Critique

Reinhard Goebel aux Violons du Roy: les couleurs des Lumières

Sa grande baguette frétillante à la main, le... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Sa grande baguette frétillante à la main, le réputé musicien Reinhard Goebel a infusé carrément la vie à la 34e de Mozart.

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(Québec) Le chef Reinhard Goebel n'a aucun mal à convaincre son auditoire, comme on a pu s'en rendre compte jeudi après-midi à la salle Raoul-Jobin. L'énergie dégagée par l'invité des Violons du Roy vous emporte dès les premières mesures.

Sa grande baguette frétillante à la main, le réputé musicien infuse carrément la vie à la 34e de Mozart. Une note après l'autre, l'Allegro initial s'illumine. L'Andante danse comme l'eau vive entre les pierres d'un ruisseau. L'allegro final vient conclure l'oeuvre dans la fraîcheur vivifiante d'un coup de vent. Tout au long, les instrumentistes semblent aussi déterminés que détendus. Les sonorités se fondent naturellement, notamment celle des trompettes et des timbales, qui passent pour ainsi dire inaperçus. Parmi cette étonnante variété de couleurs, on note aussi ces accords soyeux que tissent, pianissimo, les archets.

La Sinfonia concertante de Haydn révèle ensuite sa transparence et sa légèreté, qualités qu'on admire surtout dans le jeu brillant de la violoniste Véronique Vychytil. L'oeuvre marque la rencontre de la musique de chambre et de la symphonie. Elle s'appuie sur l'affirmation de l'individu et de son autonomie par rapport au groupe. Sur un plan symbolique, on peut donc voir là l'expression de la liberté de conscience et de la quête du bonheur individuel. Idées chères, bien sûr, aux penseurs du Siècle des Lumières. Quoi qu'il en soit, l'exécution met également en vedette le hautboïste Vincent Boilard, le violoncelliste Benoit Loiselle et le bassonniste Mathieu Lussier et on sent effectivement dans leur prestation une grande liberté de mouvement, nulle hésitation et beaucoup de personnalité.

Reinhard Goebel conclut le programme avec quelques extraits de l'opéra Amadis de Gaule de Johann Christian Bach. Le maestro n'a aucun mal à démontrer la qualité de cette musique qui reste malheureusement encore à peu près inconnue à notre époque. On constate que c'est moins le choix de l'oeuvre qui importe que la manière dont on la joue. Ça se passe ici et maintenant, chaque note trouvant sa raison d'être, l'élan faisant foi de tout. C'est à la fois dansant et captivant. Et ça donne rudement le goût de découvrir l'opéra tout entier. 

Le concert était dédié à la mémoire de celui qui devait initialement le diriger, le chef d'orchestre Christopher Hogwood, décédé en septembre.

LES VIOLONS DU ROY. La symphonie au temps des Lumières. Direction : Reinhard Goebel, chef d'orchestre. Solistes : Vincent Boilard, hautbois, Mathieu Lussier, basson, Véronique Vychytil, violon, Benoit Loiselle, violoncelle. Johann Christian Bach : Ouverture et extraits de l'opéra Amadis de Gaule, W.G. 39. Franz Joseph Haydn : Sinfonia concertante en si bémol majeur pour hautbois, basson, violon et violoncelle. Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie no 34 en do majeur, K. 338. Jeudi à la salle Raoul-Jobin.

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