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Le soliste israélien Inon Barnatan s'est laissé porter... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le soliste israélien Inon Barnatan s'est laissé porter par la musique avec une joie communicative.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'Orchestre symphonique de Québec nous a entraînés dans une surprenante épopée mercredi soir au Grand Théâtre. Du Concerto roumain de Ligeti à la Symphonie «écossaise» de Mendelssohn, en passant par la contrée beethovénienne, nos pensées ne pouvaient s'empêcher de galoper, guidées de main de maître par le chef bostonien Hugh Wolff.

Charmante présence que ce petit chef énergique, au profil plein de caractère et aux gestes inventifs et précis. Au pupitre, il semblait exécuter une danse inconnue et tonique à laquelle répondaient avec enthousiasme les musiciens.

Lorsque le soliste israélien Inon Barnatan - noeud papillon, cheveux soigneusement plaqués et souliers vernis - est entré en scène pour le Concerto pour piano no 4 de Beethoven, un autre interlocuteur particulièrement agile venait relancer la discussion. Le pianiste se laissait porter par la musique avec une joie communicative, même dans les moments où il ne jouait pas.

L'orchestre brodait les notes en un discours tantôt ravissant et tantôt intransigeant, auxquelles répondait le pianiste par d'habiles soliloques. Il y avait à la fois quelque chose de gamin et d'échevelé dans cet échange, qui n'a pas la même grisante et inquiétante folie que le Concerto no 2 entendu plus tôt cette saison chez les Violons du Roy, mais a tout de même beaucoup de caractère.

Le concerto «pour orchestre», puisque les instruments semblent tous plus ou moins se répondre, de Ligeti a ouvert le concert sur une note vivifiante et très narrative, avec de grands contrastes. Passant du son le plus minimaliste aux déploiements grandioses, des segments romancés aux passages expressionnistes, la pièce était aussi intéressante qu'imprévisible, jusqu'au claquement final.

La Symphonie no 3 de Mendelssohn, en deuxième partie de concert, relevait davantage du voyage idyllique. On voyait presque défiler les châteaux d'Écosse abandonnés, les étincelants sommets alpins et les processions royales en écoutant la mélodie qui nous donnait envie de glisser dans la rêverie et de nous raconter des histoires.

Le concert était présenté mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre. Aujourd'hui, une version plus courte du programme, sans la Symphonie de Beethoven et dirigée par Andrei Feher, sera présentée à 10h30 au même endroit. Le violoniste Benoît Cormier sera le musicien en vedette à la causerie de 9h30.

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