Usually Beauty Fails: métaphores amoureuses

La fusion des genres se fait en toute... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La fusion des genres se fait en toute subtilité, au service de chaque idée, belle et complexe ou simple et joyeuse, qui surgit.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Parfois on rencontre quelqu'un et il y a une partie en nous-mêmes qui, très perceptiblement, se déplace. Comme un pincement, un déséquilibre, une envie de tout foutre en l'air. Devant la première pièce de Frédérick Gravel présentée à Québec, mardi, on se sentait un peu comme ça.

Troublé, touché, avalé, sur ses gardes aussi. Hypnotisé par cette musique de Stéphane Boucher et Philippe Brault, qui monte lentement comme un grondement, prend quelques minutes à se déployer en mélodies intelligibles, puis nous happe complètement. Ils sont trois, dont Gravel, à s'activer à l'arrière-plan avec leurs synthétiseurs, guitares, harmonica, trompette et micros. Vivement une bande sonore. Ils le font au cinéma, alors pourquoi pas?

Ce «pourquoi pas?» est d'ailleurs l'un des intérêts de la démarche singulière de Gravel, qui se joue des codes de la danse contemporaine pour emprunter ce qui lui plaît au show rock, à la performance et à la danse-théâtre. Nous sommes toutefois loin du pastiche. La fusion des genres se fait en toute subtilité, au service de chaque idée, belle et complexe ou simple et joyeuse, qui surgit.

Certaines se résument en quelques mots, comme ces corps qui se tordent et se cambrent à outrance sur un catwalk, ces bassins qui s'agitent de plus en plus lubriquement sur un air de musique classique ou un dénuement partiel - devenu trop commun - sur des riffs de guitare bien sentis.

D'autres images doivent prendre le temps de se déposer et de faire leur chemin; les solos et les duos, notamment, construits à coups de portés, de chutes, de maladresses à apprivoiser et à prendre sur soi. Malgré le champagne et la musique, on touche par moments à des zones infiniment tristes, à des échanges qui questionnent notre rapport à la pudeur et au corps, à l'autre et à soi. Les six danseurs s'investissent totalement dans la proposition, avec virtuosité, virilité, force et caractère.

Chaque présentation de Usually Beauty Fails est une nouvelle métaphore amoureuse. Gravel, qui agit à plusieurs moments comme commentateur fébrile à la voix feutrée, voit la rencontre du spectacle et d'un nouveau public comme une première date, avec la part de fébrilité et d'imprévu que cela implique. Quand est-ce qu'on se revoit?

Usually Beauty Fails est de nouveau présenté mercredi soir et jeudi à 20h à la salle Octave-Crémaziedu Grand Théâtre.

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