Décès de Bernard Grondin: grande perte pour le conte

Originaire de Thetford Mines, Bernard Grondin a étudié... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Originaire de Thetford Mines, Bernard Grondin a étudié en théâtre, en mime, en danse et en cirque. Ses prises de position politiques et sociales étaient indissociables de son art.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Le décès subit de Bernard Grondin, mercredi, laisse un grand vide sur la scène du conte à Québec et au Québec. L'artiste unique était connu pour ses engagements sociaux et politiques sans concession.

«C'était un électron libre. Il avait quelque chose de sauvage et d'indomptable. Il n'écrivait pas, il improvisait chaque soir. C'était toujours total. À travers les années, il a trouvé sa place, sa liberté. C'est un parcours unique pour un bonhomme unique, qui s'est promené partout à travers la planète», a témoigné jeudi Anne-Marie Olivier, directrice artistique du Trident. «Il est vraiment inclassable. Les moments où il s'envolait et que ça devenait magique, il n'y avait rien qui pouvait accoter ça. On ne pouvait pas rester indifférent», poursuit-elle.

Anne-Marie Olivier a fait partie de l'aventure des Contes urbains dès leurs débuts à Québec, dans les années 90. «La première édition des Contes urbains à Québec, c'est lui qui l'a initiée, avec Yvan Bienvenue à Montréal. Il m'a croisée sur la rue et il m'a dit: "Tu n'es pas game d'écrire un conte urbain." Ça a été pour moi le début de quelque chose de super important, en écriture dramatique. Encore aujourd'hui, je ne me détache pas de la forme du conte, parce que j'ai découvert quelque chose de puissant là-dedans», raconte-t-elle.

Sommet des Amériques

Originaire de Thetford Mines, Bernard Grondin a étudié en théâtre, en mime, en danse et en cirque. Ses prises de position politiques et sociales étaient indissociables de son art. Certains se souviendront de lui comme l'un des deux seuls manifestants qui avaient accès à l'intérieur de la clôture du Sommet des Amériques, en 2001... parce qu'ils demeuraient à l'intérieur du périmètre. «C'était un homme combatif, avec des convictions et des principes. Il était très engagé pour une meilleure société, non seulement à travers le conte, mais aussi à travers un paquet d'activités sociales et politiques», a raconté hier Antoine Gauthier, musicien dans Les Chauffeurs à pieds et directeur général du Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV).

Bernard Grondin était délégué du Regroupement du conte au Québec au sein du conseil d'administration du CQPV. «Il défendait la cause du patrimoine vivant et des arts traditionnels au grand complet. Il souhaitait ardemment qu'il y ait plus de soutien public pour les arts traditionnels, le conte, la musique, la danse», ajoute Antoine Gauthier.

Depuis quelques années, Bernard Grondin avait commencé à conter avec sa fille Louve, dans ses spectacles. «C'était un homme rempli de vie et qui transmettait cette vitalité-là à travers ses contes et ses prestations publiques», se rappelle Antoine Gauthier. «Bernard était un conteur extraordinaire. Il avait une connaissance profonde des contes traditionnels du Québec, mais il avait son univers propre dans lequel il réussissait à nous faire entrer.»

Selon le site Web de la Maison Alphonse-Daudet, située en banlieue parisienne, Bernard Grondin aurait succombé à une crise cardiaque. L'artiste revenait d'un séjour dans cette résidence de création artistique, qu'il fréquentait depuis les années 2000.

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