Stéphane Rousseau à Paris: «C'est traumatisant»

Stéphane Rousseau s'est demandé s'il devait annuler son... (Photo Éric Myre, fournie par Juste pour rire)

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Stéphane Rousseau s'est demandé s'il devait annuler son spectacle. Il a finalement décidé d'aller de l'avant et d'en parler d'entrée de jeu afin de ne pas traîner ce malaise tout au long de la soirée.

Photo Éric Myre, fournie par Juste pour rire

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(Québec) Essayer de faire rire un public en plein drame, Stéphane Rousseau connaît. Mais il ne s'y habitue pas. Pour l'humoriste québécois en résidence à Paris, l'histoire s'est répétée mercredi, alors qu'il était attendu sur les planches quelques heures après les attentats meurtriers au journal satirique Charlie Hebdo.

Le Soleil a joint le populaire humoriste québécois, mercredi, à une heure de son entrée en scène au Théâtre du Palais-Royal de Paris, où il présente jusqu'au 10 janvier son nouveau spectacle. Depuis qu'il avait appris la nouvelle de la tuerie survenue dans les bureaux de Charlie Hebdo, le comique s'affairait à préparer ce qu'il allait dire le soir même à son public, qui serait vraisemblablement sous le choc.

«Je me suis demandé si j'annulais le spectacle», a-t-il avoué, la voix un peu éteinte. «Mais c'est compliqué d'annuler à la dernière minute, a-t-il ajouté. Il y a toujours la moitié des gens qui se rendent quand même. Je me suis dit: "bon, on va y aller". C'est sûr qu'il faut briser la glace en en parlant au début pour ne pas garder ce malaise-là tout le long.»

Le comique a malgré lui développé une certaine expérience en la matière, lui qui a dû enfiler son chapeau de comique pendant plusieurs drames humains. «Ce n'est pas la première fois que je me retrouve à jouer dans des conditions pareilles, confirme-t-il. Ça me suit... J'ai joué à Toulouse [en 2012] quand il y a eu l'attentat contre des enfants, j'ai joué pendant les émeutes dans les banlieues, j'ai joué le 11 septembre 2001. Là, d'être aussi près en plus, c'est vraiment troublant. Au nom de l'humour, pour moi qui fais ce métier-là, c'est traumatisant.»

Au bout du fil, Rousseau s'est dit inquiet pour la liberté d'expression. «Mais c'est aussi toute la liberté qui est touchée», a-t-il précisé, traçant vite une nuance entre le type d'humour plus personnel qu'il véhicule et la satire pratiquée par les artisans de Charlie Hebdo.

«Moi, je parle toujours de moi, note-t-il. Le pire qui peut m'arriver, c'est que je vais m'en vouloir. Je ne me mets pas vraiment à risque par mes propos. Ces gars-là, ils osent, ils vont loin. Et ils ont le droit d'aller loin. Ce n'est pas l'humoriste en moi qui est troublé par cette situation, c'est l'homme. Dans quel monde on vit? Je passe la moitié de mon temps en France. C'est angoissant quand ça se passe tout juste à côté.»

Quant aux répercussions qui vont suivre cette attaque sur l'humour, Stéphane Rousseau espère qu'elles prendront la forme d'une mobilisation. «Je pense que ça va peut-être motiver les troupes à aller plus loin, observe-t-il. Je ne sais pas trop, mais je pense que tout le monde va avoir envie de brandir son crayon bien haut et bien fort parce que c'est vraiment très, très grave, ce qui vient de se passer.»

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