Valentina Lisitsa: marathon à dos de piano

Valentina Lisitsa a passé près de trois heures... (Photo: Pascal Ratthé, archives Le Soleil)

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Valentina Lisitsa a passé près de trois heures au piano, lundi soir, sans partitions.

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(Québec) Valentina Lisitsa a passé près de trois heures au piano, lundi soir, sans partitions, pour les spectateurs du Club musical. Un tour d'adresse empreint d'émotion qu'elle exécute partout où elle passe sur la planète avec une aisance étonnante.

La pianiste ukrainienne, vêtue d'une magistrale robe rouge, semblait mi-princesse, mi-sorcière, courbée au-dessus du clavier où ses doigts valsaient avec grâce. Une caméra en captait tous les mouvements, qui atteignaient par moments une vitesse hallucinante, et leur image était retransmise sur un écran situé au-dessus de la scène. Ce point de vue privilégié permettait de mieux apprécier la dextérité de la musicienne aux doigts de fée.

Le spectacle-marathon, qui s'est terminé par trois rappels, donnait l'impression d'être entraîné dans un splendide voyage à dos de piano où l'on traversait toutes les humeurs du temps, des tempêtes les plus furieuses aux brises les plus délicates.

La Sonate no 17 en ré mineur de Beethoven, qui ouvrait le récital, a d'ailleurs une certaine parenté avec la Tempête de Shakespeare. Un motif en arpèges, un thème énigmatique et des séquences très rapides nous tiennent en haleine entre des passages minimalistes, où les notes s'égarent doucement.

La soliste ne réclame aucun applaudissement ou repos entre les morceaux, elle enchaîne son programme comme s'il s'agissait d'une seule et même grande pièce remplie de contrastes.

Pendant les Études symphoniques de Schumann, ses mains s'éloignent, s'accordent, se répondent et sautent à l'unisson. La caméra permet de voir chacune de leurs arabesques.

L'exécution ne manque ni de grâce ni de force, certains accords semblent même exagérément plaqués, par excès d'enthousiasme ou de théâtralité. Il faut dire qu'un réseau de télévision français enregistrait le concert - Lisitsa ne jouait pas seulement pour Québec mais pour la postérité.

Après un court entracte, elle a attaqué 14 pièces de Brahms, puis la Sonate no 1 de Rachmaninov, censée dépeindre les caractères de Marguerite, Méphisto et Faust (de l'oeuvre littéraire du même nom) et la valse endiablée des sorcières. L'interprétation devient dès lors possédée puis solennelle.

L'épopée a été faste et longue, et Lisitsa nous aura finalement saoulés de musique. Une bienheureuse sensation.

Le concert était présenté un soir seulement à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

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