Critique

La salle craque pour le trompettiste Reinhold Friedrich

Ovationné par les spectateurs, Reinhold Friedrich a partagé... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Ovationné par les spectateurs, Reinhold Friedrich a partagé sa joie avec Fabien Gabel.

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(Québec) S'il fallait présenter le musicien Reinhold Friedrich en quelques mots, je dirais que c'est le Coluche de la trompette. Un petit peu à cause de sa ressemblance physique avec l'humoriste français. Beaucoup à cause de ces étincelles de folie qu'il fait jaillir sur scène. L'invité de l'Orchestre symphonique de Québec a véritablement conquis la salle Raoul-Jobin, mercredi soir.

La bonne idée qu'a eue Fabien Gabel de faire venir son ancien professeur à Québec! Jamais je n'aurais cru qu'écouter de la trompette réussisse à vous mettre de si bonne humeur. C'est que Reinhold Friedrich se présente d'emblée comme un type plein de vie et qui a plus d'un tour dans son sac. Il ne se contente pas de jouer. Il faut voir les regards entendus qu'il jette au public pendant que l'orchestre se lance dans les premières mesures du concerto. Il n'a pas joué une note que déjà, on sait que tout va se passer dans le plaisir. 

Le trompettiste réussit à donner à Haydn une touche d'humour qui lui va à merveille. On écoute les trois mouvements avec le sourire, dans un état qu'on pourrait situer entre la joie et l'étonnement. Techniquement, c'est tout aussi probant. Graves alertes et mobiles, aigus pétillants, attaques précises, intonation parfaitement stable. On ne sent aucun effort. La musicalité est aussi charmante et spirituelle que le personnage. 

Le Concertino de Jolivet était moins rigolo, beaucoup plus frénétique, et à vrai dire presque sauvage, mais Reinhold Friedrich a réussi à lui donner un caractère expressif, une sorte de visage humain. Dans cette jungle de notes, la pianiste Marie-Ève Scarfone s'est rudement bien défendue. Complices, le trompettiste et la pianiste ont ensuite offert deux rappels.

Il y aurait par ailleurs tant à dire sur la suite du Bourgeois gentilhomme, le plat de résistance du concert. Cette oeuvre plus chambriste que symphonique fait appel à un nombre réduit de cordes et à plusieurs instruments solistes. Elle convenait parfaitement à l'acoustique de Raoul-Jobin. Quelle variété de couleurs et de caractères Fabien Gabel a su tirer de sa formation!

La salle du Palais Montcalm était également le lieu idéal pour savourer les subtiles images de Ma mère l'Oye de Ravel. Ce cor anglais, ce contrebasson et ces autres sonorités riches et exotiques composaient un véritable plateau de friandises.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction : Fabien Gabel, chef d'orchestre. Soliste : Reinhold Friedrich, trompettiste. Ravel : Ma mère l'Oye. Haydn : Concerto pour trompette en mi bémol majeur. André Jolivet : Concertino pour trompette. R. Strauss : Le bourgeois gentilhomme. Mercredi soir à la salle Raoul-Jobin.

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