Un Beu Bye à la Dodo

Lucien Ratio et son équipe planchent depuis six... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Lucien Ratio et son équipe planchent depuis six mois sur la revue de l'année, qui mélangera sketchs, musique et chansons.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Radio-Canada a son traditionnel Bye bye. Montréal a sa populaire Revue et corrigée, au Théâtre du Rideau Vert. Mais la capitale, dans tout ça? «À Québec, on n'avait rien, et je trouvais ça dommage, parce qu'il me semble que s'il y a bien un spectacle qu'on a envie de voir dans le temps des Fêtes, c'est une revue de l'année», lance Lucien Ratio, qui s'est mis en tête avec une bande de jeunes comédiens de servir un premier Beu Bye aux spectateurs de Québec.

Depuis six mois, il planche avec Monika Pilon, Philippe Durocher, Joëlle Bourdon, Nicola Frank-Vachon et Edwige Morin sur un spectacle de variétés qui mélangera sketchs, musique et chansons. Un genre de cabaret où le quatrième mur est joyeusement abattu. «Nous sommes des jeunes qui se réapproprient un vieux format. Ce n'est pas pour rien qu'on le fait à la Bordée, qui était au départ un théâtre de variétés. On voulait revenir à ces racines-là, mais en leur donnant un regard plus jeune, plus contemporain», poursuit Ratio, qui pilote la mise en scène.

Cette essence, c'est celle des vieux Bye bye de Dominique Michel beaucoup plus que celle des nouveaux, très léchés, pilotés par Louis Morissette ces dernières années à Radio-Canada. «Il y a un côté un peu enfantin et artisanal. On n'a pas besoin dans ce spectacle-là d'avoir un gros maquillage élaboré pour incarner Régis Labeaume. Par moments, on est plus dans du clown ou du bouffon. À quelque part, c'est encore plus drôle parce qu'on peut pousser plus loin la caricature. C'est de la caricature qu'on fait, pas de l'imitation», prend-il soin de préciser.

On n'est pas non plus, donc, dans une formule très politique comme celle qu'offrent les Zapartistes depuis de nombreuses années. Évidemment, la politique municipale, provinciale et fédérale sera abordée, mais la bande veut se garder d'adopter un seul point de vue politique. Les libéraux autant que les péquistes ou les conservateurs passeront dans le tordeur. «On veut que tout le monde puisse s'y reconnaître et s'approprier cette tradition qu'on veut créer à Québec», précise le comédien.

Sa troupe et lui ont joué à détourner des formules connues. L'émission 24CH, par exemple, deviendra 24PQ. «Ce sera la course à la chefferie, mais dans la chambre des joueurs du Canadien. C'est amusant de pouvoir utiliser l'enveloppe, mais en changeant les données. C'est là que ça devient drôle», pense-t-il.

Peut-on rire de tout?

Piger dans l'actualité est cependant un exercice délicat. Les nouvelles, en général, ce n'est pas très jojo, et le but est de faire un spectacle drôle, insiste Lucien Ratio. «Certains sujets sont trop durs émotivement et trop récents, comme le procès de Magnotta ou la fusillade à Ottawa. Il y a des sujets qui ne sont foncièrement pas drôles. Je ne sais pas si on peut rire de tout, j'imagine que oui, mais il faut être vraiment habile», estime-t-il.

Les acteurs ne se sont cependant pas gênés pour parler de sujets plus casse-gueule. «On a réussi à faire un numéro sur l'État islamique. On a trouvé un angle d'attaque qui nous permet de le faire», explique le metteur en scène. Il est question d'une Guerre des clans entre Femen et l'État islamique... où les sexes sont inversés!

On nous promet aussi un hommage à Gilles Latulippe, un numéro sur Sotchi, un autre sur l'Ebola... «Il y en a vraiment pour tout le monde. Les chansons aident beaucoup à ça», argumente-t-il. Mathieu Campagna, qui signe l'accompagnement musical, a d'ailleurs composé deux morceaux originaux. «Les autres sont des parodies, où on a changé les paroles. Ça aide à passer des sujets plus durs, comme l'Ebola. On ne peut pas rire de la maladie, ce n'est jamais drôle. Mais la réaction de peur surdimensionnée, ça, oui.»

Pour ajouter à l'attrait de l'expérience, Lucien Ratio a tenu à ce que les billets restent abordables (entre 12 et 25 $, plusieurs promotions sont disponibles). Il a aussi demandé à un sculpteur de métal français, Castor, de se faire les dents sur l'actualité québécoise. Le résultat sera exposé dans le hall de la Bordée, pendant la durée des représentations. «Je lui ai donné carte blanche pour créer des oeuvres selon l'actualité qu'il a observée de l'autre côté de l'océan. Les gens pourront voir avant le spectacle comment on est perçu de l'extérieur. C'est très intéressant», conclut-il.

***

À l'affiche

Titre: Beu Bye 14

Texte: collectif du Théâtre du temps qui s'arrête

Mise en scène: Lucien Ratio

Interprètes: Monika Pilon, Philippe Durocher, Joëlle Bourdon, Nicola Frank-Vachon, Edwige Morin et Lucien Ratio

Salle: La Bordée

Dates: 11 au 20 décembre

Synopsis: Des comédiens se retrouvent sur scène pour une revue de l'année 2014, dans une formule de variété mélangeant musique, sketchs et chansons.

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