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Une «dégradation irréversible» frappe le Grand Théâtre de Québec

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Le Grand Théâtre de Québec

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le Grand Théâtre de Québec vieillit mal. Un traitement est requis d'urgence. Pour le sauver, on songe même à «encapsuler le bâtiment» dans une coquille de verre, a appris Le Soleil.

En 1964, on croyait le béton durable comme... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 1.0

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En 1964, on croyait le béton durable comme revêtement, mais le temps a prouvé que les intempéries finissent par l'attaquer. 

Le Soleil, Pascal Ratthé

L'enveloppe extérieure de l'édifice est très abîmée. «Il y a une dégradation qui est irréversible», annonce le président-directeur général, Marcel Dallaire, en entrevue téléphonique. «On se doit de trouver une solution dans les meilleurs délais.»

L'institution ne sait toutefois pas quoi faire : «On ne connaît pas de solution.» Appuyé par le ministère de la Culture, le Grand Théâtre de Québec (GTQ) lance donc une bouteille à la mer. On cherche des entreprises capables d'offrir un traitement-choc au centre artistique pour assurer sa pérennité. «Il n'y a pas de limite quant aux solutions. [...] On est ouvert à toutes les idées.»

Dans des documents produits par le Grand Théâtre que nous avons consultés, on est très explicite : «[Le] revêtement extérieur du GTQ est affecté par un processus de dégradation importante du béton, irréversible et nécessitant des travaux majeurs à court terme.» Il est déjà acquis que l'architecture extérieure sera altérée de façon «plus ou moins importante». Certaines options étudiées jusqu'à maintenant envisagent même de «démonter la murale Jordi-Bonet». Vous savez, c'est l'oeuvre majeure qui recouvre 50 % des murs intérieurs sur laquelle est inscrite la célèbre citation : «Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves! C'est assez!»

Attention, «les concepts d'intervention qui seront considérés» peuvent surprendre. 1- «Encapsuler le bâtiment existant dans une nouvelle coquille totalement différente du bâtiment existant», décrit-on dans les documents obtenus. M. Dallaire cite en exemple la maison de la musique de Barcelone, dont une partie des façades est enveloppée de verre. 2- Apposer un nouveau matériau sur le béton, ce qui en modifierait l'aspect. 3- Enlever les structures de béton géantes et les remplacer par des éléments similaires.

La facture promet d'être salée. Marcel Dallaire n'a aucune évaluation des travaux à fournir; 5, 10, 15, 20, 25 millions $... Le pdg avertit toutefois les entreprises qui veulent soumettre des projets que le cadre financier est fixé par Québec, sous le signe de l'austérité.

M. Dallaire avertit aussi qu'il y a des contraintes, des conditions à respecter. La principale : «Sauvegarder le patrimoine architectural» du bâtiment construit selon le courant brutaliste. L'intégrité devra être préservée, dont la murale «titanesque» de Jordi Bonet.

Et les échéanciers sont serrés. Parmi les volontaires, les cinq meilleurs concepts seront retenus, explique le directeur du projet, Albani Boudreau. Du nombre, un jury en choisira trois qui recevront un financement pour pousser plus loin leurs travaux. Puis, d'ici la fin de l'été 2015, on veut avoir signé le contrat avec le gagnant. Les travaux devraient s'amorcer vers le 15 août et durer environ 18 mois, évalue-t-on. Il est bon de souligner que M. Dallaire escompte maintenir les activités artistiques pendant le chantier.

On sait depuis plusieurs années que le centre d'art est rongé. «Depuis près de 10 ans maintenant au GTQ, on observe que les composantes de béton préfabriqué de l'édifice se désagrègent de manière constante, récurrente, et que le phénomène est progressif dans le temps», détaille-t-on dans les documents du Grand Théâtre. «Les infiltrations d'eau, par les microfissures, provoquent l'éclatement du béton et des fragments se détachent du bâtiment.»

Certitudes mises à mal

Les études commandées durant l'intervalle arriveraient toutes au même constat. Les options de traitement sont limitées et invasives : soit on remplace le revêtement extérieur au complet, soit on enveloppe le Grand Théâtre dans une nouvelle structure.

Les certitudes de 1964, dans l'univers de la construction, sont mises à mal. «À l'époque de la construction du GTQ, le béton était considéré comme extrêmement durable tout en se prêtant à la réalisation de formes géométriques complexes. En raison de ces caractéristiques exceptionnelles, le béton a abondamment été utilisé comme revêtement extérieur. Des murs en béton préfabriqués de formes variées sont apparus, offrant une qualité de finition supérieure et une plus grande rapidité d'exécution.»

«L'épreuve du temps a cependant révélé que la durabilité du béton à long terme était affectée lorsqu'exposé aux intempéries.»

Le Grand Théâtre abrite deux salles de spectacles, le Conservatoire de musique de Québec, une galerie d'art et deux salles de répétition. Quatre institutions culturelles de la capitale y logent : le Club musical de Québec, l'Opéra de Québec, l'Orchestre symphonique de Québec et le Théâtre du Trident. En 2012-2013, 260 000 spectateurs s'y seraient rendus.

Bâti pour célébrer la Confédération

«Projet lauréat d'un concours national d'architecture en 1964, le Grand Théâtre de Québec (GTQ), conçu et réalisé par l'architecte Victor Prus, est un édifice patrimonial emblématique de la Ville de Québec», relate-t-on dans les documents consultés par Le Soleil. Sur le site Web de l'établissement artistique, on rappelle que le projet se voulait, à l'origine, une célébration du centenaire de la Confédération canadienne. C'est ainsi que Jean Lesage aurait vendu le projet à son homologue fédéral Lester B. Pearson. 

La partisanerie politique, une grève dans l'industrie de la construction et d'autres aléas repousseront les échéanciers à plusieurs reprises. Le Grand Théâtre sera finalement inauguré en janvier 1971, quelques années après le 100e anniversaire du Canada en 1967. En dollars de l'époque, il a coûté 10 millions $, somme à laquelle il faut ajouter les 4 millions $ investis dans le Conservatoire.

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