Marie-Pierre Arthur: les racines et le clan

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Toute petite, l'auteure-compositrice-interprète Marie-Pierre Arthur rêvait d'une Barbie, mais c'est une basse qu'elle a reçue en cadeau.

La Presse, Marco Campanozzi

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(Montréal) Quand elle était petite, Marie-Pierre Arthur n'a pas eu beaucoup de «bébelles». «Ma mère ne voulait rien savoir», confirme la chanteuse et bassiste. En bonne petite fille qui a grandi dans les années 80, elle a bien adopté une poupée Bout d'chou, mais la Barbie tant convoitée n'a jamais été achetée. Elle a en revanche reçu mieux que ça : une basse brillante de forme étoilée, qui semblait tout droit sortie du dessin animé Jem et les hologrammes.

Selon le récit de la musicienne, l'instrument a d'abord été aperçu aux bras d'une dénommée Sylvaine Minville, cousine du parolier Nelson Minville, qui se produisait alors dans les bars avec les frères de Marie-Pierre aux alentours de Grande-Vallée, dans sa Gaspésie natale. «C'était mon idole, lance-t-elle. Elle ne jouait pas la grosse affaire, mais moi, j'avais six ans et je ne m'en rendais pas compte. Elle chantait et elle était magnifiquement belle. C'était la basse de cette fille-là et, en plus, c'était la basse de Jem. C'est sûr que je voulais jouer dessus!»

Son voeu a été exaucé lorsque le groupe de la belle Sylvaine s'est dissous. Sa mère a alors racheté l'instrument pour la petite Marie-Pierre, qui fera ses premières armes avec lui. Plusieurs années et deux albums plus tard, voilà que son premier amour musical est revenu dans sa vie sans crier gare. «Je suis retombée sur ma première basse, celle que j'ai reçue quand j'avais six ans, et je l'ai rachetée. Je lui fais mettre de bons pickups et je la ramène sur scène, c'est sûr!» s'enthousiasme celle qui lance mardi Si l'aurore, sa troisième collection de chansons. 

De quoi donc revivre sa nostalgie des années «Jem». Et Marie-Pierre Arthur ne sera pas la seule à le faire dans les prochains mois : le dessin animé diffusé dans les années 80 qui racontait les aventures d'un groupe de rockeuses aux cheveux crêpés et de leurs rivales (les vilaines Misfits!) fera l'objet d'une adaptation au grand écran attendue cette année...

Les (jeunes!) années de bars

Ce n'est pas une coïncidence si Marie-Pierre Fournier a choisi d'adopter le prénom de son père quand est venu le temps de se choisir un nom d'artiste. Depuis toujours, on l'appelle la «Marie-Pierre à Arthur» dans son coin de pays. «Tout le monde est Fournier ou Minville dans mon village. Si tu te nommes par ton nom de famille, les gens sont mêlés», rigole-t-elle. 

Ce n'est pas un hasard non plus si dans la famille d'Arthur, l'idée de donner une basse à une fillette plutôt que des poupées tombait sous le sens : pas mal tout le monde y est musicien. Les parents ont joué ensemble dans un groupe dans leur jeune temps, maman a plus tard accompagné ses fils dans les bars. «Ça se faisait même avant 18 ans dans le temps. Un de mes frères faisait de la musique à 11 ans. Ma mère les suivait, elle s'occupait du son», raconte Marie-Pierre, le bébé des quatre enfants.

«Fallait que ça joue, ajoute-t-elle. C'était comme ça dans ma famille, c'est ce que mes parents avaient à transmettre. Ma mère avait le temps et elle avait le goût de faire ça pour nous autres. Ça nous rendait responsables. Maintenant, mon frère et ma mère ont une compagnie de son qui vit super bien en Gaspésie. C'est une belle transmission. Quand tu connais quelque chose, tu le donnes. Elle, elle l'a donné, en tout cas.»

Vers 14 ou 15 ans, Marie-Pierre Arthur a à son tour eu son baptême des bars, mais c'est son grand frère qui a veillé au grain. «Il jouait de la guitare et il a relancé un band pour que je puisse avoir le même traitement qu'il avait eu, raconte la chanteuse. Il est fin, hein? Il était tanné raide à la fin, mais il l'a fait pour moi, pour me faire vivre ça. C'est quand même là que j'ai eu la vraie expérience de jouer de la basse en chantant. C'est aussi là que j'ai appris à me débrouiller à jouer avec un drummer. La basse, ça ne s'apprend pas en étant tout seul. Tu dois l'apprendre avec un batteur.»

