Mike Ward: tester les limites

Dire qu'un spectacle de Mike Ward n'est pas... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dire qu'un spectacle de Mike Ward n'est pas pour les oreilles sensibles relève de l'évidence... ou de l'euphémisme.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Mike Ward avait bien affiché ses couleurs en intitulant son troisième spectacle solo Chien. Après sa première à la salle Albert-Rousseau, personne ne pourra l'accuser de fausse représentation. Contrairement à ce que suggère son affiche, celui qui peut revendiquer la palme de l'humoriste québécois le plus trash est loin de s'être muselé avec cette nouvelle proposition. Et pour poursuivre l'allusion canine, disons qu'il prend un malin plaisir à étirer sa laisse au maximum...

Au fil de ce monologue corsé, Mike Ward a observé mercredi qu'il ne sait plus trop où se trouvent les limites en humour. S'il les cherche, c'est sans doute pour mieux en déborder. Il a 20 ans de gags dans le corps, mais il est loin de s'être assagi avec l'âge.

Dire qu'un spectacle de Mike Ward n'est pas pour les oreilles sensibles relève de l'évidence... ou de l'euphémisme. Le comique originaire de Québec parle encore beaucoup, beaucoup de sexe. «Il n'y a rien qui voyage mieux qu'une joke de graine», croit celui qui fait aussi carrière en anglais. Si le sujet est certainement moins tabou qu'il l'a déjà été, on peut compter sur Ward pour le pimenter davantage. Des gags de pédophilie et de gérontophilie, quelques allusions à des handicaps... L'humoriste, qui dit aimer voir «ce qui choque le monde», ne se barre pas les pieds dans la frontière du bon goût. Tant mieux pour ses fans, qui en redemandent.

Dans ce troisième one-man-show, Mike Ward cause notamment de xénophobie, d'alcool, de ses racines anglophones et de son attachement à la culture québécoise (un segment propice à un gag sur Guy Turcotte qui frôle l'indécence). Mais si Chien porte si bien son titre, c'est aussi parce que l'humoriste s'attaque directement à quelques personnalités publiques. La plupart n'ont droit qu'à une allusion, mais Claude Dubois passe plus longuement dans le tordeur. S'il était un fan, le chanteur risque de ne pas le demeurer longtemps.

Mike Ward va loin et visiblement, il s'en rend compte. Comme pour se dédouaner - ou pour s'assurer d'être bien compris -, il prend la peine vers la fin du spectacle d'aborder ce fameux deuxième degré, où logent une grande partie de ses blagues. La mise au point survient après une escalade bâtie sur une paternité fictive. Plaidant ses regrets, il suggère alors l'idée de noyer un enfant tout aussi fictif. Devant les rires qui fusaient, il a en quelque sorte félicité son public : «Ce n'est pas tout le monde qui comprend l'humour trash», a-t-il avancé.

Toujours aussi mordant et cru, Mike Ward réserve quand même des interludes plus légers... ou franchement niaiseux. Délicieusement absurde, le segment inspiré d'un chanteur sourd a fait mouche mercredi. Tout comme ce récit puéril de vengeance sur un gars qui draguait sa blonde devant lui.

En début de soirée, l'ex-Chick'n Swell Daniel Grenier est venu montrer de quel bois il se chauffe en solo. Dans un registre humoristique à des années-lumière de celui de Mike Ward, il a servi guitare à la main une vingtaine de minutes d'absurdités prouvant qu'il peaufine sans contredit l'art du gros n'importe quoi.

Mike Ward est installé à la salle Albert-Rousseau jusqu'à samedi. Il reviendra y présenter Chien les 11 et 12 février.

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