Danse de garçons: de sueur et d'amitié

Les garçons se relaient de façon brouillonne pour... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les garçons se relaient de façon brouillonne pour élever l'un des leurs dans une pyramide qui s'écroule rapidement.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Qui a dit que les garçons ne pouvaient pas danser? Il y en a sept, en tous cas, qui prouvent très bien le contraire, en offrant une danse, la leur, d'une intensité tantôt violente, tantôt tendre, pleine de sueur et de bois brut.

Pour Danse de garçons, présentée une première fois au Carrefour international de théâtre en 2013, six comédiens et un danseur ont apprivoisé avec la chorégraphe Karine Ledoyen (Danse K par K) le langage de leur propre corps, mais aussi celui de leur groupe, de leur petite communauté. C'est ce qui frappe, d'un bout à l'autre : ce noyau qui éclate et se refait, invariablement, à travers une kyrielle d'images qui montrent la trajectoire d'une confiance se bâtissant peu à peu.

On a devant nous une bande de jeunes hommes qui s'élancent dans cette large tranchée formée par les deux longs gradins disposés en face à face. Ils courent comme des fous. Une pile de madriers s'effondre dans un violent fracas et sert de matériaux de construction dans leurs jeux émotifs. Un chemin, une prison, un radeau, des hélices tranchantes, un labyrinthe...

Les garçons jouent comme des gamins désordonnés une invisible partie de baseball, s'empilent dans une mêlée mouvante. Les corps s'entrechoquent, se bousculent, rampent comme des soldats, se relaient de façon brouillonne pour élever l'un des leurs dans une pyramide. Ils se testent, s'apprivoisent physiquement dans une certaine tendresse maladroite mais sincère. Dans la sueur, les pulsions masculines s'expriment sans retenue, dans le plaisir (et parfois même jusqu'à l'érotisme) comme dans une violence parfois brutale, parfois étrangement lente et insoutenable.

Danse de garçons a cette particularité de produire des images très nettes, d'évoquer des mots, des actions. Elles ont ce petit quelque chose de plus théâtral qui trahit les origines des membres de la troupe. Ces images se prêtent certainement à une multitude d'interprétations, et c'est bien la beauté de la chose.

On y a vu, entre autres, un apprentissage périlleux de la confiance en l'autre; une trahison, un isolement lourd à porter; la difficulté à tracer son propre chemin, à s'émanciper, à se mettre à nu. Et chaque fois, l'équilibre entre vulnérabilité et force brute, entre individualité et solidarité a été retrouvé au sein du groupe, comme dans cette formidable image d'une longue colonne vertébrale de madriers où chacun trouve sa place dans un équilibre précaire.

Ce qu'on y a vu, surtout, ce sont des jeunes hommes qui ont osé sortir de leur zone de confort pour exister pleinement, même imparfaitement, jusqu'au bout de leurs ongles. Privés de mots, ces garçons qui sont devant nous n'en sont pas moins éloquents dans leur façon de nous faire entrer dans leur univers masculin, sans pudeur.

Danse de garçons est présentée jusqu'au 9 novembre au Périscope.

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