CRITIQUE

Tabula Rasa: la musique à voyager dans le temps

Bien soudé sous la direction du chef Mathieu... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Bien soudé sous la direction du chef Mathieu Lussier (photo), l'orchestre a établi avec la soliste Marjorie Tremblay un vrai dialogue.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) C'est fascinant comment la musique d'Arvo Pärt arrive à envoûter un auditoire. On a pu le constater jeudi alors que les Violons du Roy avaient inscrit au programme Tabula Rasa, l'une des oeuvres les plus marquantes du compositeur estonien.

C'est fascinant parce que Tabula Rasa, au fond, est construite à partir de trois fois rien. À peine ce qu'il faut pour soutenir un mouvement organisé. Or, au fil des mesures, ce mouvement finit par donner l'illusion de transcender le temps lui-même. Son pouvoir hypnotique embrouille les sens. C'est comme si on accédait à une nouvelle dimension où les secondes qui passent ne seraient plus des secondes, mais des jours, voire des années. Au final, on obtient une sorte de cycle perpétuel, et peut-être également une jolie métaphore de l'éternité.  

L'effet est encore plus réussi lorsque l'on tamise l'éclairage, comme jeudi, à la salle Raoul-Jobin. Le piano préparé, confié à Catherine Perrin, faisait planer sur la salle une ombre fantasmagorique. Tout un contraste avec le Bach présenté en première partie du concert.

Marjorie Tremblay s'est lancée dans la conquête du Concerto pour hautbois d'amour en la majeur avec une facilité qui semblait irréelle. Rien de plus séduisant que la beauté mystérieuse de son jeu dans le mouvement lent. L'orchestre, bien soudé sous la direction du chef Mathieu Lussier, a établi avec la soliste un vrai dialogue. Les échanges ont semblé gagner en profondeur, en netteté et en équilibre dans l'Allegro final. 

Le Concerto pour deux violons en ré mineur est beaucoup joué. Il fait partie du répertoire des Violons du Roy depuis les toutes premières années de l'orchestre. L'exécution entendue en ouverture de programme, très correcte, et d'une belle légèreté par moments, manquait toutefois de relief. La prestation un peu trop polie des interprètes n'est pas de celles qu'on pourrait qualifier de mémorables. Au Largo, je n'ai pas senti de réelle communion entre les solistes Maud Langlois et Michelle Seto. 

LES VIOLONS DU ROY. Bach au XXIe siècle. Direction : Mathieu Lussier, chef d'orchestre. Soliste : Maud Langlois, Michelle Seto, Noëlla Bouchard et Pascale Gagnon, violon; Marjorie Tremblay, hautbois d'amour; Catherine Perrin, piano préparé. J.S. Bach : Concerto pour deux violons en ré mineur, BWV1043; Concerto pour hautbois d'amour en la majeur, BWV1055. A. Pärt : Tabula Rasa, concerto pour deux violons, piano préparé et cordes. Jeudi à la salle Raoul-Jobin.

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