La fin pour Woodstock en Beauce

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Woodstock en Beauce

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le festival de musique Woodstock en Beauce de Saint-Éphrem s'est éteint officiellement vendredi quand les trois partenaires à la tête de l'organisation ont annoncé qu'ils mettaient un terme à l'événement qui a attiré 61 000 personnes à sa 20e présentation cet été après cinq années difficiles sur le plan financier.

«Nous faisions des déficits depuis cinq ans et pour cet été, on parle d'un manque à gagner de plus de 100 000 $. Nous allons l'absorber, mais on est un peu tannés», a avoué Daniel Routhier, l'un des trois promoteurs avec le fondateur André Gagné et Michel Plante.

L'automne dernier, Woodstock en Beauce était venu bien près d'annoncer la fin des émissions après avoir déposé un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers alors que le festival croulait sous un lourd passif de 484 665 $.

C'est le nombre insuffisant de festivaliers qui aurait placé Woodstock en Beauce en situation précaire. «On a eu 5000 entrées de moins que ce qu'on aurait espéré. Ça paraît, car on doit louer les terres», explique Daniel Routhier, laissant entendre que la multiplication des festivals au Québec au cours des dernières années n'avait pas aidé Woodstock en Beauce.

Il a aussi lancé quelques flèches en direction des différents ordres de gouvernement. «La municipalité de Saint-Éphrem ne nous a jamais rien donné et pour ce qui est des subventions, c'est à peu près impossible d'en obtenir pour un festival comme le nôtre», déplore M. Routhier.

Pas de relève

Même si Woodstock en Beauce avait pu être relancé l'an dernier, Daniel Routhier doute que la situation se reproduise en 2015. «Pour nous, c'est fini. On arrête, on ferme les livres. Et personne n'est venu cogner à notre porte pour reprendre ça.»

Quant au maire de Saint-Éphrem, Normand Roy, il s'est dit déçu d'apprendre la nouvelle. «Depuis quelques semaines, il y avait des rumeurs que les gens de Woodstock rencontraient les propriétaires terriens pour leur dire qu'ils n'auraient pas besoin de leurs champs en 2015», souligne-t-il.

Le maire a cependant refusé que la municipalité porte le blâme pour la fin de Woodstock en Beauce. «Ce n'est pas vrai qu'on ne les a pas aidés. Il y a trois ans, ils sont venus nous rencontrer pour faire installer une ligne électrique afin de leur permettre de se débarrasser de plusieurs de leurs génératrices qui coûtaient cher en carburant. Nous avons investi 40 000 $ là-dedans et ça leur permettait d'économiser de 20 000 $ à 25 000 $ par an», s'est-il défendu.

Il a aussi ajouté qu'il était difficile pour une municipalité d'investir des fonds publics dans une aventure privée comme Woodstock en Beauce. «De plus, le festival a fait l'an dernier un arrangement concordataire avec ses créanciers, majoritairement des entreprises de Saint-Éphrem, et a réglé pour environ 0,10 $ du dollar. Ces entreprises estiment donc qu'elles ont déjà donné et ne sont pas intéressées à ce qu'on prenne en plus l'argent de leurs taxes pour le donner à Woodstock.»

Malgré tout, le maire Roy se propose de rencontrer les trois promoteurs au cours des prochaines semaines afin de faire le point. «Les promoteurs parlent d'essoufflement de leur part. Il faudrait aussi voir si d'autres gens d'affaires ne seraient pas intéressés à reprendre le flambeau», ajoute-t-il en répétant qu'il n'a pas de grandes sommes à investir dans le festival.

Compétition

Normand Roy croit lui aussi que l'ajout de plusieurs festivals consacrés à la musique rock au cours des dernières années au Québec a pu nuire à Woodstock en Beauce.

«Le RockFest de Montebello attire beaucoup de gens de Montréal et de Gatineau, qui ne viennent plus nous voir maintenant et il y a un promoteur à Saint-Honoré, au Saguenay, qui veut tenir un festival semblable l'an prochain, alors c'est une autre clientèle qui nous aurait échappé.»

Le maire ajoute que les 61 000 entrées de 2014 peuvent sembler représenter une baisse minime par rapport aux 70 000 festivaliers et plus des belles années, mais il apporte un bémol. «Avant, quand on parlait de 70 000, on parlait de personnes qui achetaient un laissez-passer pour tout le week-end et qui campaient et consommaient sur place. Cet été, c'était plutôt des gens qui achetaient une passe d'un soir et repartaient après le spectacle», fait-il remarquer.

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