La musique intérieure des frères Cormier

Le violoniste Benoît Cormier de l'OSQ, jouera au... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le violoniste Benoît Cormier de l'OSQ, jouera au Grand Théâtre en compagnie de son frère Louis-Jean Cormier (photo en bas).

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La semaine prochaine, Louis-Jean Cormier (LJ) fera ses débuts symphoniques à Québec au côté de son grand frère Benoît (BC), violoniste dans l'orchestre. Nous avons demandé aux deux musiciens de nous parler de leur enfance, de leur famille, de leurs Noëls et de ce spectacle qui sera le point de rencontre leurs univers musicaux.

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Photothèque Le Soleil

Ils se sont prêtés au jeu de répondre, séparément, aux mêmes questions. En réunissant leurs réponses, on les sent complices, passionnés, critiques, aussi, et forts de leurs différences et de leurs préférences.

Tous deux ont grandi en fréquentant l'école de musique de Sept-Îles et passé leurs étés au Festival en chanson de Petite-Vallée, où ils ont pu côtoyer les Jim Corcoran, Michel Rivard, Gilles Vigneault, Richard Séguin et autres artistes rapaillés. C'est dans ce village que, comme à chaque année, la parenté se réunira pour passer des fêtes. Mais juste avant, tous leurs proches se donnent rendez-vous dans la capitale pour le spectacle Des fleurs dans les canons.

Q On imagine facilement que vous avez grandi dans une maison remplie de musique. Est-ce le cas?

BC Oui! Le chant choral occupait une grande place dans la vie de nos parents, notre père était chef de choeur et a joué de la clarinette. Mais ce qui nous a vraiment influencés, je crois, ce sont les étés à Petite-Vallée, où ma mère est née.

LJ C'était rempli de musique, celle qu'on faisait et celle qu'on écoutait, avec beaucoup de chansons d'expression francophone. Nos parents étaient très impliqués socioculturellement à Sept-Îles, et on allait voir tous les spectacles à l'affiche.

Q Comment étiez-vous, enfants?

BC À l'école, quand on a deux ans de différence, c'est énorme. On ne se tenait pas dans les mêmes gangs. C'est surtout après le secondaire qu'on s'est mis à connecter plus. On collaborait musicalement, dans différents groupes ou différents festivals plus locaux, où je prenais plaisir à faire le violoniste plus pop.

LJ J'avais un pied dans le hockey mineur et un pied à l'école de musique. On avait, et on a toujours, une facilité désarmante à tomber dans la lune, et beaucoup de vocabulaire. Mon père est très scolarisé et aime partager ce qu'il connaît. J'ai un peu le feeling qu'on a grandi avec Bernard Derome.

Q Vous avez pris des chemins musicaux différents,

Benoît en musique classique et Louis-Jean comme auteur-compositeur-interprète.

Pourquoi, selon vous?

BC Je crois que c'est dans notre nature. La tangente classique est arrivée assez tôt dans ma vie. J'étais dans l'orchestre à cordes et dans l'harmonie scolaire, où je jouais du cor français, et on avait des cours d'histoire et de littérature musicale. L'écriture ne m'attirait pas tant que ça. Je me suis alimenté beaucoup en écoutant les disques de mon père. 

LJ À l'adolescence, j'étais plus délinquant que mon frère, j'ai vécu plus le rock, le jazz, le heavy metal et le party. J'avais le désir de m'accomplir autant à travers les mots qu'avec la musique, et la musique classique, pour moi, n'est pas aussi stimulante que la création. Le côté syndiqué de la musique d'orchestre est un côté que je n'aime pas du tout, il y a trop de casiers et pas assez de place pour l'abstrait.

Q Êtes-vous fan de ce que fait l'autre musicalement?

BC Je suis hyper fan, même si je ne le dis pas trop fort. Son univers musical et sa plume me touchent énormément. On échange beaucoup sur la carrière et la vie en général, et on a pas mal d'esprit critique. J'ai vraiment hâte de lui parler de ma tournée en Europe avec les Violons du Roy.

