre Belliard autour de son projet Légendes d'un peuple peut se targuer d'avoir relevé le défi, mercredi au Grand Théâtre, de célébrer l'histoire autant que la chanson.

Depuis 2012, Belliard a choisi de prêter sa plume aux héros qui ont jalonné l'histoire de l'Amérique francophone. À ce jour, le nombre de «portraits chansonniers» qu'il a signés s'approche de la soixantaine. L'ambition poursuivie par l'auteur-compositeur-interprète n'était peut-être «pas super sexy à la base», dixit Stéphane Archambault de Mes Aïeux, mais elle a prouvé mercredi son pouvoir d'évocation scénique.

Presque toute la distribution qui a prêté sa voix au disque paru l'automne dernier s'était donné rendez-vous au Grand Théâtre. Dans les thèmes comme dans les personnages, on peut dire qu'on a ratissé large. Stéphane Archambault et Marie-Hélène Fortin ont lancé le bal avec un coup de chapeau à Miron, Mara Tremblay nous a ramenés chez Marie Rollet et Patrice Michaud chez Paul Chomedey de Maisonneuve. Éric Goulet a évoqué la déportation des Acadiens et s'est plus tard attaqué à la Crise d'octobre. Yann Perreau a chanté Louis Riel avec un petit côté Morricone, Salomé Leclerc a fait un détour par le Klondike avant de saluer la lutte de la première grève féminine au Canada. Vincent Vallières a rendu visite au poète Denis Vanier, alors que Belliard s'est gardé les tableaux consacrés à l'aventurier du Far West François Xavier-Aubry et au monologuiste Yvon Deschamps.

Le terme «collectif» a ici pris tout son sens. Le spectacle de mercredi ne nous a pas montré une suite de solistes se relayant sur scène. Les têtes d'affiche se sont plutôt greffées au groupe de musiciens et ont cultivé les collaborations. Si les présentations de Belliard cassaient un peu le rythme - notre homme semblait chercher le bon ton entre le didactique et l'anecdotique, le solennel et le convivial -, la troupe a musicalement su insuffler un esprit de corps à cette proposition scénique qui aurait pu paraître décousue.

On en a eu un magnifique exemple en fin de première partie, alors que Mara Tremblay et Marie-Hélène Fortin ont joint leurs violons à celui de Guido Del Fabbro et au violoncelle de Jorane pendant l'hommage à Papineau chanté par Paul Piché. Ou un peu plus tôt lorsque Jorane a offert ses harmonies à Alexandre Désilets, qui chantait le fiévreux récit de la vie de Marie-Anne Gaboury. L'une des relectures les plus personnalisées de cette soirée, avec celles que Jorane (encore elle!) a incarnées en mettant à sa main les poèmes d'Eudore Évanturel - en solo et à la harpe - et de Joséphine Bacon. À donner des frissons.

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