L'influence d'un festival

Pour une musicienne, pousser à Grande-Vallée, c'est aussi voisiner un rendez-vous qui élargit les horizons. Chez les Fournier, le Festival en chanson de Petite-Vallée représentait un incontournable. «C'était ma mère qui faisait le son quand j'étais petite. Maintenant, c'est mon frère qui s'en occupe. On était impliqués. De couper des légumes pour les participants à chanter sur scène, ç'a toujours fait partie de ma vie d'enfant. Et c'est un répertoire qui apparaît, aussi. À six ans, tu entends des chansons de Brel... Sans ce festival, je n'aurais jamais eu accès à tant de culture et tant de chansons», raconte Marie-Pierre Arthur. 

À Petite-Vallée, la musicienne a fait des rencontres marquantes. Parmi celles-ci, Louis-Jean Cormier allait faire une différence. À travers lui, elle a rencontré son amoureux, François Lafontaine, qui était aussi membre de la formation Karkwa. Et c'est, semble-t-il, aussi à son contact que la bassiste, qui gagnait déjà sa vie à accompagner d'autres artistes, a eu envie de refaire sortir la chanteuse en elle. 

«Il manquait de quoi, analyse-t-elle. C'est tellement le fun de chanter. Physiquement, ça fait du bien. Je viens d'une famille de fredonneux. Ça ne se peut pas de ne pas sortir des sons. À l'école, quand j'étais petite, je me faisais souvent chicaner pendant les périodes de lecture parce que je tombais dans la lune, je me mettais à chanter et je dérangeais tout le monde...»

La musique, qui s'apparente à une roue qui tourne dans la famille de Marie-Pierre Arthur, ne semble pas près de s'arrêter: semble-t-il que fiston Léopold voit des chanteuses partout et ne donne pas sa place non plus dans ce domaine...

François Lafontaine et Marie-Pierre Arthur ont un peu... (La Presse, François Roy) - image 2.0

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François Lafontaine et Marie-Pierre Arthur ont un peu perdu le fil du nombre de personnes qui les ont rejoints en studio.

La Presse, François Roy

Une famille de musique

Un noyau dur de proches collaborateurs, des complices qui gravitent autour en nombre grandissant. Même lorsqu'elle élargit son cercle de musiciens, Marie-Pierre Arthur ne peut s'empêcher de garder près d'elle ses compagnons d'avant. Résultats? Ils sont nombreux à lui avoir rendu visite pendant l'enregistrement de Si l'aurore, son nouveau disque en magasin mardi.

La chanteuse le confirme d'emblée : elle est fidèle à son monde. «J'ai quand même osé casser ça un peu sur cet album, nuance-t-elle. Ç'a changé la couleur d'amener du nouveau monde. Mais d'un autre côté, je n'ai pas voulu non plus tirer la plogue pour rien.» 

Parmi les nouveaux joueurs, on remarque notamment le batteur Samuel Joly, le guitariste Joe Grass ou le saxophoniste Yannick Rieu. Ils sont rejoints çà et là par des camarades de scène (Nicolas Basque, José Major, Guillaume Doiron) et des complices des premières heures comme Robbie Kuster, Olivier Langevin et Louis-Jean Cormier, qui a notamment coréalisé son premier album. «Il a fait des voix parce que ça ne me tentait pas qu'il ne soit plus là, confie-t-elle. Il a fait un petit quelque chose sur chaque album, donc il est revenu.»

Principal compositeur des nouvelles pièces (et conjoint de la chanteuse), François Lafontaine a retrouvé le fauteuil du réalisateur sur Si l'aurore. Il avoue que l'organisation des sessions d'enregistrement a constitué un certain casse-tête. Mais il ne regrette pas une minute du processus. 

«C'était fantastique, c'était une belle famille, évoque-t-il. C'est ça le plus important. Si tu veux dire de quoi, le principal est d'avoir une famille de musique. Il y a tellement de gens qui sont venus jouer sur l'album. Mais ils ont tous été choisis expressément pour ce qu'ils pouvaient apporter à une chanson. C'était vraiment comme un casting

Le couple a un peu perdu le fil du nombre de personnes qui les ont rejoints en studio. «C'était une espèce d'open house. Beaucoup de gens sont venus pour prendre un verre de vin et écouter où on en était», explique François Lafontaine. «Pour nous autres, c'est pas mal en studio que le plus beau se passe, renchérit Marie-Pierre Arthur. Les tounes existent avant, mais ce n'est pas fermé. Elles s'inventent beaucoup en studio. Quand ça se met à exister pour vrai à la fin de la journée, c'est vraiment le fun

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