Les coups de coeur de Fabien Gabel: songe d'une nuit d'hiver

La violoniste américaine Jennifer Frautschi a joué la... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La violoniste américaine Jennifer Frautschi a joué la partition solo du Concerto pour violon no 2 de Bartók avec une force et une intensité palpables.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Cerne-t-on mieux le chef Fabien Gabel après avoir assisté au concert de ses coups de coeur? Ceux qui voulaient l'entendre mettre des mots sur ceux-ci ont dû se rendre à l'entretien d'avant-concert ou aller à sa rencontre après le spectacle, puisque fidèle à son habitude et à la convention, Gabel n'a pas soufflé mot sur scène, et a laissé toute la place à la musique.

Pourtant, le programme nous a donné de beaux indices sur ce que le directeur musical de l'Orchestre symphonique de Québec a au fond du coeur. Il a choisi de commencer le concert par une oeuvre du Québécois Maurice Blackburn, qui aurait célébré ses 100 ans cette année, tout comme Félix Leclerc, et qui a été un prolifique compositeur de musique de films pour l'ONF. Sa Fantaisie en mocassins, inspirée d'un des contes de Jos Violon écrit par Louis Fréchette, nous entraîne dans une légende d'hiver, le violon réveille les aurores boréales. La pièce, où le premier violon Darren Lowe a fait chanter son violon d'une manière qu'on entend peu souvent à l'orchestre, a quelque chose de chaleureux et de romanesque à la fois, comme un récit du terroir teinté d'un peu de magie, où des skis qui glissent sur la neige étincelante, dans une fuite éperdue.

Le concerto pour violon no 2 de Bartók, sans conteste le morceau le plus costaud du concert, nous entraînait plutôt du côté de l'Europe de l'Est, pour un récit musical d'une beauté mélancolique et sinistre. La violoniste américaine Jennifer Frautschi a joué la partition solo avec une force et une intensité palpables, maintenant tous les muscles de son bras droit sous tension, au rythme d'une danse macabre.

Même lors d'un passage où elle joue complètement seule, elle a su soutirer des plaintes et des sons envoûtants à son instrument, un Stradivarius de 1722, dont la complainte singulière emplissait complètement la salle de concert. L'orchestre a su rendre honneur à la partition de Barók, un savant dosage de mélancolie à fendre l'âme, de poursuites haletantes et d'effets d'épouvante.

La seconde partie du concert nous a fait verser dans un rêve plus léger, porteur de toutes les couleurs de l'allégresse, avec la Symphonie no 2 de Brahms. Après l'effroi, nous nous sentions tendrement enveloppés dans l'élégant mouvement de vagues de la pièce romantique. Fabien Gabel, toujours d'une élégance et d'une précision redoutable, semblait diriger l'orchestre au rythme d'une mer houleuse. Lorsque la berceuse s'est métamorphosée en hymne à la joie, puis en fête effervescente, on a compris que ce qui comble le coeur du chef de l'OSQ, c'est la somme de toutes ses émotions soigneusement dosées, dans un programme qui hybride des compositions de différentes époques et provenance, mais avec les mêmes racines, les mêmes thèmes porteurs de passion.

Le concert était présenté mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

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