Sylvain Larocque: ode au pessimisme

Convaincu du «pouvoir de la pensée négative», Sylvain... (Le soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Convaincu du «pouvoir de la pensée négative», Sylvain Larocque en a fait un numéro dans son nouveau spectacle.

Le soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Voir la vie avec des lunettes roses, très peu pour Sylvain Larocque. À l'entendre, il carbure plutôt au contraire. Dans ce climat d'austérité et de morosité, quand les nouvelles n'ont rien pour rassurer sur la nature humaine, l'humoriste prône le pessimisme comme le secret du bonheur.

«Il faut toujours s'attendre au pire, lance-t-il. Les optimistes sont constamment déçus alors que les pessimistes n'ont que de belles surprises. Pour moi, être pessimiste, c'est une façon d'être heureux. Ce n'est pas un point de vue populaire, mais je le répands.» 

Convaincu du «pouvoir de la pensée négative», Sylvain Larocque en a fait un numéro dans son nouveau spectacle, dont la première à Québec sera présentée à la salle Albert-Rousseau le 28 janvier. Une opinion qu'il dit cultiver depuis toujours, mais qui s'est «cristallisée» dans les deux dernières années. 

«Quand j'ai sorti mon dernier show, j'étais sur le point de me marier, j'avais ma maison en banlieue et mes deux golden retrievers, énumère le quarantenaire. En ce moment, je suis divorcé, je suis retourné à Montréal et ma mère est décédée. Tout ça s'est passé en deux ans. Mais je suis heureux! C'est le pouvoir de la pensée négative...»

Mécanisme de défense

Partant de la prémisse voulant que «les gens heureux n'ont pas d'histoire», Sylvain Larocque dit avoir appris de sa mère à transformer les épreuves de la vie en blagues. Petit, il a appliqué ce mécanisme de défense dans la cour d'école, alors que son handicap visuel (causé à sa naissance par une erreur médicale) faisait de lui la cible d'intimidation. 

S'il s'inspire directement de ces épisodes dans son nouveau spectacle, il applique généralement les leçons maternelles à sa carrière. C'est ce qui l'a poussé à intituler son précédent spectacle Vu d'même et celui-ci Dans le blanc des yeux. «C'est devenu ma marque de commerce», confirme-t-il. C'est aussi ce qui l'a entraîné à répondre du tac au tac au photographe du Soleil, qui lui rappelait un beau cliché qu'il avait fait de lui il y a quelques années. «Ah ouain, t'as réussi à faire une belle photo avec moi dedans?» a-t-il blagué, l'air un peu perplexe.  

«C'est par l'humour que j'ai réussi à me faire des amis à l'école», explique-t-il plus tard. «Ç'a carrément changé ma vie. J'ai un numéro là-dessus qui est très porteur, très personnel. Le show est très personnel, en fait, comparé à tout ce que j'ai fait avant. Je parle plus de moi, de ce gars dans la quarantaine qui vit une transition.»

Dans les deux langues

Auteur respecté - la liste des humoristes connus à qui il a prêté sa plume est presque longue comme le bras -, Sylvain Larocque fait carrière dans les deux langues officielles. Alors que son dernier spectacle lui avait valu les trophées d'auteur et de spectacle de l'année au gala Les Olivier, le comique a souhaité rebrasser les cartes. De là le ton «moins intello», plus personnel et plus social qu'il annonce pour la suite des choses, élaborée avec la complicité de Laurent Paquin aux textes et de Stéphane E. Roy à la mise en scène.  

«Je ne voulais pas faire le même genre de show, je voulais me réinventer. Je ne voulais pas faire un Nickelback de moi-même et de faire la même chose pendant 20 ans, illustre-t-il. Se réinventer, c'est risqué, mais je l'essaie. Si on compare ça à la musique, avant je faisais du classique, là je fais du jazz.»

***

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Sylvain Larocque
  • Quand : 28 janvier à 20h
  • : salle Albert-Rousseau
  • Billets : 37,25 $
  • Info : 418 659-6710

Du théâtre qui décoiffe

Avec la pièce Mars et Vénus, Sylvain Larocque et Stéphane E. Roy s'étaient attaqués au thème des relations de couple. Voilà que le duo s'apprête à récidiver avec un nouveau spectacle interactif, qui explore cette fois le terrain de l'amitié masculine.

Et ils n'ont apparemment pas mis de gants blancs. «Les filles se demandent depuis des années ce qu'on se dit entre nous... Elles vont le savoir! promet-il. On l'a lu à ma gérante et à des comédiennes qu'on connaît. Elles ont été scandalisées.»

Le duo d'auteurs hésite actuellement entre deux titres: «Voie d'extinction» ou «Terre des hommes». Des lectures seront organisées avant longtemps pour amener le projet vers la prochaine étape.

 

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