CRITIQUE

Sylvain Larocque: rire différemment

Sylvain Larocque est à son meilleur lorsqu'il s'aventure... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Sylvain Larocque est à son meilleur lorsqu'il s'aventure en terrain plus personnel et son numéro sur l'intimidation en offre un bon exemple.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Il a beau prôner le pessimisme, Sylvain Larocque a des attentes pour le public qui vient voir son nouveau spectacle : qu'il sache voir le bon gars derrière l'image et qu'il ait envie de rire différemment. Au terme de la grande première de Dans le blanc des yeux, on peut conclure que l'humoriste ne mérite pas moins que ça.

La plume bien aiguisée et sans rechercher à tout coup le rire gras, Sylvain Larocque montre à plusieurs moments dans ce nouveau spectacle pourquoi ses qualités de scripteur sont populaires et ont été récompensées. Il livre un texte touffu qui, s'il ne se démarque pas toujours par l'originalité de ses thèmes, offre un éclairage qui lui est propre.

Le comique n'a pas peur de s'imposer des exercices de style, un art qu'il maîtrise plutôt bien. Il emprunte ici aux fables de La Fontaine, là à Cyrano de Bergerac. Quand il s'attaque aux mathématiques, c'est pour livrer ses opinions sur la vie. Et lorsqu'il imagine l'existence humaine réduite à 24 heures, c'est pour mieux puncher avec un point de vue sur l'euthanasie.

Au fil du spectacle, Larocque aborde plusieurs enjeux sociaux : le racisme, le bilinguisme, le manque de fierté québécoise. Mais il braque aussi longuement les projecteurs sur lui-même. L'humoriste n'est pas de ceux qui se ménagent. Tout son numéro d'ouverture pivote d'ailleurs autour de sa gueule patibulaire.

Il est à son meilleur lorsqu'il s'aventure en terrain plus personnel et son numéro sur l'intimidation en offre un bon exemple : truffé de références temporelles et de réparties à retardement (ne rêvons-nous tous pas de répondre avec tact à ceux qui nous ont blessés?), ce monologue démontre comment les mécanismes du harcèlement peuvent fonctionner à deux vitesses... et comment malgré les meilleures intentions, la solution ne se trouve pas toujours dans le pardon.

À l'inverse, on se serait passé du segment consacré aux blagues qui avaient semble-t-il été rejetées par ses collaborateurs à l'écriture : sans doute aurait-il dû écouter son équipe et les laisser dans le bac bleu.

Sylvain Larocque présentera Dans le blanc des yeux en supplémentaire le 25 février 2016 à la salle Albert-Rousseau.

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