Mado Lamothe: une drag queen chez les comiques

La célèbre Mado Lamotte quittera vendredi son cabaret... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La célèbre Mado Lamotte quittera vendredi son cabaret montréalais le temps de présenter à Québec son premier spectacle d'humour, le One Mado Show.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'avantage de faire vivre un personnage aussi flamboyant et généreusement grimé que Mado Lamotte, c'est qu'on vieillit sans prendre une ride. «Le maquillage, ça remplit les craques!» rigole Luc Provost, alias Mado, qui cumule plus de 25 ans de carrière tout en jurant que son alter ego n'a pas atteint la trentaine. Entretien avec la plus célèbre drag queen du Québec, qui quitte vendredi son cabaret montréalais le temps de présenter à Québec son premier spectacle d'humour, le One Mado Show.

Q Pourquoi ce spectacle solo et pourquoi maintenant?

R C'est la suite logique de toute ma carrière. Ça fait 27 ans que je fais du spectacle de cabaret dans un style de variétés qui n'existe presque plus aujourd'hui. Ça fait 27 ans que j'improvise sur scène, que je raconte des histoires et qu'en même temps, je fais rire les gens. Je me suis dit que j'étais prêt pour un spectacle d'humour pour amener ça ailleurs, pour sortir des bars. [...] Une formule humoriste, c'est quelque chose que j'ai envie de faire depuis très longtemps parce que j'ai des choses à raconter. Mais ce n'est pas juste du stand-up. Je suis avec mon pianiste, je chante, je danse... Je ne peux pas sortir la variété de moi. Je suis né là-dedans. Et c'est ce que les gens s'attendent à voir. 

Q Après toutes ces années d'impro, est-ce qu'il a été difficile pour vous de vous plonger dans l'écriture?

R J'ai tout écrit seul ou presque. J'ai eu de l'aide d'une fille qui s'appelle Justine Phillie. Quand je lui ai donné mes textes, elle a retravaillé des jokes, elle m'a montré comment faire des punchs. Elle m'a aidé avec le rythme. [...] Ça fait 25 ans que j'écris pour le magazine Fugues. J'ai écrit pendant sept ans pour le journal ICI Montréal. C'est pour ça aussi que le métier d'humoriste était logique. J'ai puisé dans mes vieux textes. J'écris comme je parle. C'est sûr que pour moi, l'écriture a été plus facile que si je partais de zéro. 

Q Cherchez-vous avec ce spectacle en salle à courtiser un autre public?

R Déjà, le cabaret Mado m'a amené un autre public. Ça fait 13 ans qu'on est ouvert et de plus en plus, ma clientèle est hétéro. Beaucoup de filles, des gangs de jeunes, des gars straight qui essaient parce que leur blonde leur dit : «On sort à soir.» [...] Mais c'est sûr que le One Mado Show, c'est une occasion pour moi d'aller chercher un public plus vaste. Il y a les madames qui ne veulent pas sortir à 11h le soir, et je les comprends très bien, ou les gens qui n'ont aucun contact avec le milieu des bars. Et il y a aussi les gens en région. Il y en a qui m'écrivent pour me demander quand je vais aller chez eux. Je ne peux pas débarquer avec six drag queens dans un sous-sol d'église, ça ne se fait pas. Ça manquerait de fla-fla et de décorum! Mais je peux débarquer dans une salle de spectacle avec mon pianiste. C'est mieux adapté. 

Q Le phénomène Mado n'est donc pas que montréalais...

R Le personnage a acquis une certaine notoriété au Québec. Il y a 20 ans, j'étais connu à Montréal, mais quand j'arrivais à Québec, j'étais connu seulement par les gais. Maintenant, la petite madame de Rivière-du-Loup, elle me connaît. Et j'ai adapté mon texte pour Québec : les Galeries d'Anjou sont devenues les Galeries de la Capitale et le parc La Fontaine est devenu les plaines d'Abraham. Ça marche. Il y a des buissons au parc La Fontaine et sur les Plaines. Et il s'y passe à peu près la même affaire! [rires]

Q Par vos participations à la Fête arc-en-ciel, notamment, avez-vous l'impression que Mado est un peu devenue une ambassadrice...

R Du bon goût? [rires]. J'ai peut-être aidé à ouvrir certaines mentalités sur certaines choses parce que ma folie est assez contagieuse. J'ai la chance de pouvoir expliquer bien des affaires... Mais, en même temps, il faut que ça soit clair que Mado n'est pas l'ambassadrice de la communauté gaie. Mado n'est pas gaie. Pendant un bout de temps, on me présentait comme Mado Lamotte le travesti ou Mado la représentante de la communauté gaie. Non. Je ne représente personne. Je fais mon métier. C'est un personnage, c'est du théâtre, du spectacle. Mais je ne me suis pas privé de passer certains messages. Je suis issu de cette communauté-là, je sais ce qui s'y passe. Ça peut aider à ouvrir certains esprits. Mais en même temps, ce n'est pas mon rôle. Mado, c'est un clown. Il n'y a pas de coming out dans mon spectacle. Si je fais mon coming out, c'est quand je vais sortir en gars. 

Q C'est pour bientôt?

R Ça va arriver quand on va m'offrir un rôle dans un téléroman, quand Fabienne Larouche va m'appeler pour me dire que c'est moi le nouveau prof dans 30 vies. Pourquoi pas? J'ai fait l'école de théâtre et je joue la comédie depuis 27 ans...

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Mado Lamotte
  • Quand : vendredi à 20h
  • : Cabaret du Capitole
  • Billets : 35 $
  • Info : www.lecapitole.com ou 418 694-4444

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