Gala de l'opéra: étincelant feu roulant

Marie-Josée Lord a interprété a capella Ain't Got... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Marie-Josée Lord a interprété a capella Ain't Got Time to Die, une vibrante pièce gospel.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Au Gala de l'opéra, c'est comme si toute une panoplie de personnages du répertoire lyrique surgissait sur scène, mariant les couleurs et les émotions pour créer une gigantesque fresque. Même si certains éléments brillent plus fort que d'autres, c'est l'aspect étincelant de l'ensemble qui marque d'abord les esprits.

Le directeur général et artistique Grégoire Legendre a misé sur les forces de la copieuse sélection qu'il a regroupée pour cette édition. Douze solistes se sont succédé, tant et si bien que, hormis pour l'ouverture, le choeur de l'Opéra de Québec est resté coi pendant toute la première partie. Ironiquement, la seule pièce qu'il a chantée seul est le Choeur à bouches fermées de Madama Butterfly...

On le gardait visiblement pour la finale, où il a retenti coup sur coup avec Ain't Got Time to Die, une vibrante pièce gospel a capella avec Marie-Josée Lord où le chef Daniel Lipton a gracieusement cédé sa place au pupitre au chef de choeur Réal Toupin, puis pour les refrains de Minuit, chrétiens. Lyne Fortin, entourée de tous les solistes qui ressemblaient, bien alignés et cartables en main, aux choristes qui passent de porte en porte dans les films de Noël. Majestueux tableau final, digne de ce qui avait précédé.

Tous les numéros s'enchaînaient sans heurts, puisqu'on a délaissé la convention qui veut que le chef aille chercher et reconduire chacun des solistes et qui aurait diablement alourdi la chose.

Le programme, bien équilibré entre les airs plus vifs et les pièces plus sombres, était principalement composé de compositions italiennes, avec un accent sur Puccini.

Lyne Fortin, drapée de gris argenté, brillait à chacune de ses apparitions et servait l'émotion avec une économie de gestes et un visage ouvert et inspiré. Karine Boucher marche dans ses traces. Lauren Margison, qui vogue du lyrisme à la pop selon les projets, a joliment chanté I Dreamed a Dream de la comédie musicale Les misérables. Stéphanie Pothier, seule mezzo-soprano du panel, a servi des airs de Carmen, du Barbier de Séville et de Rigoletto avec une théâtralité (certains diraient trop) appuyée.

Le baryton Jean-François Lapointe s'est particulièrement démarqué en Figaro, qu'il vient justement de jouer à l'Opéra Comique à Paris. Même sans connaître un traître mot d'italien, on comprenait tout son discours tant il était précis et expressif. Ces messieurs avec leur voix forte et riche et une assurance tranquille s'en sont également très bien tirés. Belle soirée pour les amateurs d'opéra.

Le Gala de l'opéra était présenté jeudi soir au Grand Théâtre de Québec.

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