LJ Ce qui me fascine chez Benoît, c'est autant son aisance à rentrer dans le carcan de la musique classique en jouant des choses écrites en pattes de mouche avec une très grande aisance que sa capacité à se fondre dans une chanson pop. Tout marche tout le temps. Il a cette espèce de musicalité intérieure que je ressens aussi en moi.

Q Y a-t-il une certaine rivalité fraternelle entre vous deux?

BC Il n'y a jamais eu de compétition ou de jalousie. Louis-Jean prenait une guitare et ça décollait tout de suite. C'était incroyable ce qu'il arrivait à repiquer, juste à l'oreille. On a essayé la guitare en même temps, mais j'ai lâché tout de suite, il était vraiment trop fort! Même au piano classique, tu l'entendais faire ses gammes et tout à coup il digressait pour se mettre à improviser.

LJ Non, pas du tout, on est vraiment au service de la musique quand on travaille ensemble. Mais j'ai un petit complexe d'infériorité, parce que ça fait longtemps que je ne suis plus capable de déchiffrer une partition de musique comme il le fait.

Q Benoît signe les arrangements de trois chansons au programme (Bull's Eye, La seule question et une nouvelle chanson, Deux saisons trois quarts). Comment avez-vous vécu cette expérience?

BC J'ai accepté un peu naïvement. Même si j'ai un goût pour ça, je ne suis pas un professionnel. Je ne voulais pas être l'arrangeur principal et je suis content d'avoir tenu mon point. Ça nous prenait quelqu'un d'aguerri, et on a choisi Jean-Nicolas Trottier, qui m'avait impressionné pour Catherine Major et Champion. Comme Louis-Jean finalise son prochain disque, j'ai dû travailler avec une version studio très embryonnaire pour Deux saisons trois quarts. J'ai hâte de voir quelle direction il a prise avec son band en studio et de comparer avec ce que j'ai fait en version symphonique. C'est un petit stress aussi de montrer ça à mes collègues de l'orchestre.

LJ La relecture de mes chansons par mon frère, ce n'est pas anodin, ça transcende le fait de faire des arrangements symphoniques. Ça donne une raison de plus à l'affaire. J'ai pu vivre ça quand on a travaillé avec le Camp musical Saint-Alexandre, il avait arrangé deux de mes chansons et j'avais trouvé ça super intéressant, alors j'ai une certaine confiance aveugle envers lui.

Q Vous avez déjà joué

ensemble pour des projets de Louis-Jean, mais qu'est-ce que ça vous fait de jouer

sur le territoire de Benoît?

BC Je présente mon frère à mon monde, ça va marquer un jalon dans ma carrière, je pense. Un orchestre a un son assez luxuriant, une masse sonore. Ça va être touchant de voir nos deux univers se marier de façon égale. C'est toujours moi, à date, qui allait dans le sien.

LJ Je vais voir une partie de mon frère que je ne connais pas, je pense. Son quotidien avec ses collègues de travail. Ça va être tripant !

Q Puisque Noël approche...Est-ce la musique occupe une place importante pendant vos réunions de famille?

BC Il y a beaucoup d'enfants, ça fait une belle gang, et tout le monde fait de la musique. Ça va des chansons de Noël aux dernières compositions de Louis-Jean, et moi je fais des pièces avec ma blonde flûtiste ou avec ma cousine pianiste.

LJ On accompagne les amis, ça remplit la maison de musique et comme on a cette sorte de musique intérieure là dont je parlais tantôt, qui fait qu'on fait de tout et tout est magique et le fun. Ça fait une belle semaine!

***

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi : Louis-Jean Cormier, des fleurs dans les canons
  • Qui : Louis-Jean Cormier, ses musiciens et l'OSQ sous la direction de Stéphane Laforest
  • Quand : jeudi 18 et vendredi 19 décembre, à 20h
  •  : salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre
  • Billets : de 33,10 $ à 76,80 $ (tous vendus)
  • Info : 418 643-8131 (au cas où)

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