Le chanteur Joe Cocker est mort à 70 ans

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La Presse Canadienne
Londres

L'immense majorité de ses fans de la première époque ont connu Joe Cocker grâce à Woodstock. Qui ne se souvient pas de son chandail tie-dye, de son faciès tout en grimaces et de cette manière qu'il avait de bouger comme s'il avait perdu la maîtrise de ses membres?

Le chanteur britannique est mort hier à l'âge de 70 ans, d'un cancer du poumon au Colorado, où il vivait depuis une vingtaine d'années. Joe Cocker, c'était une voix graveleuse à souhait dont on aurait vite pu se lasser si l'interprète en lui n'avait pas eu le flair et l'audace de reprendre des chansons pourtant déjà très connues et de les faire véritablement siennes. Après les Beatles, la règle d'or du rock des années 60 voulait qu'on écrive ses propres chansons. Cocker, lui, a fait fi de cette tendance et poussé l'insolence jusqu'à se mettre en bouche des chansons des Beatles eux-mêmes!

Consécration

À Woodstock, en 1969, c'est With a Little Help from My Friends qui l'a consacré. Sa version, torride comme un cri du coeur, n'était pas un calque de celle que chantait avec bonhomie Ringo sur Sgt. Pepper's elle transcendait l'originale, devenue tout à coup quasiment pépère. Sur cette lancée, Cocker a réinventé She Came in Through the Bathroom Window  avec la bénédiction des Beatles, mais aussi  The Letter, des Box Tops, que le chanteur de Sheffield a américanisée en lui insufflant une forte dose de soul et de rythm and blues. Aujourd'hui encore, on associe plutôt Feelin' Alright à Cocker qu'à Traffic, dont la mouture originale était un peu pâle en comparaison de sa version. C'est d'ailleurs Steve Winwood, l'âme de Traffic, qui jouait de l'orgue sur With a Little Help from My Friends avec, à ses côtés, un guitariste du nom de Jimmy Page.

Il y avait en effet dans ces relectures étonnantes la marque d'un chanteur qui savait bien s'entourer. La tribu des Mad Dogs and Englishmen qu'il a emmenée en tournée a fait époque. L'an dernier encore, le très doué guitariste américain Derek Trucks, qui voyageait avec sa femme, Susan Tedeschi, et neuf musiciens, a dit : «On a toujours voulu former un gros band, comme les Mad Dogs and Englishmen de Joe Cocker.»

Grosses pointures

Parmi ces musiciens, il y avait des pointures comme le saxophoniste Bobby Keys, mort récemment, le claviériste Chris Stainton et, bien sûr, Leon Russell, qui a donné au jeune Cocker l'une des meilleures chansons de son répertoire : Delta Lady. Le même Chris Stainton a d'ailleurs pondu avec Cocker deux de ses bonnes chansons des années 70 : High Time We Went et la très funky Woman to Woman.

Après cette période très fructueuse, quelques succès ont permis à Cocker de ne pas sombrer dans l'oubli : You Are So Beautiful, de Billy Preston, sa version olé-olé de You Can Leave Your Hat On, de Randy Newman, et la romantique Up Where We Belong, chantée en duo avec Jennifer Warnes pour les besoins du film An Officer and a Gentleman. Mais l'homme était usé par les abus de toutes sortes qui ont nourri sa légende, et l'artiste en lui était nettement moins inspiré.

Quand on l'a vu au Festival de jazz de Montréal en 2009, Joe Cocker n'avait plus la voix qui lui permettait jadis d'étirer la note finale de You Are So Beautiful. Mais il avait encore du métier et savait comment plaire à un public qui ne crache pas sur la nostalgie quand elle est bien apprêtée. Ce soir-là, on s'est rendu compte que Cocker savait encore donner une toute nouvelle personnalité aux chansons des autres quand il a fait sienne Come Together des Beatles, qu'il avait enregistrée pour le film Across the Universe deux ans auparavant. Et, pour la dernière fois, le public montréalais a applaudi chaudement l'un de ceux qui ont le plus contribué à redonner à l'interprète ses titres de noblesse.

Le souffle coupé

Paul McCartney se souvient d'avoir eu le souffle coupé en entendant la version de Cocker pour la première fois. Pour lui, la chanson qu'il avait composée avec John Lennon est devenue un hymne soul. «Je lui en serai toujours reconnaissant, a déclaré l'ancien Beatle. C'était un bon pote. J'ai été très attristé d'apprendre sa maladie. Aujourd'hui, je suis très malheureux d'apprendre son décès.»

Ses fans se souviendront aussi de son intensité lorsqu'il montait sur une scène, de ses bras balançant, de ses contorsions, de son visage grimaçant. Il était si caractéristique qu'il a fait le bonheur des imitateurs, à l'exemple du défunt comédien John Belushi. Les deux s'étaient réunis le temps d'un duo pour la populaire émission Saturday Night Live en 1976.

Bien des années plus tard, Joe Cocker avait dit à une journaliste d'Associated Press qu'il jouait du piano et de la guitare dans sa tête lorsqu'il se retrouvait devant un micro. «C'est si frustrant de ne pas être capable de vraiment jouer [d'un instrument].»

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