Scandale à Québec: Labeaume se souvient de Bérurier noir

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Bérurier Noir en spectacle sur les Plaines  le 11 juillet 2004

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(Québec) Depuis son suicide artistique de 1989, Bérurier Noir sort très rarement de sa tanière. Au nombre des exceptions : son passage triomphal sur les plaines d'Abraham le 11 juillet 2004, qui n'a laissé personne indifférent.

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Ce soir-là, un orage a déferlé sur les Plaines et transformé le sol en vase.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Le Festival d'été de Québec (FEQ) avait marqué un grand coup en mettant la main sur la troupe de François, Loran, Masto et Cie. Régis Labeaume, qui était alors président du Festival, se souvient très bien du passage du collectif français. «Ils étaient arrivés une semaine d'avance et avaient loué une maison à Sainte-Anne-de-Beaupré. Ils étaient plusieurs et comme il y avait une petite scène pas loin, ils répétaient là.»

Le FEQ a cependant découvert qu'il y avait un prix à la réunion des Bérus, fort différent de celui associé aux grosses vedettes habituelles. En effet, avant même de monter sur les planches, le collectif punk a imposé sa loi et ses idées: pas question d'être lié à quelque commanditaire que ce soit. Il a donc fallu enlever et voiler toutes les bannières publicitaires, y compris celle de Bell, présentateur de la grande scène des Plaines.

«Ça nous avait compliqué la vie, car c'était arrivé à la dernière minute. [...] J'avais dit : "Dites aux commanditaires d'accepter la situation, et on dira publiquement qu'ils ont été très collaborateurs, en les nommant." On leur avait vendu l'idée que c'était très bon pour eux autres de cacher leur logo. C'était un peu tordu!»

Puis, le grand jour est venu. Durant la journée, on n'avait jamais vu autant de punks au kilomètre carré à Québec. À croire que les habitants de la ville étaient tous habillés de noir et de kaki, arborant des mohawks ou des piercings...

Plaines transfigurées

Les Plaines aussi étaient transfigurées. Non seulement les commanditaires avaient disparu, mais, à titre préventif, le FEQ avait décidé de remiser une bonne part de son équipement, dont les machines distributrices et la tente des produits dérivés. Le bistro SAQ avait été fermé, les clôtures avaient quasiment doublé de hauteur. Autour de la régie, trois périmètres de sécurité avaient été installés. «On était avec la police, les Bérus, l'avocat des Bérus et un de leur gars qui s'occupait de la sécurité, raconte Régis Labeaume. On avait fait le tour du site. Ils étaient conscients de ce que pouvait provoquer Béru et ils avaient tous les antidotes pour ça. [...] C'était vraiment des gars brillants : ils faisaient la sécurité essentielle pour nous sécuriser et s'assuraient que leurs fans puissent s'éclater.»

On s'explique mal, cependant, pourquoi on avait décidé de laisser la tente V.I.P. ouverte, avec ses invités et son généreux buffet. Quand un orage a déferlé sur les Plaines et transformé le sol en vase, les punks, les pieds dans la boue, ont eu tôt fait de remarquer cette fameuse tente synonyme de bourgeoisie. Une des formations en première partie a d'ailleurs incité le public à s'indigner, si bien que de belles boulettes de boue ont été lancées dessus! Certaines ont atterri sur du linge chic, d'autres dans les assiettes des invités... 

«Le chanteur de Béru était venu et avait dit : "C'est assez, arrêtez", se rappelle M. Labeaume. [...] Et tout le monde l'a écouté au doigt et à l'oeil, c'était extraordinaire.»

Le grand cirque que les Bérus ont présenté avec leur collectif, ainsi que les interprétations des Vivre libre ou mourir, Soleil noir et, bien sûr, Salut à toi ont été mémorables. Le cirque qui a entouré l'événement, sur le terrain, aussi. Car si l'équipe du Festival a eu droit à un concert des plus mouvementés du côté de l'assistance, il n'y a pas eu les débordements ou les incidents malheureux redoutés. Et, au grand soulagement de Régis Labeaume, la brigade antiémeute, qui était postée au Manège militaire, n'a pas eu à sortir en cachette. «C'était ma hantise. J'avais peur que la police soit un petit peu trop sensible et que ça fasse un gâchis au lieu de régler un problème. Aujourd'hui, j'ai totalement confiance, mais ça m'inquiétait...»

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