Violons du Roy: les lumières de Reinhard Goebel

Reinhard Goebel est devenu une sorte d'icône de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Reinhard Goebel est devenu une sorte d'icône de la scène musicale internationale. Il figure parmi les pionniers qui, dans les années 70, ont révolutionné la pratique de la musique ancienne.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Avec Reinhard Goebel, Les Violons du Roy ont droit cette semaine à un cours de musique du XVIIIe siècle, version accélérée. En répétition, le musicien allemand se révèle inspiré et volubile. Une vraie encyclopédie vivante. En entrevue aussi. Le débit auquel les idées fusent est si élevé qu'on doit renoncer à les noter toutes.

Pour les membres de l'orchestre, les paroles du chef sont de l'or. Travailler sous sa direction constitue une source d'enrichissement inestimable. «On voudrait enregistrer nos répétitions tellement ses remarques sont nombreuses et précieuses», s'exclame la violoniste Pascale Giguère à l'issue de la répétition du matin. «On voudrait n'en perdre aucune.»

Fondateur et directeur musical du Musica Antiqua Cologne, ensemble sur instruments d'époque né en 1973, Reinhard Goebel est devenu une sorte d'icône de la scène musicale internationale. Avec l'Anglais Christopher Hogwood - décédé en septembre, et dont il assure le remplacement cette semaine à Québec -, et avec l'Autrichien Nikolaus Harnoncourt, il figure parmi les pionniers qui, dans les années 70, ont révolutionné la pratique de la musique ancienne.

Au début de la soixantaine, l'invité des Violons du Roy demeure un éternel explorateur du répertoire. Le programme présenté vendredi au Palais Montcalm et vendredi à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal le prouve. Entendre au concert quelques pages de l'opéra Amadis de Gaule de Johann Christian Bach? Découvrir la musique du compositeur tchèque Josef Myslivecek? Il y a seulement quelques années, une telle chose aurait été impensable. Même la présence de la Symphonie no 34 de Mozart et de la Sinfonia concertante de F. J. Haydn ont quelque chose d'exceptionnel chez nous.

Les temps changent, les musiciens classiques aussi. Depuis près de 10 ans, Reihnard Goebel se consacre au siècle dit «des Lumières». La possibilité d'ouvrir ce nouveau champ de recherche s'est offerte à lui quand des ennuis de santé l'ont contraint à cesser de jouer du violon et, du même coup, à planifier la dissolution de Musica Antiqua Cologne.

On sait que le Siècle des Lumières est marqué, en musique, par le triomphe du style galant. Mais on n'est loin d'avoir tout dit. «L'idée derrière le style galant, c'est celle de la musique par les hommes pour les hommes, explique le maître. Une musique où Dieu cesse d'exister. Prenez les fils de Bach. Johann Christian n'a écrit qu'une seule messe, Philipp Emanuel, pas la moindre oeuvre sacrée.»

La musique galante a connu son heure de gloire quelque part entre 1720 et 1780, selon les pays. Notre époque a tendance à la qualifier de protoclassique ou de barque tardive, alors qu'en fait, elle possède un esprit et une valeur propres, insiste Reinhard Goebel. «On la reconnaît à sa clarté, à sa transparence, à sa mélodie qui chante dans le registre aigu. Pas besoin d'un dictionnaire pour la comprendre. Elle doit toucher directement le coeur des gens, sinon laissez tomber.»

À ceux qui accusent cette musique de superficialité ou de pauvreté, le musicien répond : «C'est vous qui êtes pauvres, pas la musique. Si le public de l'époque n'avait pas aimé cette musique, il aurait exigé qu'on lui en donne de la meilleure!»

«Cette musique a le droit d'exister, plaide-t-il encore. Nous ne pouvons pas survivre seulement avec cinq concertos de Mozart. Il y a de la bonne et de la mauvaise musique dans chaque époque. Mais il reste que celle-ci est bien meilleure lorsqu'on la pratique en s'appuyant sur les connaissances appropriées, ou du moins, lorsqu'un chef parvient à la situer dans l'esprit qui l'a vue naître, celui des Lumières.»

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Les Violons du Roy et le chef Reinhard Goebel
  • Quoi : La symphonie au temps des Lumières
  •  : salle Raoul-Jobin
  • Quand : jeudi à 14h et à 20h
  • Billets : 39 $, 50 $, 55 $/57 $, 68 $, 73 $ (30 ans et moins : 23 $)
  • Tél. : 418 641-6040

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