Critique

Dur et interminable Schubert à l'OSQ

Avec le chef invité Enrique Mazzola, les spectateurs... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Avec le chef invité Enrique Mazzola, les spectateurs avaient affaire à un Italien à la baguette tranchante. Quelle vision radicale de sa part!

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(Québec) Cette Symphonie no 9 de Schubert, qu'on surnomme la Grande à cause de ses proportions ambitieuses, aurait dû être un événement, surtout si on considère que l'Orchestre symphonique de Québec ne l'a pas donnée depuis des lustres. Après deux mouvements, j'en avais ma claque. J'ai tenu jusqu'à la fin de l'interminable Scherzo et je suis sorti. De toute façon, il se faisait tard et il fallait bien respecter la tombée.

Avec le chef invité Enrique Mazzola, on avait affaire à un Italien à la baguette tranchante, mercredi soir à la salle Louis-Fréchette. On l'a senti dès l'ouverture de La flûte enchantée. Quel étrange Mozart! Quelle vision radicale! Il y avait en effet une réelle dureté dans les sforzandi des cordes, et presque de la rage dans les éclats des cuivres. Entre les sections, les disproportions et le déséquilibre étaient non seulement flagrants, mais dérangeants. On aurait dit une sorte un jeu ironique et cruel.

Le Concerto no 5 de Saint-Saëns qui a suivi était bien carré, je trouve. D'abord, Romain Descharmes, le soliste invité, jouait avec la partition. Habituellement, cela m'est parfaitement égal, mais pas cette fois. Trop de pages à tourner pour le pianiste. Cela donnait à l'exécution l'allure d'une pénible routine. Cela dit, Romain Descharmes jouait admirablement bien sa partie. Reste que jamais je n'ai embarqué. Plutôt, je décrochais sans cesse. Il m'a semblé qu'il n'y avait pas de réelle interprétation, qu'il n'y avait qu'une lecture décousue, une succession d'événements qui se produisaient un peu par hasard, sans répondre à une quelconque nécessité, la fin du premier mouvement, par exemple. Le Molto allegro final avait un côté populaire, presque vulgaire, qu'on ne lui connaissait pas. C'était très technique et presque bruyant. Le chef dirigeait tout ça en se tournant vers la salle, un sourire de satisfaction sur le visage.

La 9e de Schubert n'a pas non plus été à la hauteur des attentes. 

Le chef n'apporte rien de neuf ici. Il se contente de reproduire les notes et les indications imprimées dans la partition. Du coup, il passe à côté de l'essentiel. Par ailleurs, il ajoute ici et là des changements de tempo de son cru et qui sont loin d'être convaincants. Au premier mouvement, on dirait qu'il freine volontairement le tempo pendant de plusieurs mesures avant de le relancer tout à coup. Il s'attarde longuement sur un passage de trombones, comme si c'était le trait le plus génial de l'oeuvre, sans trop se rendre compte que l'exécution est en train de perdre toute sa vigueur. 

Je vous fais grâce du reste. À la fin, cela ne voulait plus rien dire, ce n'était plus que de la technique et du bruit. 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction : Enrique Mazzola, chef d'orchestre. Soliste : Romain Descharmes, pianiste. Mozart : La flûte enchantée, ouverture, K.620. Saint-Saëns : Concerto pour piano n°5, op. 103, Égyptien. Schubert : Symphonie n°9, D. 944, La Grande. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette.

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