Academy of Ancient Music: finesse à l'ancienne

L'oreille des spectateurs a eu besoin de quelques... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'oreille des spectateurs a eu besoin de quelques minutes pour s'habituer aux sonorités plus mâtes de cet ensemble pour le reste remarquablement équilibré.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'Academy of Ancient Music a amorcé sa tournée nord-américaine mardi à Québec. Ses délicats instruments baroques s'étaient visiblement déjà bien adaptés à notre climat automnal et l'ensemble britannique a pu servir un concert tout en délicatesse et en équilibre.

L'intégral des Suites pour orchestre de Bach, qui font l'objet de leur plus récent opus, était au programme du concert. Ce menu assez dense est constitué d'une multitude de petits univers musicaux. Chacune des Suites se déploie en danses et en galanteries, souvent par groupe de deux, après de majestueuses ouvertures à la française.

Pour débuter, le directeur musical et claveciniste Richard Egarr s'est adressé à la foule pour présenter la composition de l'orchestre dans une introduction remplie d'humour. Il a dirigé la première suite (no 4 en ré majeur) à partir du clavecin avec un enthousiasme visible, se permettant même de jeter un regard cabotin par-dessus son épaule entre deux mouvements.

Même s'il a prévenu les spectateurs que son orchestre jouait un ton plus bas que ce qu'on entend habituellement dans les concerts d'aujourd'hui, notre oreille a eu besoin de quelques minutes pour s'habituer aux sonorités plus mâtes de cet ensemble pour le reste remarquablement équilibré, où chaque instrument résonne distinctement, particulièrement en formation réduite.

Entre 13 et 7 musiciens se trouvaient sur scène pour chacune des Suites, qui comportent entre 6 et 11 parties, ce qui donnait l'impression d'assister à un intéressant florilège de variations musicales et sonores. Mus par une même énergie passionnée, les musiciens ont attaqué chaque partie avec un souci du détail indéfectible.

Les trompettes étaient à l'honneur au début et à la fin du concert, le son de la flûte traversière s'est déployé en fines volutes pour la Suite no 2 en si mineur alors que les hautbois et les bassons se sont davantage fait entendre dans la Suite no 1 en do majeur.

Le deuxième mouvement de la Suite no 3 en ré majeur, qui était assurément le plus connu du concert, a inspiré une deuxième intervention du directeur musical : «Vous l'avez tous déjà entendu dans un ascenseur ou lorsque vous étiez en attente au téléphone», a-t-il fait remarquer, avant d'ajouter, avec sagesse, qu'il ne fallait pas laisser cet état de fait entacher la beauté d'un air si magnifique. En effet, en entendant ce morceau joué avec tant d'âme, nous avons pu prendre toute la mesure du talent des interprètes de l'Academy of Ancient Music.

Ce concert proposé par le Club musical de Québec était présenté hier soir au Palais Montcalm, une rareté qui ne s'était pas produite depuis 1965, bien avant que la salle soit refaite.

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