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Ballet BC: menu découverte

Ballet BC. Walking Man, du Ballet BC... (Photo: Michael Slobodian)

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Ballet BC. Walking Man, du Ballet BC

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<p>Isabelle Houde</p>
Isabelle Houde

CRITIQUE

Le Soleil

(Québec) Il y avait longtemps que le Ballet BC n'avait pas fait le voyage d'un océan à l'autre pour venir présenter ses créations à Québec. Pas étonnant que la compagnie vancouvéroise ait décidé de présenter un programme triple qui avait les allures d'un riche menu découverte, où chacun avait le loisir de piger ce qu'il préfère dans le buffet.

Deux des trois chorégraphies ont été spécialement créées pour le Ballet BC. C'est donc dire qu'on a eu un bon aperçu hier de l'ADN de la troupe, avec des propositions aux antipodes l'une de l'autre, mais qui distillaient toutes, à leur façon, une certaine théâtralité assumée.

A.U.R.A, signée par l'Italien Jacopo Godani, nous a été servie en guise d'entrée. Sur les airs électroniques du duo allemand 48nord, pénétrant mélange de cordes apocalyptiques et de pianos satellites, les danseurs se sont élancés dans un rituel tribal post-industriel. Simplement vêtus de justaucorps couleur chair, découpés de lignes noires comme des traits de scalpels, les interprètes laissaient saillir leurs muscles dans des enchaînements à la fois désarticulés et organiques, pendant que des jeux de lumières au néon ponctuaient la partition. Une mise en bouche forte et enivrante.

Dans Walking Mad, de Johan Inger, c'est avec beaucoup de ludisme qu'on a repris la cadence, sur l'air connu du Boléro de Ravel. Dans des impers, chapeaux melon et robes légères, les hommes se sont livrés à un chassé-croisé avec les femmes, sur fond de relations amoureuses qui papillonnent. Au coeur de cette poursuite parfois sexuelle, et très certainement sexuée, une grande palissade mobile en bois, truffée de portes et de surprises.

En guise de dessert, c'est la proposition la plus déroutante du lot, Petite cérémonie, du Français Medhi Walerski, qui nous a été offerte. Alors que le rideau s'est levé, des techniciens s'affairaient encore sur scène. Quand un danseur s'est enfin présenté, en veston cravate, c'était pour se balancer d'un pied à l'autre, en silence. Les autres ont alors surgi des coulisses et de la salle, et se joignant peu à peu à ce rythme banal. La chorégraphie s'est complexifiée, mais toujours dans une certaine froideur mêlée d'élégance. Des couples se formaient et se déformaient, le groupe s'assemblait pour essayer de s'accorder. Puis, tous se sont assis sagement sur des blocs blancs disposés de part et d'autre. Un danseur a alors pris la parole, pour expliquer, tout en jonglant, la différence entre le cerveau des hommes, fait de petites cases séparées, et celui des femmes, fait de fils entremêlés. L'intervention allait donner le ton à la suite, illustration de la difficile cohabitation entre le masculin et le féminin, sur fond de Mozart, Pucini et Vivaldi. Une oeuvre qui a pris son envol lentement, mais qui a fini dans un grand éclat!

L'ensemble du programme était éclectique, certes, mais constitue une carte de visite vraiment intéressante pour la compagnie de ballet contemporain canadienne. Un bémol, par contre, sur la double entracte, qui a mené à 30 minutes de pause pour 90 minutes de prestation. Ces pauses étaient sûrement nécessaires pour les danseurs et les changements de décor, mais pour le spectateur, c'était un peu long.

Le programme triple du Ballet BC était présenté mardi, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

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