OSQ: un orgue parmi les fées

L'interprétation élégante de l'orchestre, dirigé avec grâce par... (Le Soleil, Erick Labbé)

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L'interprétation élégante de l'orchestre, dirigé avec grâce par les mouvements caressants de son chef, incitait l'imagination du spectateur à s'emballer.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Pour le premier concert de l'Orchestre symphonique de Québec mettant à contribution l'orgue du Palais Montcalm, Fabien Gabel a jeté son dévolu sur la mirobolante Symphonie no 3 de Saint-Saëns. Une pièce remplie de couleurs et d'éclat qu'il a pris soin de tempérer avec une entrée en matière plus poétique.

La Procession nocturne d'Henri Rabaud, inspirée d'un épisode du Faust de Nikilaus Lenau - un poète autrichien au lyrisme noir -, nous plonge en pleine ambiance de conte de fées ou d'opéra fantastique. La harpe y évoque une horloge qui sonne dans l'air du soir et la mélodie se déploie comme un vent impétueux, un soir de pluie glaciale, alors que le destin devient cruel. L'interprétation élégante de l'orchestre, dirigé avec grâce par les mouvements caressants de son chef, incitait (visiblement) l'imagination du spectateur à s'emballer.

Autre pièce féerique, le Concerto pour flûte de Carl Reinecke, mettait en vedette la flûtiste solo de l'OSQ, Jacinthe Florand. Celle-ci s'en est fort bien tirée avec la partition complexe, qui mettait en valeur toutes les possibilités techniques de son instrument. Malgré quelques notes moins cristallines que les autres dans les premiers enchaînements rapides, elle a réussi à subjuguer l'assistance avec une tirade finale impeccable.

S'apparentant d'abord à un chant d'oiseau exalté, la flûte ralentit dans la deuxième partie pour entamer un dialogue avec le violoncelle, qui mène à un magnifique passage dans les notes graves, avant de plonger dans l'allégresse et les contorsions aériennes pour la dernière étape de la composition.

Grandiloquente finale

Nous avons plongé dans le Paris de 1886 pour la deuxième portion du concert, consacrée à Saint-Saëns. L'esprit de l'époque, où l'on voyait toujours plus grand et toujours plus haut, lui a soufflé l'idée d'introduire un orgue dans une symphonie. Celui-ci, toutefois, demeure d'abord plutôt discret, apportant simplement une dimension - voire une vibration - qui enveloppe certains passages de l'oeuvre. Les cordes, souvent pincées, donnent l'impression que la musique marche sur la pointe des pieds, jusqu'à ce que, enflammée par l'orgue, celle-ci explose dans une longue et grandiloquente finale. À grand renfort de cymbales s'est ensuivi un feu d'artifice musical interprété avec panache et conviction par l'orchestre. On constate que l'OSQ et Gabel ont le cran d'y aller à fond dans leurs propositions.

Quant à l'organiste Jean-Willy Kunz, en résidence à l'Orchestre symphonique de Montréal depuis le printemps 2013, il a manoeuvré l'instrument vedette avec une adresse remarquable.

Ce concert, qui était présenté une fois seulement, l'était, avec raison, à guichets fermés.

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