Benjamin Grosvenor: des ailes à son piano

Benjamin Grosvenor joue comme un horloger qui ajuste... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Benjamin Grosvenor joue comme un horloger qui ajuste un mécanisme délicat et précis, les yeux constamment fixés sur ses mains, sans commettre la moindre erreur.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Benjamin Grosvenor ne se contente pas de jouer du piano. Non. Il greffe des poumons à son instrument et lui donne le souffle d'un choeur, il lui pose des ailes et lui fait cracher du feu, bref il le transforme en créature fantastique. Le jeune pianiste britannique a vraiment donné de grandes émotions aux abonnés du Club musical de Québec, mardi soir à la salle Raoul-Jobin.

Le soliste a choisi d'ouvrir le récital avec Jean-Philippe Rameau. L'oeuvre intitulée Gavotte, qui réunit une demi-douzaine de variations et dans laquelle coule un fleuve de notes, est livrée avec une minutie et une clarté assez incroyables.

Dans la Chaconne de J.S. Bach, version Busoni, le pianiste va chercher des nuances pianissimo qui commandent une écoute extrêmement attentive de la part du public. On remarque l'élégance de l'exécution, sa netteté et sa précision. Par sa grandeur et son lyrisme, et aussi par la vaste étendue des nuances et des couleurs, l'oeuvre grandit peu à peu pour atteindre les dimensions d'une cathédrale, avec ses parois de pierres, ses dorures et, au milieu de tout cela, des volutes d'encens s'élevant vers le ciel.

Le Prélude, choral et fugue de César Franck se transforme lui aussi sous les doigts de Grosvenor. Ce dernier ressemble de moins en moins à un pianiste et de plus en plus à un sculpteur ou à un peintre. On n'entend plus des triples croches, mais on sent une succession de courbes irréprochables. La fluidité de la technique donne naissance à la poésie. Des idées apparaissent et on sent qu'elles ne doivent leur existence qu'à la perfection même de l'exécution. Dans la Fugue, qui par ailleurs semble sortir de chez le nettoyeur tellement tout y est propre, l'interprète parvient si bien à varier les plans qu'on dirait qu'il dispose de tout un orchestre. C'est tout simplement phénoménal.

Chopin occupe le début de la seconde partie. Après une Barcarolle qui ondoie, suspendue sur un flot de notes, on a droit à deux mazurkas qui chantent miraculeusement. Benjamin Grosvenor joue la Ballade comme un horloger qui ajuste un mécanisme délicat et précis, les yeux constamment fixés sur ses mains, sans commettre la moindre erreur.

Pour conclure, c'est l'éblouissement des trois Granados enfilés avec une prodigieuse facilité, jusqu'au feu d'artifice final.

En rappel, l'invité du Club a offert deux pièces, l'une de Federico Mompou, extrait de Paysages, l'autre de Dohnanyi, le Capriccio en fa mineur, op. 28 no 6.

LE CLUB MUSICAL DE QUÉBEC. Invité : Benjamin Grosvenor, pianiste. J.-P. Rameau : Gavotte. J.S. Bac : Chaconne, extr. de la Partita pour violon no 2 en ré mineur (arr. Ferruccio Busoni). C. Franck : Prélude, choral et fugue. F. Chopin : Barcarolle en fa dièse majeur, op. 60; Mazurka en fa mineur, op. 63, no 2; Mazurka en do dièse mineur, op. 30, no 4; Ballade no 3 en la bémol majeur, op. 47. E. Granados : Goyescas (Quejas, o La maja y el ruiseñor, El amor y la muerte, balada, El pelele, escena goyesca). Mardi soir à la salle Raoul-Jobin.

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