CRITIQUE

Les Violons du Roy: au temps chaud du tango

Le Responso de Troilo a permis à Denis... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le Responso de Troilo a permis à Denis Plante d'exploiter le registre très étendu de son bandonéon tout en révélant ses belles qualités expressives.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le tango va bien aux Violons du Roy. On a pu le constater une nouvelle fois, hier soir, dans l'intimité feutrée de la petite salle D'Youville du Palais Montcalm, en compagnie des violonistes Pascale Gagnon et Michelle Seto, de l'altiste Annie Morrier, du violoncelliste Benoit Loiselle et de leur invité, le bandonéoniste Denis Plante.

Il y en avait pour tous les goûts dans ce programme de la série Apéro intitulé avec à propos Escale à Buenos Aires. Le tango, mieux que tout autre genre peut-être, a le pouvoir de faire voyager. Pour créer l'illusion de l'été et d'une certaine douceur de vivre, quelques mesures suffisent. L'effet est quasi instantané. Adieu cruel hiver, pieds gelés et lèvres gercées. Nous voici envolés pour une petite heure de répit bien mérité.

Outre leur charme et leur pouvoir évocateur, plusieurs des oeuvres inscrites au menu venaient raconter, chacune à sa manière, un chapitre de l'histoire du tango.

Cordes et bandonéon ont d'abord fondu leur timbre respectif dans un sensuel Oblivion de Piazzolla. Puis, pour rappeler les origines allemandes du bandonéon - l'instrument était destiné à l'origine à remplacer l'orgue lors des cérémonies religieuses en plein air -, on a exécuté un extrait d'une cantate de J.S. Bach. 

Le Responso de Troilo a permis à Denis Plante d'exploiter le registre très étendu de l'instrument tout en révélant ses belles qualités expressives.

Les cordes se sont lancées ensuite dans une exécution du premier mouvement du Quatuor no 1 de Ginastera. Une interprétation résolue, ferme de la première à la dernière note. 

Soirées d'été

Dans Apache, la troisième pièce de la suite Noche de tango de Denis Plante, on a senti monter du premier violon le charme langoureux d'un chant un peu irréel, assez pour se mettre à rêver des plus belles soirées d'été.

Entre autres morceaux savoureux, il y a eu A fuego lento, un tango corsé et spirituel, imagé et très habilement conçu par Horacio Salgán, sans oublier Los Maraedos, un duo d'inspiration populaire pour violon et bandonéon qui a décidément tout pour plaire.

Pour bien boucler la boucle, les musiciens ont conclu avec un Libertango de Piazzolla vif et irrépressible comme le vent.

Les Violons du Roy. Série Apéro. «Escale à Buenos Aires». Jeudi soir à la salle D'Youville du Palais Montcalm.

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