John Abercrombie, toujours en vol

Aujourd'hui âgé de 70 ans, John Abercrombie affirme... (Photo John Rogers)

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Aujourd'hui âgé de 70 ans, John Abercrombie affirme que la partie artistique de son travail n'est pas plus ardue avec le temps. Mais les longues heures d'avion sont plus difficiles à supporter.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) John Abercrombie célébrera ses 70 ans en décembre, mais il n'a pas l'intention de ralentir le rythme pour autant. Le musicien passe encore une bonne partie de son temps dans les avions et les aéroports du monde entier afin de pouvoir présenter sa guitare et son quatuor aux oreilles des amateurs de jazz de la planète.

«Là, je viens tout juste d'arriver de Cologne et je repars jeudi prochain pour le Japon avec une autre version du quatuor. Ensuite, c'est Québec et Montréal, et, par la suite, je m'envole pour Indianapolis et Chicago avant de repartir pour l'Europe. Un horaire de fou, n'est-ce pas?» lance Abercrombie, un sourire dans la voix, en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Même les musiciens d'Abercrombie ne sont pas tous capables de suivre son horaire, avoue-t-il. Pour son spectacle au Grand Théâtre le 23 octobre à l'occasion du Festival de jazz de Québec, son batteur Joey Baron sera d'ailleurs absent et remplacé par Jochen Rueckert, mais Marc Copland (piano) et Drew Gress (contrebasse) seront du voyage.

«Joey n'était pas disponible et en son absence, Jochen, avec qui j'ai déjà travaillé sur d'autres projets, était mon premier choix. Il est tellement brillant, tellement rapide, et il peut apprendre n'importe quelle musique en une heure», raconte le guitariste, ajoutant qu'il est de plus en plus difficile de garder le même groupe toujours réuni.

«Ce n'est plus comme dans le bon vieux temps, alors que les membres de groupes, comme celui de Miles Davis, travaillaient presque tout le temps. Maintenant, le travail est tellement irrégulier que tu peux difficilement avoir les membres de ton groupe toujours disponibles. Ils ont d'autres projets, et c'est normal: il faut bien qu'ils vivent! Les bons batteurs et les bons bassistes sont très demandés», analyse-t-il.

De son côté, Abercrombie avoue que les nombreux voyages sont la seule partie de son métier qui devient plus ardue avec l'âge. «C'est la partie la plus difficile. Tu vieillis, et le décalage horaire et les longues heures d'avion sont plus durs sur ton corps, il faut que tu prennes ça un peu plus lentement.»

Il assure toutefois que la partie artistique du boulot ne change pas, même s'il avance en âge. «Moi, j'ai la chance d'être un guitariste, alors je pourrai continuer encore longtemps si je prends soin de moi. Tu peux toujours monter le volume si tu n'entends plus très bien! Ce n'est pas comme la trompette, un instrument qui est très exigeant physiquement et qui devient très dur après 70 ou 80 ans.»

Moins de standards

En plus de 45 ans de carrière, le guitariste a su se constituer tout un répertoire, jouant sur au moins 100 albums différents. À Québec, il se consacrera d'ailleurs davantage à son matériel original. «Avec le quatuor, c'est toujours un répertoire plus précis, un peu moins de standards du jazz. Il y aura beaucoup de matériel de notre album 39 Steps lancé l'an dernier.»

À ce sujet, Abercrombie affirme que même s'il sait que son plus récent effort a été bien reçu, il essaie de ne pas trop s'en préoccuper. «C'est important ce que les gens en pensent, mais dans le jazz, ce n'est pas ce que tu as fait qui compte, c'est ce que tu feras», philosophe-t-il. «Moi, quand j'ai enregistré un disque, je l'écoute pendant à peu près une semaine et puis je ne le réécoute plus. C'est déjà du passé!»

Gateway de retour en 2015

Le célèbre trio jazz Gateway, que John Abercrombie formait avec le batteur Jack DeJohnette et le bassiste Dave Holland, pourrait fort bien être de retour l'an prochain, soit 40 ans après l'enregistrement de son premier album.

«La dernière fois que nous nous sommes réunis tous les trois, c'était il y a trois ans à Chicago», se souvient Abercrombie. Après Gateway et Gateway 2 parus en 1976 et 1978, le trio avait lancé Homecoming et In the Moment en 1995 et en 1996.

Comme à tous les cycles de 20 ans, les trois potes pourraient donc très bien se réunir de nouveau l'an prochain. «Je ne te mentirai pas: il y a de très bonnes possibilités que Gateway fasse quelque chose en 2015», avoue le musicien.

Pas Timeless

John Abercrombie est cependant beaucoup moins optimiste quant à la possibilité de revoir à l'oeuvre le trio qu'on pouvait entendre sur Timeless, l'album qui a révélé Abercrombie au monde et qui célèbre ses 40 ans cette année.

Aux côtés d'Abercrombie et de DeJohnette, on pouvait y entendre le mythique claviériste et organiste Jan Hammer, qui venait tout juste de quitter le Mahavishnu Orchestra et qui s'est aussi fait connaître comme l'auteur de la musique de plusieurs téléséries, notamment Miami Vice.

«Tu sais que ce groupe n'a jamais donné un seul spectacle? C'était vraiment un projet studio», indique Abercrombie d'entrée de jeu à propos du trio ayant endisqué Timeless. «C'est sûr que je pourrais convaincre Jack de se joindre à un tel projet, mais Jan ne voyage pas. Il écrit de la musique pour des émissions de télé européennes et je ne crois pas qu'il ait joué du jazz au cours des 20 dernières années.»

Même s'il considère une hypothétique réunion de l'alignement de Timeless comme étant très peu probable, le guitariste avoue qu'il aime bien l'idée. «Je sais que ce serait difficile de convaincre Jan de sortir de sa maison, mais en même temps, ce serait super de retourner en studio avec lui. Cet album, il est paru au bon moment, dans une période où il y avait beaucoup de changements dans le monde musical. Tu avais le Mahavishnu, tu avais le jazz fusion, et les gens étaient beaucoup plus ouverts à ça.»

Hammer n'est d'ailleurs pas le seul ex-Mahavishnu Orchestra avec lequel Abercrombie a collaboré, puisqu'il a aussi fait partie du groupe de Billy Cobham. «J'ai joué dans son groupe juste après la séparation du Mahavishnu. En fait, j'ai enregistré Timeless alors que j'étais toujours dans le groupe de Billy», commente-t-il à propos du batteur du mythique groupe de jazz rock qui a existé de 1971 à 1976 et de 1984 à 1987.

«Au fond, n'est-ce pas un peu ironique que, parmi ces musiciens fantastiques [du Mahavishnu Orchestra], il y ait Jan Hammer, qui ne veut plus vraiment jouer, et Rick Laird [le bassiste], qui a en quelque sorte réorienté sa carrière pour devenir photographe?» lance Abercrombie en terminant.

***

Vous voulez y aller?

Qui: John Abercrombie Quartet (invités: Guillaume Bouchard Quartet)

Où: salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre

Quand: 23 octobre, à 20h

Billets: 57 $ (régulier) et 40,50 $ (étudiants)

Tél.: 418 643-8131 ou 1 877 643-8131 (sans frais)

Info: www.grandtheatre.qc.ca

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